ALCUIN FUT-IL MOINE OU CHANOINE
Les historiens ne sont point d'accord sur oc point, de savoir si Alcuin a été moine ou chanoine. Ceux qui, comme Mabillon, soutiennent le premier sentiment s'appuient sur les raisons suivantes :
1° Alcuin fut diacre de la cathédrale d'York où on observait la discipline de la vie régulière, ce qu'il faudrait interpréter par la vie monastique et non point par la vie canoniale.
2° On lit dans les Actes de S. Ludger, écrits par un au-
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leur du IX0 siècle, qu'Alcuin fut élevé dans un monastère de moines, c'est-à-dire dans l'école de l'église d'York.
3° Dans ses écrits, Alcuin professe une affection toute filiale pour la règle de S. Benoît.
4° Alcuin a été abbé de Saint-Josse, de Ferrières et de Saint-Martin de Tours, qui étaient des maisons bénédictines, ce qui n'aurait pu avoir lieu, s'il n'avait pas été moine.
5° Dans sa Profession de foi, il dit formellement qu'il a reçu l'habit monastique et se reproche de ne pas vivre conformément à sa profession.
6° Hariulfc, auteur de la Chronique de Saint-Riquier, lui donne le titre de moine.
Les écrivains qui partagent l'autre sentiment répondent :
1° Que la Profession de foi dont on vient de parler n'est pas un ouvrage d' Alcuin ;
2° Que l'auteur de la vie d' Alcuin tranche parfaitement la question, ?n disant qu'il a été le modèle des chanoines, comme S. Benoit d'Aniane a été celui des moines.
3° Ce même auteur loue Alcuin d'avoir agi en moine, quoiqu'il n'eût point fait de vœu monastique : 0 vere monachum, monachi sine voto.
4° Alcuin, sur la fin de ses jours, demande à Charlemagne la permission d'aller à Fulde, pour y vivre selon la règle de S. Benoît, ce qui démontrerait qu'il ne l'avait pas suivie jusque-là.
5° Il a été plutôt administrateur qu'abbé. D'ailleurs, les religieux de Saint-Martin ne suivaient plus la règle de S. Benoît, et, quelques années après la mort d' Alcuin, ils embrassaient la vie canoniale.
Les arguments contradictoires que nous venons de résumer donnent lieu à diverses objections qu'il serait trop long de formuler ici. Nous nous bornerons, sans discuter, à dire que la dernière opinion nous paraît beaucoup plus probable *.
• Sur cette question, voyez Bulteau, //ist. de l Ordre de Saint-' Benoit, h, Ali.— Lkcoimte, .Innal. crd. Franc, vu, 22.— Mabii. • i on, .4ct. SS., v. 163.
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DISCIPLES d'aI.CUIN.
Il serait trop long d'énumérer ici tous les disciple* qu'Aleuin instruisit dans les sciences sacrées et profanes. Nous nous bornerons à signaler les principaux, en notant les dignités qu'ils eurent plus tard.
A York, il eut pour élèves : Joseph, auteur d'un abrégé des Commentaires de S. Jérôme sur Isaïc ; S. Ludger, évêque de Munster ; Eambald, archevêque d'York ; Fridugise, qui le détermina à résoudre quelques d fficultés relatives au mystère de la Trinité, etc.
A la cour de France, il compta parmi ses disciples : Charlemagne et ses deux fils, Louis et Pépin ; Ghiselle, sœur de Charlemagne, abbesse de Chelles ; une autre Ghiselle ou Gisla, fille de Charlemagne ; Rictrude, religieuse de Chelles, que quelques historiens considèrent comme fille de Charlemagne ; Angilbert, abbé de Saint-Riquier ; Riculfe, archevêque de Mayence ; Jessé, évoque d'Amiens, etc.
A Saint-Martin de Tours, on distingue parmi ceux qu'il forma à la science : Sigulfe, abbé de Ferrières ; Siméon, évêque de Worms; Haimon, évêque d'Halberstadt ; Amalaire, qui se fit un nom dans la science liturgique ; Raban- Maur, archevêque de Mayence, qui fut le meilleur théologien du IXe siècle, etc.