‹ Habitations lacustres des temps anciens et modernesChapitre 8 sur 150 · ANGLETERRE · texte numérisé non relu

ANGLETERRE

Les habitations lacustres du genre le plus répandu en Suisse ne sont point exclusivement propres à ce pays. Bien que les recherches soient encore extrêmement incomplètes, on retrouve dans le nord de l'Europe plusieurs vestiges de ces constructions sur pilotis, qui remontent à l'âge delà pierre, période particulièrement riche en monuments funéraires répandus sur le4 littoral des grandes eaux.

Le Journal de la Société géologique de Londres publiait, en i850, la description des couches de tourbe d'un petit lac du comté de Norfolk, dans lesquelles on a trouvé diverses traces de l'industrie humaine, qui se rattachent évidemment au sujet qui nous occupe *. A 6 milles au nord de Thetford, s'étendent de vastes plaines sablonneuses, peu élevées audessus de la mer, et où l'on voit plusieurs flaques d'eau sans écoulement sur leurs bords. L'un de ces bassins, d'une surface d'environ 48 acres, occupe une dépression naturelle du sol. Après avoir vidé l'eau au moyen de machines, on s'est assuré que la tourbe descendait sur quelques points jusqu'à 20 pieds de profondeur. A 5 ou 6 pieds sous la surface de cette couche tourbeuse, et rarement plus bas, on a trouvé beaucoup de bois de cerf, dont les uns étaient attenants aux

' Communication de M. Ch. Gaudin.

crânes, tandis que les autres paraissent être tombés naturellement. D'entre les premiers, plusieurs avaient été sciés au-dessus du premier andouiller, et quelques-uns mesuraient en dessous jusqu'à 9 pouces de circonférence. La par lie sciée est comme polie et montre positivement le travail de la main de l'homme. Des débris de bois, des silex de formes irrégulières et des quartz roulés, propres au pays, gisent sans ordre dans la tourbe, qui recouvre aussi de nombreux pieux de chêne, plantés verticalement, et dont l'extrémité a été taillée en pointe.

L'auteur de cette note, qui ignorait sans doute les découvertes faites en Suisse, ne cherche point d'où peuvent venir ces débris, mais une simple exposition des faits n'en a pas moins sa valeur. Ces nombreux pilotis trouvent leur explication naturelle dans les habitations lacustres. Ces silex et ces quartz sont étrangers à la formation tourbière. Ces bois de cerf n'ont pu être entraînés par les eaux, vu qu'aucun courant ne se jette dans ce bassin. L'action de la scie de pierre a produit sur les andouillers le même poli qu'on observe ailleurs, et les 5 à 6 pieds de tourbe qui recouvrent tous ces restes témoignent d'une antiquité incontestable.

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