En
2. On trouvera partout racontées les anecdotes légendaires sur ]e petit Hœndel, sortant du lit, la nuit, pour aller en cachette jouer d'un petit clavicorde, qui se trouvait au grenier.
3. Voir la préface que le cantor à la Thomasschule de Leipzig, Tobias Michael, écrivit à la seconde partie de sa Musikalische Seelenlust (1637); et, dans la vie de RosenmuIIer, le récit de la scandaleuse affaire qui, en i655, força ce grand musicien à fuir à l'étranger. (August Horneffer : Johann Rosenmûller, 1898.)
juristes ou théologiens, avant de sevConsacrer à la musique ; ou même, ils continuèrent quelque temps de mener de front les deux métiers. Le père de Haendel voulait, lui aussi, que son fils fût homme de loi. Mais un voyage à Weissenfels triompha de ses résistances. Le duc entendit le petit Haendel, âgé de sept ans, qui jouait de l'orgue ; il fit appeler le père et lui recommanda de ne point contrecarrer la vocation de l'enfant. Le père, qui eût trouvé ces conseils fort mauvais, venant de tout autre, les trouva fort bons sans doute, venant d'un prince ; et, sans renoncer à l'idée que son fils fît son droit — (car il était aussi entêté que son fils devait l'être), — il consentit à lui faire apprendre la musique. De retour à Halle, il le conduisit chez le meilleur maître de la ville, l'organiste Friedrich-Wilhelm Zachow^
Zachow était un large esprit et un beau musicien, dont la grandeur n'a été appréciée que depuis quelques années ". Son influence fut
1 . Telle est l'orthographe exacte du nom, qui se trouve ordinairement écrit : Zachau. — F.-W. Zachow était né en i663, à Leipzig, d'un père Berlinois, et mourut prématurément, en 171a.
2. Depuis la publicationdes œuvres de Zachow, par M. Max SeifFert, dans les Denktndler deuischer Tonkunst^ t. XXI et XXII, igoS, Breitkopf.
capitale sur Hcendel. Haendel lui-même ue le cachait point ^
L'action du maître sur l'élève s'exerça de deux façons : par sa méthode d'enseignement et par sa personnalité artistique.
« L'homme était très fort dans son art, dit Matlheson ^; et il possédait autant de talent que de bienveillance... Hœndel lui plut de telle sorte qu'il ne pensa jamais pouvoir lui témoigner assez d'amour et de bonté. Son effort tendit d'abord à lui faire connaître les fondements de l'harmonie. Puis il tourna ses pensées vers l'art de l'invention ; il lui apprit à donner aux idées musicales la forme la plus parfaite ; il affina son goût. Il possédait une remarquable collection de musique italienne et allemande. Il montra à Haendel les façons diverses d'écrire et de composer des différents peuples, en même temps que les qualités et les défauts de chaque compositeur. Et, afin que son éducation fut à la fois
I Mattheson l'avait, aussi. neUement afliinié. Mais les historiens de nosjours, Chrysander, Yolbach, Krelzschmar. Sedley Taylor, n'ont tenu aucun compte de ces dires, qu'ils attribuaient à la générosité de Haendel ou à la malveillance de Matlheson. Il manquait à leur jugement, fort sévère pour Zachow, de connaître les œuvres de Zachow. Depuis la publication des Denkmàler, il est impossible à tout esprit non prévenu de ne pas reconnaître en Zachow les véritables origines du style et même, pourrait-on dire, du génie de Haendel.