‹ Habitations lacustres des temps anciens et modernesChapitre 77 sur 150 · VOIES ANTIQUES · texte numérisé non relu

VOIES ANTIQUES

pour ce nouveau moyen de transport. Le chariot remonte dans tous les cas à une haute antiquité. Il a même pu être fabriqué sans le secours du métal, comme on l'a vu plus haut, et l'on ne peut douter qu'il n'ait été connu des populations de l'âge du bronze, quand on retrouve de petits ornements de cette période qui reproduisent exactement la forme de la roue avec son moyeu et ses rais.

Une voie était ouverte du nord au midi de la Gaule pour le transport de l'étain. César dit que les Helvétiens avaient deux voies ou plutôt deux issues pour leur émigration, l'une à travers le pays des Allobroges, l'autre entre le Jura et le Rhône où les chariots ne pouvaient passer qu'à grand peine, les uns après les autres. Deux routes parcouraient les rives du Léman qui conservent les dénominations celtiques de plusieurs établissements; elles se rejoignaient dans la vallée du Rhône d'où l'on passait en Italie par le Saint-Bernard, sur lequel il n'est pas rare de trouver des monnaies gauloises. Une autre voie, fort ancienne, est celle qui a reçu le nom de via strata, après avoir été réparée par les Romains. Son tracé doit être antérieur aux conquêtes de César. S'il eût été fait par les Romains, il aurait certainement traversé les importantes cités de la Colonie Equestre et d'Eburodunum, tandis que l'une et l'autre n'étaient reliées à la via strata, qui longeait le Jura, que par des embranchements qu'on ne saurait expliquer si le chemin de l'Etraz n'avait pas déjà existé. Bien d'autres routes existaient nécessairement dans l'ancienne Helvétie, pour mettre en communication les douze villes et les quatre cent villages dont parle César. Tonte voie, quelque peu prolongée, exigeait en outre la construction de ponts, ce qui ne pouvait offrir de liés grandes difficultés aux habitants des bourgades lacustres.

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