S8 COMMERCE, MONNAIES ET ECRITURE
étrusque. Les antiques vases en bronze de l'Italie se répandaient jusques dans les pays Scandinaves1. Quant au fer, il pouvait être exploité dans la plupart des pays. Hallstadt le recevait sans doute des mines de la Norique. Dans un grand nombre de contrées, on retrouve les traces d'antiques exploitations dont plusieurs remontent certainement à l'époque qui nous occupe. M. Em. Mu lier a découvert dans les environs de Nidau des masses qui, d'après M. le docteur Relier, seraient la talea dont parle César 2. M. Quiquerez a constaté dans le Jura bernois les indices d'exploitations fort anciennes. Le torrent de la Venoge, dans le canton de Vaud, roule au milieu de ses galets d'innombrables scories de fer qui se retrouvent en dessous de Cossonay dans les alluvions d'un ancien lit, roulées avec des poteries romaines à une assez grande distance du lit actuel. Ces scories, produites par la forge catalane, d'après le savant géologue M. Emilien Dumas, sont d'autant plus intéressantes qu'on n'a pas conservé le souvenir de forges tant soit peu importantes le long du cours de la Venoge 3. Malgré la facilité qu'avait chaque peuplade d'exploiter ce métal, il n'en fallait pas moins des fonderies et des forges nombreuses dont les produits devenaient un important article de commerce.
' Afbildninger at' J.-J.-A. Worsaae, pag. 59 et suiv. 1854. — On découvre aussi en Suède des vases, des statuettes et quelques objets d'art romain avec des monnaies d'argent de Vespasien à Alexandre Sfcvère. Anglo-nchsiska mynt i svenska kongl. mynthabinettet, funna i sveriges jord, af B. E. Hildebrand. Stockholm, 1846.
• Indicateur d'histoire et «f antiquité» masses, 1858, N° 3, pag. 38.
'• J'ai retrouvé les traces de ces scories jusqu'à la Tine de Confient, où se
réunissent les eaux delà Venoge et du Veyron. Je n'en ai pas remarqué dons
le lit île ci' dernier torrent ; il nie r^-to encore à explorer la partie supérieure
Venoge et a ni'assurcr si le village voisin de Ferreyres ne tire pas son
Dom de quelque antique ferrariu.
Ce qui donna au commerce une impulsion toute nouvelle, ce fut entre autres l'emploi de la monnaie qui rendit toute vente et toute acquisition plus faciles. On fait remonter à deux ou trois siècles avant l'ère chrétienne , l'introduction de ce moyen d'échanges dans les Gaules. Si les types grecs furent souvent imités, les Gaulois n'en eurent pas moins leurs coins particuliers et caractéristiques. Des enfouissements considérables de monnaies celtiques en or ont été retrouvés sur quelques points de l'Allemagne. On en découvre quelques-unes dans les tombeaux de la Suisse; plus d'une trentaine de pièces gauloises et massaliotes ont été recueillies sur le champ de bataille de la Tiefenau '-.
Plusieurs monnaies celtiques portent des inscriptions qui montrent que les anciens Gaulois connaissaient l'écriture avant la domination romaine. L'usage, dans les cérémonies funèbres , de jeter sur le bûcher des lettres à l'adresse du défunt avec un compte exact de ses affaires , d'autre part la défense des druides de reproduire par l'écriture les mystères de la religion, témoignent qu'il devait exister un certain degré de culture. Enfin l'on sait que César trouva dans le camp des Helvétiens, après la sanglante journée de Bi-
4 II va sans dire que les monnaies gauloises ne sont pas rares en France. Elles se retrouvent aussi en Angleterre. — Une découverte de monnaies grecques, du Ve siècle avant notre ère, a été faite àNackel, district deBromberg, dans le duché de Posen. On suppose qu'elle se rattache au commerce de l'ambre. Les pays du Nord qui recevaient beaucoup de monnaies étrangères, surtout après la chute de Rome, les employaient d'après leur valeur métallique et les portaient souvent comme des médaillons , en les perçant ou en fixant un tenon pour les passer à un cordon. Les anneaux d'or ou d'argent qui s'enroulaient autour du bras tenaient souvent lieu de monnaie en en détachant quelque partie avec la hache. Ce dernier usage a été très répandu dans l'antiquité.