‹ Habitations lacustres des temps anciens et modernesChapitre 54 sur 150 · DIMENSIONS · texte numérisé non relu

DIMENSIONS

Strabon. L'application de ces données, loin d'être hypothétique, est pleinement confirmée par les débris sortis des lacs, dans lesquels on trouve des fragments de l'argile employée comme revêtement des cloisons. Leur conservation est évidemment due à l'incendie , qui seule a pu leur donner la cuite nécessaire pour résister à l'action dissolvante de l'eau. Ils portent l'empreinte en creux des petits branchages entrelacés ou des montants en bois rond d'un diamètre de 3 à 4 pouces (PI. XII, 57), en sorte qu'on ne saurait avoir aucun doute sur le genre de construction des cabanes lacustres. Ces fragments présentent encore une autre particularité : tandis que l'une des faces conserve l'empreinte des claies, l'autre, unie et légèrement concave, montre que le revêtement était intérieur et que la cabane avait la forme circulaire. En mesurant avec soin ces arcs de cercle, on trouve même que le diamètre de l'habitation variait de 10 à 15 pieds. Ce résultat pourrait être contesté, en faisant observer avec justesse que l'argile rougie par le feu devait se déformer en tombant à l'eau, en sorte que l'absence de surfaces planes n'indiquerait pas nécessairement la forme circulaire et moins encore les dimensions de la demeure. C'est en effet ce qui a eu lieu dans bien des cas ; tous les fragments de revêtement ne se prêtent pas à cette reconstruction , mais il n'en est pas moins vrai que lorsque des morceaux présentent une concavité parfaitement régulière, et tracent un arc de cercle géométrique, on ne peut attribuer ces lignes mathématiques à un pur accident. C'est sur des morceaux de ce genre qu'est basée la reconstruction précédente.

Quant aux dimensions, quelque petites qu'elles puissent paraître, elles ne sont point inférieures à celles d'un grand nombre de huttes occupées par les sauvages. Les habitations

des hommes du peuple, dans la Nouvelle-Zeelande, construites de pieux et de branches entrelacées, ont rarement plus de 7 à 8 pieds de longueur, sur 5 à 6 de largeur et k ou S de hauteur ; celles des chefs, hautes de 6 pieds, atteignent quelquefois 15 à 18 pieds de longueur, sur 8 à 10 de largeur. Un petit creux carré, parfois environné de pierre, indique la place du foyer, et la fumée n'a d'autre issue que la fenêtre, ou la porte si la fenêtre manque. Le lit consiste en un tas de feuilles; des nattes servent de couverture. Quand les chefs ont une famille, ils possèdent plusieurs cases, entourées d'une seule palissade * .

Les débris de petits branchages et de roseaux, pris dans le limon ou dans la tourbe des emplacements lacustres de la Suisse, proviennent sans doute de la toiture dont la forme était nécessairement conique. Dans ces constructions en bois, le foyer, en dalles brutes, devait occuper le centre. Peutêtre le toit était-il ouvert à son sommet pour laisser échapper la fumée. La paille ou les feuilles accumulées contre la paroi servaient délit, et l'on employait sans doute comme couvertures les toisons des moutons, les peaux de divers animaux tués à la chasse ou les grossiers tissus retrouvés à Wangen.

Du temps de Posidonius, les Gaulois avaient pour sièges et pour tables des bottes de foin et des troncs d'arbre; peutêtre que dans l'âge de la pierre le plancher en tenait lieu, de même que chez les Papous de la Nouvelle-Guinée. Quelques vases étaient suspendus par des cordons ; d'autres, servant de pot à feu , reposaient vers la cendre. Les armes et une partie des instruments domestiques étaient fixés contre les parois. Tel était sans doute l'ameublement de la cabane

1 L'Vnivert. Océanie. Tom. III, pag. 151.

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