FORMES
l'esplanade eût été généralementsansinterstices et surtout sans trappes, ces débris divers seraient essentiellement accumulés sur le pourtour des bourgades., ce que je n'ai encore vu nulle part, tandis qu'ils sont essentiellement répandus et tassés entre les pieux innombrables destinés à supporter la plate-forme, du moins sur les nombreux points que j'ai explorés.
Formes et dimensions des cabanes.
Après la construction de l'esplanade, venait celle des cabanes qui devaient être assujetties solidement au plancher pour n'être pas emportées par les coups de vent. Quelques pilotis étaient peut-être ménagés, comme on l'a vu plus haut, de manière à entrer dans les cloisons des demeures, peutêtre aussi que les pieux de la cabane employés comme montants, descendaient au-dessous de la plate-forme et s'assujettissaient avec des liens contre les pilotis.
Hérodote ne décrit pas les maisons construites sur le lac Prasias; il dit seulement que chaque Pœonien avait la sienne, tandis que nous voyons sur quelques îles de l'Océanie le système cellulaire adapté à de longs bâtiments carrés, renfermant parfois une double rangée de cases, occupées chacune par une famille, et donnant sur un couloir commun. Ce mode n'est cependant pas général ; sur bien des îles, chaque famille a sa cabane. Les cloisons sont formées de claies ou de planches; on emploie pour la toiture des joncs ou des roseaux, et la forme des maisons est plus souvent carrée que circulaire.
Les habitations primitives de l'Europe ont été en général de forme circulaire. D'après les auteurs anciens, les demeures des Geltibères, des Gaulois, des Bretons et des Germains
étaient rondes, couvertes de chaume et construites de claies, revêtues d'argile intérieurement , précaution indispensable dans des contrées exposées à des hivers rigoureux. Des données d'un âge bien plus reculé proviennent de la découverte déjà mentionnée, faite sur plusieurs points de l'Italie, d'urnes cinéraires qui reproduisent la forme de l'habitation du défunt. Ces urnes cylindriques sont surmontées d'une espèce de cône, imitant la toiture avec des chevrons en relief; elles n'ont qu'une ouverture, généralement carrée, pratiquée sur le flanc du vase. Parfois la porte est fixée dans la battue par une tige en bronze qui se glisse horizontalement comme un long verrou dans les ouvertures des montants disposés en saillie de chaque côté de la porte. Ce genre de fermeture, placé à l'extérieur du vase, s'adaptait sans doute à l'intérieur de l'habitation , en modifiant toutefois la longueur du verrou que la forme circulaire de la cabane n'aurait pas permis de glisser, à moins de pratiquer des ouvertures dans la cloison. Ces urnes, d'un art très primitif, se retrouvent dans la Campanie, sous plusieurs couches de lave ; d'autres, provenant des environs d'Albano, étaient accompagnées de divers objets en bronze, d'un art très peu développé, et de poteries grossières dont les ornements striés sont identiques à ceux qu'on attribue généralement aux Celtes. On voit de ces urnes dans le Musée britannique, à Londres, et dans la collection de M. de Bonstetten, à Thoune. On découvre aussi sur les bords du Bas-Rhin et dans le nord de l'Allemagne, des poteries du même genre avec l'ouverture latérale, ce qui montre que l'habitation de forme circulaire a été très répandue en Occident dès une haute antiquité.
On peut inférer de ces détails que les cabanes lacustres de l'Helvétie étaient pareilles à celles des Gaulois du temps de