‹ HaendelChapitre 7 sur 64 · Ibid., p. iio, i4i · texte numérisé non relu

Ibid., p. iio, i4i

4. Ibid., 8<= cantate : Lobe den Herrn, meine Seele, p. i66, V Hallelujah allemand, avec le flot de ses vocalises jubilatoires, — surtout, p. 192, le grand chœur lînal.

5 . Voir son joli trio pour flûte, basson et clavecin (p. 3i3). C'est une petite œuvre en quatre mouvements (i. Affettuoso ; 2. Vivace ; 3. Adagio ; 4- Allegro), où se mêlent excellemment la claire grâce italienne et le Gemiït allemand.

L'orchestre des captâtes n'emploie parfois que les cordes

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instruments, et très souvent à concevoir la voix comme un instrument, qui concerte et qui joue avec les autres instruments, formant ensemble des guirlandes décoratives, harmonieusement enchevêtrées.

En résumé, un art moins intime qu'expansif, un art ensoleillé. Non sans émotion \ Mais avant tout, reposant, fortifiant et heureux. Une musique optimiste, comme celle de Haendel.

Certes, un Hœndel en petit, avec beaucoup moins de souffle, moins de richesse d'invention, surtout moins de puissance de développe-

avec 1 orgue ou le clavecin. Mais en général, la palette de Zachow est assez riche, et comprend, avec les %ioles, violette, violoncelles, des harpes, des hautbois, des flûtes, des corne de chasse, des bassons et bassonetti, et jusqu'à 4 clarini (trompettes aiguës) et des tamburi. (Cantate : Vom Himmel kam der Engel Schar.) Zachow s'amuse à combiner les timbres de ces instruments avec ceux de la voix, dans les airs soli. Tel air de ténor est accompagné du violoncelle solo, tel autre de deux corne de chasse ; un air de basse est avec basson concertant, un autre avec '4 clarini et tamburi ; un air de soprano, avec basson et 2 bassonetti ; — sans parler d'airs nombreux et très soignés, avec hautbois ou flûtes.

Grâce à Zachow, Hîendel se familiarisa de bonne heure avec l'orchestre. Il apprit chez lui à jouer de tous les instruments, et principalement du hautbois, pour lequel il écrivit tant de pages charmantes. Dès l'âge de dix ans, il composait des trios pour deux hautbois et basse. Unlord anglais, voyageant en Allemagne, en retrouva une petite collection de six trios [Samnilung dreistimmiger Sonaten fi'ir zn-ei Oboen und Bass, sechs Stilck) datant de cette époque, (t. XXVIII de la grande édition Haendel.)

I. Voir le bel air de basse de la cantate : Lobe den Herrn, p. 164.

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ment. Ce n'est pas le tout d'amorcer ces mouvements colossaux d'armées qui marchent et qui dansent; il faut avoir les reins assez solides pour porter l'édifice, sans plier, jusqu'au bout. Zachow fléchit en route, il n'a pas la force vitale de Haendel. Mais en revanche, il a plus de naïveté que lui, plus de candeur tendre, un je ne sais quoi de chaste et de rougissant, une grâce évangélique*.

C'était bien là le maître qu'il fallait à Haendel, le maître que plus d'un grand homme a eu le bonheur de trouver — (c'est Giovanni Santi pour Raphaël, c'est Neefe pour Beethoven) : — bon, simple, clair, un peu pâle, une lumière égale et douce, oii l'adolescent rêve en paix, s'abandonnant avec confiance au guide presque fraternel, qui ne cherche pas à le dominer, qui cherche bien plutôt à nourrir de sa petite flamme un plus vaste foyer, à verser son ruisseau de musique dans le grand fleuve du génie.

Pendant qu'il était encore à l'école de Zachow,

I. Certaines phrases très simples, comme, dans la cantate pour la Visitation : Meine Seel erheht den Herren, le récitatif du soprano : « Denn er hat seine elende Magd angesehen » (p. 112), ont une odeur exquise d'humilité virginale qui ne se retrouverait plus chez Haendel.

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le petit Haendel alla faire une visite à Berlin. Après avoir rendu ses devoirs à Tancien maître, l'électeur de Saxe, il était prudent de les rendre au nouveau, l'électeur de Brandebourg. 11 semble que ce voyage eut lieu vers 1696 ; l'enfant avait onze ans, et son père, malade, ne l'accompagna point.

