ANIMAUX SAUVAGES
furent refoulés et plusieurs finirent par disparaître. Quelques espèces s'éteignirent, d'autres devinrent de plus en plus rares, et, de nos jours, ce n'est qu'à l'aide des découvertes lacustres qu'on parvient à se faire une idée des êtres divers qui peuplaient l'Occident, lors de l'arrivée de l'homme.
La faune du premier âge peut être reconstruite par la détermination des ossements retrouvés en grand nombre dans la tourbe et dans la vase des lacs. Ces débris, le plus souvent fragmentés, proviennent soit de la table, soit des provisions destinées à la fabrication d'instruments divers. Les détails suivants sur les espèces sauvages et domestiques propres à la Suisse dans les temps les plus anciens sont empruntés à un mémoire d'un grand intérêt publié tout récemment par M. le professeur Heer l.
« Le cerf noble et le sanglier des tourbières sont de beaucoup les plus nombreux . On peut juger par la grandeur des os du cerf et par la beauté de ses bois que sa taille était prodigieuse. Plusieurs dépassaient la hauteur du cheval. En revanche, le sanglier des tourbières était beaucoup plus petit que le sanglier actuel, qui apparaît déjà avec le précédent, mais beaucoup plus rarement. D'après les recherches de M. le professeur Rùtimeyer, de Bàle, dont les excellents travaux sur les animaux contemporains des lacustres paraîtront prochainement dans les mémoires de la Société des antiquaires de Zurich, le sanglier des tourbières appartient à une race éteinte qui se distinguait par le peu de longueur de ses défenses. Il est possible cependant que la petite race , répandue d'ilanz à Dissentis, descende de ce sanglier.
* Landwirthxchaftliches Wochenblatt. Zurich. — Ueber die Landwirlhschaft dtr Ureinwohner unseres Landes, K°» du 17 décembre 1859, du 14, du 21 et du 28 janvier 1860.