DE LA FÊTE D'ALEXANDRE AU MESSIE
Faute d'un meilleur vocable, on a qualifié du titre singulier d' « Oratorios profanes » les grandes cantates que Haendel, à diverses époques, écrivit en dehors du théâtre sur des livrets mythologiques ou allégoriques.
L'une des principales, et, de toutes, la plus célèbre, est la Fête d'Alexandre , composée en 1736 sur ce bizarre poème de Dryden, Alexanders Feasl, où l'histoire de Timothée s'achève par l'éloge de sainte Cécile et dans lequel se succèdent en contrastes inattendus les scènes d'amour, de guerre, de deuil, de fête et de pure exaltation lyrique. A la condition de n'y chercher aucun de ces enchaînements raisonnables qu'ils ont coutume de voir relier entre elles les parties successives d'un drame, d'un poème épique ou d'une symphonie classique, les auditeurs modernes auxquels cette œuvre est de temps en temps présentée ne cessent pas d'y admirer une surabondante richesse d'inspirations mélodiques, rehaussées par un éclatant coloris : et dans l'impossibilité où l'on est aujourd'hui de rappeler à la vie factice du théâtre l'un quelconque des opéras de Haendel, aucun ouvrage n'est réellement mieux approprié que la Fête d'Alexandre à faire connaître les faces diverses de son génie, sous le jour brillant et conventionnel de la cantate profane.
Avec la Fêle d'Alexandre, les œuvres nouvelles de l'année 1736 furent l'Antienne pour le mariage duprince de Galles et l'opéra Atalanta. En 1737. Hœndel, que le bruit de la faillite prochaine du théâtre de la noblesse excitait à travailler « avec le courage du désespoir ». produisit hâtivement trois opéras, Arminio, Ginstino et Bérénice, et remania, pour ses concerts du carême, son ancienne partition // trionfo del tempo. Des jours meilleurs semblaient poindre. 11 voyait revenir à lui la faveur du prince H delà princesse de dalles. D'heureux