‹ Habitations lacustres des temps anciens et modernesChapitre 84 sur 150 · G INFLUENCE DE LA BOURGADE LACUSTRE · texte numérisé non relu

G INFLUENCE DE LA BOURGADE LACUSTRE

ciale, mais plus les intérêts furent nombreux, plus aussi il fut nécessaire de les régulariser. Il fallait, limiter l'espace dont pouvait disposer chaque habitant pour construire sa hutte et pour déposer ses provisions diverses. La tendance naturelle à envahir devait être réprimée. Une police était même indispensable pour empêcher tout ce qui aurait pu compromettre la sûreté générale , et probablement pour faire éteindre les feux lorsque les vents se déchaînaient sur ces frêles habitations. La bourgade lacustre ne pouvait donc se passer de lois, d'autorité ou de chef. Quand ces communautés se multiplièrent , de nouveaux accords durent être conclus. La pèche et la chasse étaient sans doute assez abondantes pour n'avoir pas à en limiter l'exercice, mais encore divers usages prirent sans doute force de lois. Vint le moment où le pâturage dut être circonscrit. L'agriculture, connue en Suisse dès les âges les plus reculés, eut pour conséquence la délimitation du sol et la garantie de la propriété.

Ces bourgades, ayant chacune leur organisation locale, ne pouvaient guère demeurer étrangères les unes aux autres. Si l'accroissement de la population portait quelques familles à s'établir sur d'autres points, des liens devaient rattacher ces colonies à la cité mère, qui devenait en quelque sorte la métropole du rivage. Il est donc possible que ces divers établissements aient formé des fédérations, sans doute circonscrites aux rives du même bassin, se prêtant secours en cas de besoin, et se réunissant pour repousser un ennemi commun. Les armes propres à chaque époque montrent assez que les hostilités ne tardèrent pas à se faire jour. Ce serait méconnaître l'histoire de la vie des peuples, si l'on ne mentionnait pas les rivalités et les luttes qui durent plus d'une fois s'élever de bourgade à bourgade. Il est cependant

Page 1