‹ HaendelChapitre 11 sur 64 · Mattheson · texte numérisé non relu

Mattheson

2. Il était né à Hambourg en 1681, et y mourut en 1764- — Voir L. Meinardus : /. Mattheson und seine Verdienste uni die deutsche Tonkunst, 1870, et Heinrich Schmidt : /. Mattheson, ein Fôrderer der deiitschen Tonkunst, 1897, Leipzig.

LA VIE 3i

musique, c'est ce qui sonne bien » (« Musik, musse schôn Idiugen ») * ; il contribua à l'abandon de théories surannées (solmisation, modes ecclésiastiques) et à l'éclaircissement de notre système actuel '. D'autre part, il fut le champion de l'art et de l'esprit allemands. De Lessing il avait le souille patriotique, la rude indépendance, l'impétueuse franchise, avec plus de violence brutale. Tous ses livres crient : « Faori Barbari!^ » Un de ses ouvrages s'intitule le

I. Il attaqua violemment dans le Vollkommene Kapellmeister (1739) les « Pythagoriciens » (dont le chef était Lor. Christophe Mizlerde Leipzig), qui prétendaient asservir la musique aux mathématiques et à la raison. Avec les « Aristoxéniens » (harmonistes), il voulait arracher la musique « à létau de fer, aux mains de squelette de la science morte et de la scolastique ». Sa loi, c'était l'oreille. « Laisse ton art encombrant à la maison, plutôt que l'oreille souffre, en quoi que ce soit. Ce que la nature et l'expérience t'enseignent comme bon, fais-le, joue-le, chante-le; — • comme mauvais, évite-le, efface-le. « [Das forschende Orchestre). A la scolastique il opposait la féconde et vivante science harmonique [Harmonische JVissenschaft) ; il demandait qu'elle fût enseignée dans les Universités, et offrait de léguer une somme pour fonder une chaire de lecteur de musique au gymnase de sa ville.

2. Surtout dans Das neuerôffnete Orchestre (1718), Bas beschûtzte Orchestre [l'^in). Bas forschende Orchestre (1721). — On a pu dire du plus riche de ses écrits théoriques : Ber Vollkommene Kapellmeister (1739), qu'il pourrait encore aujourd'hui servir de base à une esthétique de la musique, et que de cette œuvre procédait une bonne partie de notre musicologie.

3. Il déconseillait aux musiciens allemands le voyage d'Italie, d'oîi revenaient « tant d'oies parées des plumes de paons, je veux dire avec de grandes faiblesses cachées et une insupportable présomption ». Il reprochait aux Allemands

Patriote musical i^Der ninsikalisclie Patriot.^ 1728). Il fonda en 1722 le premier journal musical allemand, Critica Musica \ et il mena, toute sa vie, un rude combat pour le bon sens, la bonne musique intelligente, la musique « qui parle au cœur, et, parle moyen de l'ouïe, émeut et fortifie Tâme de l'homme raisonnable, avec de belles pensées et mélodies- ». Il avait de la musique une idée religieuse'. Par sa culture universelle, sa connaissance des théories artistiques du passé, sa familiarité avec les œuvres importantes de l'Italie et de la France, ses relations avec les prin-

de ne pas aider davantage les musiciens nationaux, qui languissaient, écrasés. {Vollk. Kapellm. et Critica Musica.)

1. Vingt-quatre livraisons mensuelles, qui parurent, avec des interruptions, de mai 1722 à 1725 (Hambourg). On y trouve des polémiques musicales, correspondances et interviews de musiciens, analyses de livres et d'œuvres, une foule de renseignements sur le dernier opéra, sur le dei'nier concert, sur la vie dun musicien, sur un nouveau clavier, sur une chanteuse, etc. On y trouve surtout de solides critiques musicales, les plus anciennes qui existent peut-être. L'analyse minutieuse de la Passion selon saint Jean de Haindel était encore célèbre, quand la Passion de Haendel était oubliée. « C'est peut-être, disait 3Iarpurg en 1760, la première bonne critique qui ait été faite sur la musique chorale, depuis que la musique chorale existe. »

Page 1