OSSEMENTS HUMAINS
que les os du chien ; mais, dans la période suivante, l'homme du Nord parvint à acclimater la plupart des espèces domestiques.
L'absence de ces animaux chez les Scandinaves, pendant l'âge de la pierre, suffirait à elle seule pour montrer que les premiers habitants de PHelvétie ne sont point venus de ces contrées.
Le cheval , le bœuf et le chien ont été constatés par M. Boucher de Perthes comme ayant existé en même temps que la population qui a laissé ses instruments en pierre dans les tourbières d'Abbeville.
En Irlande, le bœuf aux cornes courtes remonte sans doute au premier âge, mais la longue durée des crannoges ne permet guère de distinguer l'antiquité relative des ossements accumulés sur ces îlots. Il est cependant à présumer que les savants irlandais ont déterminé les espèces découvertes, soit dans les tombeaux, soit sur d'autres points abandonnés dès l'âge de la pierre.
Ossements humains.
On a retrouvé sur quelques emplacements lacustres de la Suisse des débris d'ossements humains qui n'ont pas toujours été recueillis avec tout le soin désirable. Il n'est peut-être pas superflu d'ajouter que ces restes ne portent aucune trace de cannibalisme. Leur présence dans ces couches de débris s'explique par la destruction violente des bourgades, qui ne pouvait avoir lieu sans victimes. Les corps pris sous les ruines des habitations étaient privés des honneurs de la sépulture et restaient dans la vase des lacs. La difficulté de creuser
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à travers plusieurs pieds d'eau, sur la plupart des emplacements lacustres, n'a pas même permis de retrouver le squelette entier. Cependant, si la suite des recherches établissait que le plus souvent les crânes se trouvent seuls, on devrait admettre que l'usage barbare des Gaulois de se faire un trophée de la tèlc de leurs ennemis remonte à l'âge de la pierre. Ce résultat parait du reste peu probable, vu que les sépultures les plus anciennes ne renferment pas, comme celles des Gaulois, des traces de sacrifices humains. La mâchoire d'enfant trouvée à Concise, indique bien plutôt les conséquences d'un sinistre qu'un acte de barbarie qui irait jusqu'à faire un trophée de la tête d'un jeune enfant.
On ne saurait mettre trop de soin à recueillir les crânes humains de l'antiquité pour faciliter l'étude des races et des peuples. Le savant professeur d'anatomie, à Stockholm, M. A. Retzius, a déjà constaté, dans ma collection de crânes, les représentants de la plupart des peuples mentionnés par l'histoire comme ayant occupé la Suisse. D'autres noms seront à ajouter, mais les restes humains de la première période sont encore trop incomplets pour oser nommer un peuple avec quelque certitude, cependant l'un des crânes en ma possession n'est pas sans rapport avec ceux des tumulus les plus anciens des pays Scandinaves, et l'on sait que les Lapons, dont l'origine n'est nullement celtique, sont envisagés comme les descendants de la plus ancienne population du Nord. Nous verrons plus tard que les Celtes n'ont pas été les premiers habitants de l'Europe. S'il est difficile, dans l'état actuel des recherches, d'indiquer le nom du peuple qui les a précédés, on peut toutefois reconstruire les principaux éléments de son genre de vie. Nous connaissons ses habitations et son industrie ;. l'agriculture et la vie pastorale lui étaient