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On lui a attribué deux oratorios (bien douteux), une

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certain que sa mémoire en recueillit plus d'une idée, pour les reprendre dans ses compositions postérieures : car il n'a jamais rien laissé perdre ; sans cesse, au cours de sa vie, il remettait sur le métier ses inventions anciennes : ce qu"il faut attribuer, non pas à la hâte du travail, mais à l'unité de sa pensée et à son besoin de perfection.

Haendel ne renouvela pas son année d'engagement à la Domkirche de Halle, ni à l'Université. Dans son stage d'organiste, il avait pris conscience de sa force musicale. Elle ne pouvait plus se contraindre. Il lui fallait chercher un milieu plus vivant. Il quitta Halle, au printemps de 1703 ; et, guidé par son instinct et par les préférences de son maître Zachow^ il s'en alla à Hambourg, la ville de Fopéra allemand.

cantate : Ach Hevr midi armen Sûnder, et un Laudate Piieri, pour soprano solo, qui seraient antérieurs à son départ pour Hambourg.

I. M. Alfred Heuss a montré, le premier, quel attrait le drame musical avait pour Zachow, qui l'introduisit même à Féglise. Telle de ses cantates, la quatrième, par exemple, Ruhe, Friede, Freud und Wonne, tort mal jugée par Chrysander, est un fragment d'opéra fantastique, où Ton voit David tourmenté par les esprits infernaux. La déclamation est expressive, et les choeurs sont d'un grand effet dramatique. Ainsi, la carrière théâtrale de Hœndel a été préparée, dès Halle ; et peut-être était-ce Zachow lui-même qui l'envoyait à Ham-

LA VIE ai

Hambourg- étav- la Venise de l'Allemagne. Ville libre, à Tabri des guerres, refuge des artistes et des grandes fortunes, entrepôt du commerce de l'Europe du Nord, ville cosmopolite, où l'on parlait toutes les langues, et surtout le français, elle était en relations continuelles avec l'Angleterre et avec Tltalie, particulièrement avec Venise, qui était pour elle un objet d'émulation. Ce fut par Hambourg que les idées anglaises se frayèrent la voie en Allemagne. Ce fut là que parurent les premiers journaux allemands'. Dès l'époque de Haendel, Hambourg était, avec Leipzig, le centre intellectuel de l'Allemagne. Nulle part ailleurs en Allemagne on n'estimait autant la musique"; les artistes y marchaient de pair avec les riches bourgeois. Christoph Bernhard, élève de Schùtz, avait fondé là un célèbre Collegium Mnsicum, une société de musiciens ; et là s'éleva en 1677-8

bourg. (A. Heuss : Fr. Wiih. Zachow als dramatischer Kantaten-Koniponist, Bulletin de TI. M. G. Mai 1909.)

I. En partie sous l'influence des publications anglaises, et notamment du .S'^ecfa^or d'Addison (171 1). Dès 1713, parut à Hambourg Y Homme raisonnahle. En 1724-1727, le journal Le Patriote de Hambourg tut fondé par une « Société patriotique ». On pensait tirer à 400 exemplaires. On souscrivit pour 5 000 dans la seule Haute-Saxe.

•2. La musique profane comptait, vers 1728, 5o maîtres, i5o professeurs. En revanche, la musique religieuse était beaucoup plus pauvrement fournie que dans la plupart des grandes villes du nord de l'Allemagne.

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le premier théâtre d'opéra allemand, — non d opéra princier, ouvert aux seuls invités du prince, mais d'opéra public, populaire et payant. L'exemple de l'Italie avait dû provoquer cette fondation, à l'instar de Venise.

Mais l'esprit des deux théâtres était bien différent. Tandis que Venise se complaisait à des mélodrames fantastiques, bizarrement inspirés de la mythologie ou de l'histoire antique, Hambourg gardait, malgré la grossièreté de son goût et sa licence de mœurs, un vieux fond religieux. L'opéra hambourgeois avait été inauguré, en 1678, par une Création du Monde de Joh. Theile, élève de Schiitz ; et de 1678 à 1692, on y joua un grand nombre de drames religieux, les uns d'un caractère allégorique, les autres inspirés de la Bible ; en certains des sujets, on voit poindre déjà les oratorios de HaendeP. Si faibles que fussent ces pièces musicales, elles étaient sur le chemin d'un théâtre propre à l'Allemagne. Il semble que c'ait été l'idée d'un des poètes, le pasteur Elmenhorst, qui voulait donner à l'opéra religieux la valeur d'une forme d'art classique". Malheureusement, l'esprit public était en décadence ; son ressort religieux s'était fort détendu, sauf dans

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