‹ Haeckel et la théorie de l'évolution en Allemagne (volume 2)Chapitre 39 sur 74 · tfammifères · texte numérisé non relu

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I. — De la première classe, c'est-à-dire des acrâniens, il ne reste plus qu'un seul représentant actuellement vivant, VÂmphioams lanceolatus. C'est un petit animal de deux pouces de longueur, à demi transparent, qui vit ordinairement enfoui dans le sable, au fond de la mer. 11 n'a ni bouche ni crâne, naais il possède les principaux caractères par lesquels un vertébré se distingue des autres animaux, la chorda dorsalis et la moelle épinière. Dans tous les autres vertébrés sans exception, ces deux organes présentent, au commencement du développement embryonnaire, exactement la même forme que chez Tamphioxus pendant toute la vie. On donne encore aux acrâniens

le nom de leptocardiens, parce qu'ils n'ont pas de cœur qui centralise chez eux la circulation, et que le sang est poussé dans le corps entier par la seule contraction des vaisseaux. Rappelons ici que, d'après les travaux de Kowalewski, l'amphioxus paraît dériver destuniciers ascidiens, ce qui rattache directement aux vers l'origine des vertébrés.

II. — Des acrâniens est sortie la première classe des vertébrés crâniens, représentée encore aujourd'hui par les myxinoïdes et les lamproies. On les désigne, soit par le nom de cyclostomes, à cause de l'ouverture circulaire qui leur sert de bouche et n'est propre qu'à la succion, soit par celui de monorrhines : les cyclostomes ont, en effet, un nez simple, tandis que tous les autres vertébrés, à l'exception de l'amphioxus, ont le nez divisé en deux compartiments. Ils se distinguent des poissons en ce qu'ils n'ont pas encore de système nerveux sympathique, de rate ni de vessie natatoire ; ils ne possèdent pas non plus les deux paires de membres, dont tous les amphirrhines offrent au moins les traces.

m. — Les poissons se distinguent des six classes suivantes de vertébrés en ce que la vessie natatoire n'est chez eux qu'un appareil hydrostatique, et ne se développe jamais jusqu'au point de devenir un poumon. Leurs narines ne sont encore que' deux fausses cavités, qui ne percent point la voûte palatine, et ne s'ouvrent point dansl'arrière-bouche, comme chez les vertébrés supérieurs. Les poissons sont, par conséquent, les seuls amphirrhines qui respirent exclusivement par des branchies et non par des poumons. Hœckel les divise en poissons primitifs ou sélaciens, poissons ganoïdes et poissons téléostées ou osseux. Les sélaciens, qui sont encore représentés aujourd'hui par la raie, le squale, le requin et les chimaeracés, ont dû être la forme primitive qui a servi d'intermédiaire entre les monorrhines et les amphirrhines. Huxley n'admet pas cette généalogie, et croit que le protamphirrhine fut plutôt un ganoïde qu'un sélacien ; selon lui, la chaîne directe, par laquelle on monte des monorrhines aux amphibies, serait formée par les ganoïdes et le Lepidosirenj

AiHbre sénéaloffl^v^ des Vertébrés I<epteeardIeBtf , Menerrhlaes et Ananmlens

Enchelygènes. Pliysoclistes.

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Pbysostomes.

TiLiOSTIBKS. g

Pycnoscolopes. £

CœloscoIopcB. Efulcres.

Cyclifères. Rhombifères.

Aonres.

Pamphractes.

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(PlaoogaQOides).

GAMOiDn.

Labyrintliodontes. Peromèles.

I I Soznres.

Ganooëphales. Sozobranchiens.

PHBACTAMPHUnmS. LlBSAMPBIBIBXS.

Protoptèrm.

Sqnalacées.

Rajacées.

IchthyosaïU'iens. Pléâiosanriens.

DlPMEUSTES. AMPBIBIE0.

^ Cuiinères.

PlaGIOSTOMBS. iloLOCéPHALES.

Simosauriens.

Hali6aubib:<s.

Amphipaeumones .

Sélaciens.

Poissons.

Ampbibbimks.

Cyclos tomes.

Leptocardiens.

MOHORRHIMES.

Cramiotbs.

Vertébrés acr&nieos.

Asciaiens.

Tdkicibbs.

Vers.

tandis que les poissons osseux et les sélaciens ne seraient que des ramifications en différents sens de la tige principale ; il se fonde notamment sur ce que le développement des lamproies offre avec celui des amphibies des points de ressemblance curieuse, qui ne se retrouvent ni chez les requins ni chez les raies. D'un autre côté, la paléontologie semble donner raison àHaeckel, car on trouve dans les couches de formation silurienne un grand nombre de dents et aiguillons fossiles ayant appartenu à des sélaciens, tandis qu'on n'y trouve que rarement des restes de ganoïdes, et encore n'est-ce que dans les couches les plus jeunes de cette formation géologique. Les téléostées, qui forment aujourd'hui la grande majorité des poissons, sont, suivant Haeckel, des ganoïdes modifiés, dont les premières traces apparaissent vers le milieu de l'époque secondaire. Chez les plus anciens téléostées, les physostomes, la vessie natatoire est encore, comme chez les ganoïdes, en communication avec la bouche par un conduit qui livre passage à l'air ; mais dans l'espèce la plus récente et la plus nombreuse, les physoclistes, qui ne se développent que pendant la période crétacée et l'âge tertiaire, le conduit s'est fermé, et la vessie reste sans communication avec la bouche.

IV. — Entre les poissons et les batraciens, Haeckel place la classe intermédiaire des dipneustes ou protoptères, dont il n'existe plus aujourd'hui qu'un très-petit nombre d'espèces, telles que le Lepidasiren paradoxa et le Protopterus annectens. En été, ces animaux étranges vivent dans un nid de feuilles, au milieu de la vase desséchée, et respirent par des poumons comme les batraciens ; en hiver, ils rentrent dans l'eau et respirent par des branchies, comme les poissons . Par leur structure interne, leur squelette, leurs extrémités, ils ressemblent aux poissons ; par la conformation du nez, des poumons et du cœur, ils se rapprochent des batraciens.

V. — Les halisauriens forment une classe éteinte depuis longtemps et qui n'a vécu que pendant la durée de Tâge secondaire. Ils habitaient les mers et présentaient des formes

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