PALÉONTOLOGIE
jusque-là on ne connaissait aucune forme intermédiaire entre les oiseaux proprement dits et les reptiles, qui sont cependant la classe la plus voisine ; or, cet oiseau fossile, qui possède la queue, non d'un oiseau ordinaire, mais d'un lézard, est venu confirmer l'idée que les oiseaux descendent des sauriens. Une paire de petites dents, que l'on a trouvée dans la formation keupryenne du trias, est jusqu'à présent la seule preuve que les mammifères aient existé dès la période triasique, et qu'ils n'ont pas seulement apparu pendant la période jurassique, comme on l'avait cru antérieurement.
Nous pouvons heureusement compléter les données insuffisantes de la paléontologie par celles de l'embryologie, puisque le développement individuel est comme nue reproduction ou une récapitulation courte et rapide, au moyen de l'hérédité et de l'adaptation, du développement de l'espèce. L'embryologie est surtout précieuse par la lumière qu'elle jette sur les plus anciennes formes de la période primordiale ; c'est par elle seulement que nous apprenons que ces formes primitives ont dû être de simples cellules, semblables à des œufs; que ces cellules, par leur segmentation, leur conformalion et leur division du travail, ont donné naissance aux formes infiniment variées des organismes les plus compliques.
Aux précieuses données que nous fournissent sur la parenté des organismes la paléontologie et l'embryologie; viennent encore s'ajouter celles de l'anatomie comparée. Quand des organismes, dont l'extérieur est très-différent, se ressemblent par leur construction intérieure, on peut conclure avec certitude que cette ressemblance a son principe dans l'hérédité, tandis que les différences proviennent de l'adaptation. Si, par exemple, nous comparons les membres ou les extrémités des différents mammifères, le bras de l'homme, l'aile de la chauve-souris, les membres antérieurs des taupes constitués pour fouir, ceux d'autres mammifères organisés pour sauter, grimper ou courir ; si l'on considère, en outre, que dans tous ces membres diversement conformés
on retrouve les mêmes os, en même nombre, à la même place, agencés do la même manière, ne scra-t-on pas forcé d admettre la parenté des organismes? Cette homologie ne peut s'expliquer que par l'hérédité, par la descendance d'ancêtres communs. Et si l'on va plus loin, si l'on retrouve encore dans l'ade de l'oiseau, dans les membres antérieurs des reptiles et des amphibies, les mêmes os que dans les bras de 1 homme ou dans les jambes de devant d'autres mammifères ne pourra-t-on pas affirmer avec certitude la descendance' commune de tous ces animaux vertébrés ?