La cour de Berlin vivait une heure brève d'éclat artistique, entre les guerres du Grand Électeur et celles du Roi-Sergent. La musique y était fort en honneur, grâce à la princesseélectrice, Sophie-Charlotte, fille de la célèbre Sophie de Hanovre. Elle avait attiré les meilleurs instrumentistes, chanteurs et compositeurs d'Italie ', Elle fonda l'Opéra de Berlin-, et dirigeait elle-même les concerts de la cour. Sans doute, ce mouvement était superficiel ; il ne tenait qu'à l'impulsion donnée par la princesse; et celle-ci avait plus d'esprit que de sérieux : Tart n'était pour elle qu'une distraction passionnée. Aussitôt après sa mort, les fêtes musicales de Berlin devaient s'éteindre. Mais c'était beaucoup déjà

I. Le violoniste Torelli, Antonio Pistocchi. qui fut un des maîtres du chant italien, le père Attilio Ariosti, Giovanni Bononcini. Stelfani écrivit pour la princesse des duos fameux, et Corelli lui dédia sa dernière sonate pour violon, op. 5.

1. La première représentation eut lieu, le i^'' juin 1700, avec un ballet pasioral d'Ariosti. Leibniz assistait à la répétition générale.

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d'avoir fait briller, une heure, ce foyer de bel art italien. Et ce fut ainsi que le petit Haendel se trouva, pour la première fois, en contact avec la musique du Midi'.

L'enfant, qui se fit entendre au clavecin, devant un public de princes, eut tant de succès que l'électeur de Brandebourg voulut l'attacher à son service ; il offrit au père de Haendel d'envoyer le petit en Italie, pour achever son instruction. Le vieux refusa. Il avait l'humeur fière : il ne voulait pas, dit Mainwaring, que son fils fût lié trop tôt à un prince. D'ailleurs, il se sentait mourir, et il désirait revoir l'enfant.

Le petit Haendel revint. Trop tard. Il apprit, en chemin, que son père était mort, le 1 1 février 1697. — ^^ principal obstacle à sa vocation musicale avait disparu ; mais il avait un respect si profond de la volonté paternelle qu'il s'obligea, pendant des années encore, à étudier le droit, puisque son père l'avait voulu. Après avoir achevé sans hâte ses classes au gymnase, il se fit

I. Tout ce qu'on a conté de sa rencontre avec Ariosti et Bononcini est d'ailleurs légendaire. M. A. Ebert a montré qu'Ariosti n'est venu à Berlin qu'on 1697, ^t que Bononcini, qui n'arriva en Allemagne quen novembre 1697, semble n être pas venu à Berlin avant 1702. Pour que Hœndel l'y eût rencontré, il faudrait qu'il y fût retourné, en 1703. en allant à Hambourg. Mais alors, il avait dix-huit ans ; et la légende de l'enfant-prodige, victorieux des deux maîtres italiens, s'évanouit. (A. Ebert : Attilio Ariosii in Berlin, i9o5, Leipzig.)

inscrire à la Faculté de droit de l'Université de Halle, le lo février 1702, — cinq ans a[)rès la mort du père.

La vie universitaire à Halle était d'une brutalité de mœurs révoltante. Mais on trouvait aussi là une vie intense de pensée et de foi. La Facidté de théologie était le foyer du piétisme *. On se livrait, parmi les étudiants, à des exercices religieux, qui menaient à l'extase. — Hœndel, en indépendant qu'il fut toujours, resta à l'écart des amusements brutaux, comme des contemplations mystiques. Il était religieux, mais sans rien de sentimental. Au reste, un artiste pouvait difticilement s'entendre avec les piétistes, dont la dévotion était trop souvent oppressive pour l'art. Même J.-S. Bach, piétiste de cœur, dut, par des actes publics, se déclarer contre les piétistes, qui furent, en certaines occasions, les ennemis de sa musique -. A plus forte raison, Hiendel, qui n'avait aucun penchant au mysticisme.

La religion n'était pas son affaire, ni décidé-

1. La politique intolligente des électeurs de Brandebourg attirait dans leur Université de Halle les hommes les plus indépendants de l'Allemagne, qui étaient persécutés ailleurs. Ainsi vinrent à Halle les piétistes, chassés de Leipzio-. Hs rayonnèrent de là sur toute l'Allemagne, la Suisse et les Pays- Bas. (Yolbach : Vie de Hsendel, et Lévy-Brûhl : L'Allemagne depuis Leibniz, 1890.)

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