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AJUSTEMENT

n'était pas continue sur tout l'emplacement occupé par les cabanes. Des canots pouvaient circuler entre les divers quartiers de la bourgade, qui étaient sans doute réunis par des ponts légers, assez pareils à ces planches sur lesquelles on passe d'une case à une autre dans la cité lacustre de l'île Solo1.

Les plate-formes de Wauwyl . prises plus tard dans la tourbe, ne s'élevaient peut-être pas autant au-dessus des eaux que dans la plupart des autres constructions. Sans les pilotis découverts, on pourrait voir dans ces planchers, formés de couches de bois et d'argile, des radeaux quelque peu pareils à ceux des Chinois et des Mexicains.

Le grand nombre d'emplacements recouverts de pilotis sur toute leur étendue, sans interruptions appréciables, montrent que le plancher continu employé par les Papous, a été fort en usage sur les lacs de l'ancienne Helvétie, ce qui n'exclut point des variétés de construction dans le même pays.

Il n'est pas impossible que les pieux, diversement inclinés, qu'on voit en face de St. Sulpice, dans les eaux du Léman, n'aient porté des huttes comme celles des pécheurs du Bosphore et des Kamtchadales du nord de l'Asie. Le radeau ou le jardin flottant a pu exister sur le Luissel, près de Bex, sur les tourbières d'Abbeville et sur bien d'autres bassins de l'Europe. Le crannoge se retrouve, en Suisse, à Inkwyl et à Nussbaumen, mais la bourgade lacustre proprement dite, construite sur un plancher supporté par des pilotis, a été tout particulièrement en usage depuis les rives du Léman jusque sur celles du lac de Constance. Elle existait

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de l'esplanade. 261

aussi en Savoie, dans la Franche-Comté, dans le Hanovre, en Angleterre et probablement en Ecosse, indépendamment des îlots fortifiés, semblables à ceux de l'Irlande.

Quand on examine attentivement la manière dont les objets d'industrie sont disposés dans la tourbe ou dans la vase des lacs, sur les emplacements occupés par des habitations, on voit qu'ils sont généralement répandus au milieu des pilotis, c'est-à-dire immédiatement au-dessous de l'esplanade. Cette dissémination des poteries, des ossements, des armes et des divers instruments en usage dans l'antiquité, s'explique assez naturellement par l'incendie des habitations qui s'afiaissaient sur elles-mêmes avec toutes les matières incombustibles qu'elles contenaient. Toutefois cette explication ne rend compte que de la disposition des derniers objets tombés à l'eau et nullement de celle des nombreux débris étages, sur tout l'espace occupé par des pieux, dans des couches de tourbe en formation sur une épaisseur de quelques pieds. Pour que ces objets, évidemment accumulés peu à peu dans la tourbe, et, le plus souvent, sans trace de carbonisation, se soient ainsi tassés sous la plate-forme, il a fallu que dans la plupart des cas le plancher eût des interstices par lesquels se perdaient les instruments de petite dimension, mais encore ne peut-on guère admettre que ces interstices aient été assez grands pour laisser passer les fragments de poterie d'un certain volume. Il est donc évident qu'il a dû exister sur les planchers qui recouvraient tout l'emplacement, des trappes pareilles à celles dont parle Hérodote, par lesquelles on jetait journellement tout ce qu'on fait disparaître d'une habitation. Quant aux pièces intactes qui tombaient entre les pieux, il n'était pas facile de les repêcher, pour peu que l'eau manquât de transparence ou que le fond fût limoneux. Si

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