‹ Hagiographie du Diocèse d'AmiensChapitre 24 sur 82 · ETC · texte numérisé non relu

ETC

19 Mai. J- 804.

Alcuin ' naquit vers l'un 735, en Northumbrie, ilmis la ville arcbiepiscopale d'York, comme il nous Tapprend lui-même dans un de ses poèmes a. Sa famille, dont on ignore le nom, était de noble race et

1 Alcwinus, Alchwinus, Alhwinvs, Alchuinus, Alchwinus, Alkoinusf Alcoinus, Alqninus, Aquilinus. — Alcwin, AlchvintAlcoin, Aîquin. — Ce nom germanique signifie rem augens, selon Bertius ; vainqueur, selon Godescard ; iout gain [afl gwin), selon J. Froben. — Comme les étrangers pouvaient difficilement prononcer le W de son nom, Alcwin y substitua un B et se fit appeler Albin (Albinus, Albuinus^ Alboinus). Quand il vint à la cour de Charlemagne, il prit le surnom latin de Flaccus, en l'honneur d'Horace, scion l'usage littéraire qui régnait de son temps. Il signait Fl accus Albinus. En Angleterre, il avait pris quelque temps le nom de Publius. — Anastase, dans sa Vie du pape Adrien, a identifié notre Bienheureux avec un autre Albin, que Charlemagne envoya en députation près du Saint-Siège. Plusieurs savants , trompés par la similitude des noms, ont confondu notre Alcuin avec un abbé de Caotorbéry, avec un camérier du pape Léon III et même avec un moine d'Hersfeld, qui vivait au XIe siècle.

* Carmen de ponlif. et nanctis ecclesix Ebor. — Plusieurs écrivains le font naître à tort, soit en Ecosse, soit près de Londres.

6i LE B. Al.Crj.N, A DDK DE SAlNT-JOSSE-StîR-MER.

parente de S. Willibrord : car Alcuin hérita du monaslère <le Sainte-Marie, bâti par S. Wilgis, père du saint évcque d'Utrecht, près de l'embouchure de î'IIumber.

« S. Willibrord, dit M. Ampère1, descendait d'Hengist, le premier des chefs saxons qui conquirent la Grande-Bretagne, et Hengist prétendait descendre d'Odin. Le pacifique Alcuin ne se doutait pas de cette illustration mythologique. Satisfait d'être le parent d'un saint martyr, il ne connaissait pas le dieu guerrier, père deMa race à laquelle il appartenait. »

On croit généralement qu'Alcuin était frère d'Arnon, surnommé Aquila, qui fut abl>é de Saint- Arnaud et archevêque de Salzbourg. Mais cette parenté nous paraît fort contestable 2.

Notker et l'Anonyme du IX.* siècle, qui nous a laissé la vie d'Alcuin, nous disent que son éducation fut confiée au vénérable Bède ; mais ils se trompent évidemment sur ce point, puisque c'est à peine si Alcuin était né, lorsque mourut le célèbre historien de l'Angleterre (735). Il est vrai que Chifflet a voulu démontrer que Bède vécut jusqu'en 762, âgé de quatre-vingt-dix ans ; mais ses arguments nous paraissent dénués de toute probabilité.

Alcuin reçut ses premières leçons d'un élève de

' ffist. de la littérature sous Charlemagne.

* On se base uniquement sur la lettre que lui adresse Alcuin arec cette suscription : Charitsimo germano meo Aquilœ antistiti. Nous pensons, avec Pagi et Froben, que ces termes peuvent fort bien s'interpvêter par une parenté de cœur, par des liens d'affection mutuelle.

Bède, Ecgbright ou Egberct, frère du roi de Northumbrie et archevêque d'York. Les études littéraires propagées en Angleterre par les Romains, interrompues ensuite par les incursions des Saxons et des Danois, avaient refleuri depuis, par les soins du pape S. Grégoire le Grand. Egberct, sacré archevêque d'York en 734, était passionné pour les sciences : malgré sou origine royale et l'élévation de son rang, il ne dédaignait point d'enseigner les éléments de la grammaire et des arts libéraux aux jeunes gens qui étaient élevés dans son monastère épiscopal. 11 chérissait Alcuin, non-seulement à cause de ses rapides progrès dans l'étude du grec, du latin, de l'hébreu et de toutes les sciences qu'on enseignait alors, mais surtout à cause de sa franchise et de sa confiante simplicité.

Constant à réprimer ses passions naissantes, le jeune Alcuin trouvait dans la mortification des sens, non-seulement la sauvegarde de sa vertu, mais le calme et la liberté d'esprit qui favorisent le progrès des études. Son ardeur pour le travail ne lui faisait point négliger le service de Dieu : il assistait ordinairement aux heures canoniales du jour, et parfois même aux oflices de nuit.

Egberct s'était associé Alcuin dans son enseignement, quand il mourut vers l'an 768, en léguant à son disciple chéri le soin de la bibliothèque dont il avait enrichi l'église d'York. Alcuin, dans un de ses poèmes, nous apprend que cette collection, outre les principaux écrits des Pères et des écrivains ecclésiastiques, contenait les œuvres d'Aristote, de Pline, de Cicéron, de Virgile, de Lucain, de Stace, etc.

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