DES MODES FUNÉRAIRES
à se mélanger, leurs tombeaux conservaient , au moins durant un certain temps, les traces de leurs origines. On comprend ainsi que les sépultures d'un pays dont la population renferme les restes de plusieurs invasions, puissent présenter des modes funéraires différents, appartenant à la même époque, mais trahissant des origines diverses. D'autre part, chaque peuple gardant son autonomie, a dû conserver, pendant les périodes successives de son développement, le mode adopté primitivement, en sorte que des tombeaux de construction pareille peuvent contenir des antiquités de chacune de ces périodes. Il importe donc, de tenir compte d'éléments nombreux et de rechercher, dans chaque pays, à quelle époque apparaissent les modes funéraires qui lui sont propres, résultat facile à obtenir à l'aide des armes et des ornements déposés dans la tombe *.
On sait combien les préoccupations sur la vie à venir jouaient un grand rôle dans la plupart des religions de l'antiquité, et combien elles influaient sur les soins donnés à la sépulture du défunt. L'inhumation et l'incinération répondaient à des points de vue différents. Pour les uns, ainsi pour une partie des Grecs, le feu était un élément purificateur. Euripide dit deClytemnestre que son corps fut purifié par le feu. Heraclite, regardant le feu comme le principe universel, voulait qu'on brûlât les morts pour qu'ils rentrassent plus vite dans cet élément pur et subtil. Si les Romains et les Germains ne consumaient pas les corps des
« Il y a plus de vingt ans que je m'occupe d'une statistique des sépultures de l'antiquité, travail nécessairement encore fort incomplet pour bien des pays. Cependant les nombreux faits que j'ai recueillis permettent de saisir quelques lois générales que des explorations ultérieures permettront à d'autres de compléter'.