ANIMAUX DOMESTIQUES
le bison. Celui-ci, fort pareil au buffle indien, est un animal très sauvage et très hostile aux animaux domestiques.
» J'ai encore à mentionner comme gibier, le castor, le blaireau, ['écureuil et le bouquetin. Dans ces temps, le castor n'était certainement pas rare sur les rives de nos lacs, où il élevait ses remarquables constructions. Le bouquetin luimême, qui maintenant est refoulé dans les déserts les plus arides, habitait alors les parties basses des montagnes et descendait en hiver dans les forêts des vallées et par conséquent dans le domaine de la chasse. Si nous ajoutons à ces animaux la tortue d'Europe, Y ours, le loup, le renard, la fouine, le furet, l'hermine et le chat sauvage, dont M. Rùtimeyer a déterminé les os découverts près des pilotis, nous avons un tableau complet des animaux qui peuplaient autrefois nos forêts et qui différaient beaucoup de ceux qu'on y rencontre maintenant.
Animaux domestiques.
» A côté des os de ces espèces sauvages, on retrouve les restes de nombreux animaux domestiques. Ceux qu'on découvre le plus fréquemment proviennent du bœuf domestique, race particulièrement petite, décrite par M. Rùtimeyer; il l'appelle bœuf des tourbières. Ce bœuf se distingue par sa petite taille, ses membres déliés, son front bombé, et ses cornes courtes, fortes et recourbées en avant de manière à diriger les pointes vers le sol. La race remarquablement petite de l'Oberland doit descendre de celle des tourbières, et, dans chaque vallée écartée, on retrouvera probablement les races les plus anciennes de la Suisse.
de l'âge de là pierre. 273
» Les chèvres étaient nombreuses; les découvertes montrent qu'on mangeait beaucoup de chevreaux. Le mouton, fort rare à l'époque de la pierre, a été beaucoup plus répandu dans la Suisse occidentale pendant la période suivante. Le chien apparaît déjà dans ces temps reculés comme le compagnon de l'homme ; il était d'une race intermédiaire entre le chien de chasse et le chien de garde. Le cheval, dont on ne trouve que des dents et quelques os, doit avoir été rare. La volaille n'a pas laissé de traces de son existence. Il paraît que la poule, l'oie et le canard domestiques étaient inconnus aux premières peuplades lacustres ; cependant on a recueilli les restes du pigeon et du canard sauvages, de l'autour, de l'épervier et du héron gris.
» Il résulte d'une manière incontestable de ce qui précède que les premiers habitants des bourgades lacustres possédaient le bœuf, la chèvre, le mouton et le cheval; mais, pour garder pendant l'hiver des animaux domestiques dans notre pays, il fallait réunir une pâture suffisante à leur conservation. Un peuple de bergers qui a des demeures fixes est fort supérieur au nomade, et nous savons que l'agriculture ne lui était point étrangère. »
Les animaux domestiques n'ont pas été aussi nombreux dans tous les pays de l'Occident pendant l'âge de pierre ; mais, en Suisse , ils apparaissent avec les premières traces de l'homme, qui a évidemment amené ces troupeaux en émigrant de l'Asie. Les familles qui se dirigèrent vers le Nord n'ont pu les conserver, sans doute à cause de la rigueur du climat et de la difficulté de réunir les provisions nécessaires pour hiverner le bétail, à une époque où l'imperfection des instruments ne permettait guère de faire des récoltes suffisantes. Les dépôts de cuisine du Danemark ne contiennent