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PREMIER SÉJOUR EN ANGLETERRE

Haandel ne fit guère que traverser Hanovre. Nommé maître de chapelle de la Cour le 16 juin 1710. aux appointements annuels de mille thalers, il demanda et obtint presque aussitôt un congé et partit, par la Hollande, pour Londres, où il arriva sur la fin de la même année.

Ses premières relations avec des amateurs anglais remontaient au temps où Mattheson, à Hambourg, lui avait procuré des leçons de musique dans la famille de l'ambassadeur britannique. Un peu plus tard, pendant ses pérégrinations en Italie, il s'était rencontré à

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Venise avec le duc de Manchester, ambassadeur extraordinaire de la Grande-Bretagne^ qui, à côté "le sa mission politique, s'occupait d'engager des chanteurs pour l'Opéra de Londres, et il se peut que ce seigneur lui ait adressé certaines propositions dont il gardait le souvenir. Le seul fait qu'à cette époque toute la culture musicale, dans la capitale du Royaume-Uni, était en passe de devenir italienne, suffirait d'ailleurs à expliquer comment Haendel, tenté par les récits de quelques camarades, put se décider de lui-même à visiter l'Angleterre.

C'était une terra nova où, beaucoup mieux que dans les villes d'Italie et d'Allemagne, encombrées de musiciens, il pouvait espérer se faire une place à sa taille. Depuis le déclin de l'école polyphonique vocale qui avait brillé au xvie siècle et depuis que le plus grand, ou le seul musicien britannique dans la seconde moitié du xvne siècle, Henry Purcell, était mort à trentesix ans, en 1695, l'Angleterre ne possédait plus de musique nationale. Les Français, qui sous le règne des Stuarls s'étaient volontiers établis à la Cour et dans les orchestres de spectacles anglais, prenaient très rarement, depuis la Révolution de 1688, le chemin de la Grande-Bretagne, et ceux, de médiocre importance, qui figuraient encore parmi les serviteurs de la reine Anne, se trouvaient débordés par le flot croissant des virtuoses et des compositeurs italiens. On vit bientôt ceux-ci s'emparer de la scène lyrique, inaugurée par les efforts assez gauches de quelques littérateurs et

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