‹ Habitations lacustres des temps anciens et modernesChapitre 48 sur 150 · PENDANT LES PREMIÈRES MIGRATIONS · texte numérisé non relu

PENDANT LES PREMIÈRES MIGRATIONS

conquérir, par le travail, tout ce qui était nécessaire à son bien-être et n'avait point commencé par être forgeron. Mais, en admettant que ces conquêtes de l'industrie aient été transmises , même sans interruption , aux générations postérieures, il n'en est pas moins vrai que bien des peuples ont perdu ces connaissances dans les temps anciens, et que la première population de l'Europe devait satisfaire aux besoins de l'existence sans le secours du métal, ainsi que c'est encore le cas chez plusieurs tribus sauvages des temps modernes. La marche de l'industrie, généralement progressive, mais parfois aussi rétrograde, n'est point la même dans tous les pays.

Pour se rendre compte de la manière dont un peuple peut perdre la connaissance des métaux, il suffit de se représenter les premières migrations vers l'Occident. En admettant que ces familles possédassent des instruments en métal au moment de leur départ de l'Asie, la vie nomade ne leur permettait pas d'exploiter les mines, d'établir des fonderies et des forges, et bien moins d'avoir l'organisation sociale nécessaire à des professions diverses, se facilitant mutuellement les moyens d'existence. A mesure que ces familles avançaient vers des régions inexplorées, après avoir franchi mille obstacles, les voies parcourues se refermaient derrière elles, et il n'était pas possible d'entretenir des rapports avec les centres de la civilisation orientale. Il résultait nécessairement de ce genre de vie et de cet isolement qu'une partie des connaissances acquises avant le départ ne pouvait recevoir d'application ; or des connaissances inappliquées pendant quelques générations sont bientôt des connaissances perdues. L'homme, privé du secours du métal, était ainsi réduit à le

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