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disposait Je salles de médiocres dimensions, où, comme à Dublin, par exemple, ne pouvaient guère prendre place plus de six à sept cents auditeurs : tandis que présentement les séances triennales du « Handel Festival », à Londres, se donnent dans un local immense, où pénètrent aisément vingt mille personnes. Aussi la balance des effets obtenus par les œuvres de Haendel se soldet-elle en faveur des grands ensembles dont le Messie et lous ses oratorios offrent d'inimitables modèles, et dans l'interprétation desquels triomphent le nombre, la qualité vocale et la discipline des célèbres sociétés chorales du Royaume-Uni.
Sans vouloir dire que le Messie est « le chef-d'œuvre » de Haendel, — car des partitions telles que Saùl, Israël en Egypte, Judas Macchabée, Belshazzar, Jephta, ne lui sont, dans l'ensemble ou tout au moins dans les détails, aucunement inférieures, — on doit constater qu'il est à juste litre le plus populaire de ses oratorios. Mieux que tout autre il peut être comparé à une « fresque » splendide, qui rassemble et symbolise en un puissant raccourci toute la substance de l'Écriture sainte et toutes les faces du génie de Haendel. Ce qu'ont de monotone et de formulaire, sous le rapport du plan, les airs inévitablement coulés dans le moule du da capo, est racheté par la variété expressive de leurs mélodies, et le somptueux torrent des grands chœurs haendeliens emporte l'auditeur subjugué, à travers l'émotion tragique des tableaux de la vie et de la mort du Sauveur, jusqu'à la joie divine de l'éternelle résurrection.
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