‹ HaendelChapitre 22 sur 64 · Non plus les Français, qui, très influents au temps des · texte numérisé non relu

Non plus les Français, qui, très influents au temps des

sition puritaine, s'attaquant au théâtre anglais, avait contribué à l'abdication découragée des artistes nationaux^ Le dernier maître de la grande époque, John Blow, — un artiste estimable, glorieux dans son temps, et dont la personnalité un peu grise, effacée, ne manquait pas de distinction ni de sentiment expressif, — s'était retiré dans les pensées religieuses-. En l'absence de compositeurs anglais, les Italiens s'emparèrent de la place ^. Un ancien musicien de la chapelle royale, Thomas Clayton, rapporta

Stuarts, avaient à peu près disparu depuis la Révolution de 1688. Mais les Italiens.

1. Le ctîlèbre pamphlet du prêtre Jeremias Collier, paru en 1688 : Courte vue de l'immoralité et de l indécence de la scène anglaise [A short view ofthe immorality and profaness of the English stage, with the sensé of Antiquity), avait fait époque, parce qu'il exprimait, avec une ardente conviction, les sentiments cachés de la nation. Dryden, le premier, fit humblement pénitence.

2. Voir la préface de son Amphion Britannicus, en 1700. — Blow mourut en 1708.

3. Il y avait eu plusieurs essais de compagnies doperas italiens à Londres, sous la Restauration, en 1660, en 1674- Aucun n avait réussi. Mais quelques Italiens s'étaient installés à Londres, et y avaient eu du succès : vers 1667, Gio.-Battista Draghi, de Ferrare ; vers 1677, le violoniste Niccolô Matteis, qui fit connaître en Angleterre les oeuvres instrumentales de Vitali et de Bassani ; enfin des chanteurs italiens, Pietro Reggio de Gènes, le fameux Siface (Francesco Grossi) qui, en 1687, fit le premier sans doute entendre du Scarlatti à Londres; Margherita de l'Espine, qui, depuis 1692, donna des concerts italiens. Mais ce fut à partir de 1702 que commença l'engouement pour lart italien.

d'Italie des Ubretti d'opéras, des partitions, et deschanteurs. Il prit un vieux lihrc/lode Bologne, le fit traduire en anglais par un Français, y adapta gauchement une musique qui ne valait rien; et tel fut, comme il dit avec fierté, « le premier drame musical qui ait été entièrement composé et exécuté en Angleterre dans le style italien » : Arsinoe\ reine de Chypre. Cette nullité, jouée au Drury Lane, en 1705, eut un gros succès, que dépassa encore un opéra italien authentique, donné, Tannée suivante, à Londres: Camilla, regiiia de' Volsci, de Marc Antonio Bononcini'. Vainement, Addison inquiet essaya de lutter contre l'invasion italienne, en persiflant le snobisme du public, avec une aimable ironie, et en tâchant d'opposer à l'opéra italien un opéra national anglais' : ilfutbattu,et aveclui,le théâtre anglais tout entier \ Tliomyris^ en 1707, inaugura les représentations mi-partie en italien et en

Page 1