‹ Habitations lacustres des temps anciens et modernesChapitre 50 sur 150 · COUPE DES BOIS · texte numérisé non relu

COUPE DES BOIS

lieux occupés par les populations lacustres n'ont pas cessé de l'être jusqu'à nos jours. Des ruines romaines, d'anciens bourgs et de nombreux villages existent encore sur les rives des lacs de la Suisse, en face des restes de pilotis baignés par les eaux. Quelques points., cependant, font exception à cette règle générale.

Coupe des bois et pilotage.

Après le choix de l'emplacement, il fallait faire les abatis de bois nécessaires aux constructions; mais, quand on ne disposait que de haches de pierre, on comprend combien ce travail était long et difficile, lors même qu'on recourait au secours du feu à la manière des sauvages1. Quand le tronc, moitié charbonné, moitié entaillé, se détachait des racines, il restait à le dépouiller de ses rameaux, puis à préparer ces pieux nombreux, de 3 à 9 pouces de diamètre, dont quelques-uns étaient parfois refendus à l'aide de coins. L'épaisseur des bois employés montre qu'on ne s'attaquait guère aux arbres les plus considérables, à moins qu'on n'eût à creuser des canots. Les pilotis, entrant dans la vase de 1 à S pieds et devant dépasser les hautes eaux d'au moins h à 6 pieds, avaient une longueur de 15 à 50 pieds, suivant la profondeur des blancs-fonds. L'extrémité pointue qui entrait dans le limon conserve encore les entailles de la hache en pierre ou la carbonisation produite par le feu.

Les pieux ainsi préparés devaient être transportés et plantés sur l'emplacement choisi pour les demeures. Peut-être

• On a retrouvé, dans les tourbières de l'Ecosse et du Danemark, des canots qui portaient encore intérieurement les traces du feu et de la bâche en pierre, à l'aide desquels on les creusait sur un tronc d'arbre.

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