‹ Hagiographie du Diocèse d'AmiensChapitre 64 sur 82 · I.E B. CHAHLKS LK BON. 3;î · texte numérisé non relu

I.E B. CHAHLKS LK BON. 3;î

d'eau bouillante. »» Le chevalier se tint pour averti, et l'abbé rassure s'empressa de retourner à son inonnstère.

En toutes circonstances, la conduite de Charles était dictée par un profond amour de la justice et par une prédilection spéciale pour les faibles et les opprimés*, quand on lui faisait un reproche de ses sympathies, il répondait :« C'est que je sais combien les pauvres out de besoins et les riches d'orgueil. ■»

Nous compléterons ce tableau du caractère et des vertus du comte de Flandre, en laissant la parole à la naïve Chrouique d'Oudegherst ' : on y trouvera quelques indications qui ne se rencontrent point dans les autres biographes de Charles le Bon : • Il avoit trois religieux, docteurs en théologie, lesquels, journellement après le souper, lui proposoient et expliquoient un chapitre ou deux du Bible, en quoi il prendoit un singulier plaisir. Il fit desfenec à chacun, sous peine de perdre un membre, de jurer par le nom de Dieu, ni par chose qui touchoit à Dieu et à ses saints, et quand aucun de sa maison estoit trouve en cette faute, il le faisoit, outre ce, jeûner 40 jours au pain et à l'eau.... 11 ordonna que tous ceux qui sont condamnez au dernier supplice fussent confessez et que, un jour devant l'exécution, on leur administra le Sainct Sacrement, ce que paravant ou n'estoit accoustumé d'observer. Il estoit merveilleusement sévère et rigoureux contre les sorchières, enchanteurs, nécromanciens et autres qui s'aidoient de semblables et indeus arts... Il avoit ordinairement,

1 Annales de Flandre, o. lxiv.

au dîner, en sa salle, treize pauvres, lesquels il faisoit servir du même que ses chevaliers et seigneurs. 11 ordonna que personne ne logeast garsons ou vagabonds, sur peine de restaurer les dommages et intérêts qu'ils auraient fuict a autruy ; que personne, de quelque qualité ou condition qu'il fût, s'advanchât d'emmener ou de faire emmener les enfans sans le consentement de père, mère, tuteurs ou autres parents. . . 11 étoit merveilleusement bon justicier, de sorte qu'il contraignit ceux qui avoient accoustumé d'oppresser les pauvres gens, d'eux en désister, contre lesquels il usoit d'une telle rigueur que les pauvres gens vivoient en bonne paix et tranquillité \ >»

Cette tranquillité devait être troublée par une terrible famine qui, en U25, désola principalement la Flandre et la Picardie. Dès l'année précédente, les populations superstitieuses s'attendaient a un grave événement, parce que, le 1 1 du mois d'août, une éclipse partielle de soleil avait obscurci les cieux. L'hiver qui suivit fut si rigoureux et si long que les semailles ne levèrent point. Alors éclata une de ces désastreuses famines qui décimaient les populations du Moyen Age.

Les uns mouraient faute d'aliments; les autres se jetaient avidement sur les denrées que le hasard leur procurait et se causaient des indigestions mortelles. Le pain manquait complètement : aussi les habitants de Bruges, de Gand, des bords de la Lys et de l'Escaut étaient réduits à ne manger que de la viande, même pendant le carême. Les villageois es-

1 Allusion aux Juifs qu'il chassa de ses États ù cause des usures -dont ils se rendaient coupables.

pémient en vain obtenir du pain dans les villes et les châteaux ; ils ne trouvaient que la mort au terme de leurs pérégrinations. Ceux qui survivaient étaient tellement amaigris qu'on les aurait pris pour des squelettes ambulants.

Ce désastre public donna occasion au bienheureux Charles de déployer toute l'activité de sa sollicitude et de sa charité. Chaque jour, il nourrissait cent pauvres à Bruges, et ordre était donné pour qu'il en fût de même dans chacun de ses châteaux. On raconte qu'étant à Ypres, il distribua en une seule fois 7,800 pains de deux livres. Chaque jour aussi, il habillait complètement cinq pauvres, leur donnant à chacun une chemise, une tunique, des fourrures, une cape, des bottes, des bottines et des souliers. Après cette généreuse distribution, il allait entendre la messe h l'église^ chantait des psaumes, et terminait ses dévotions en distribuant des deniers aux. mendiants.

Il consacrait le reste de sa journée à faire des règlements qui pussent adoucir les maux présents et en prévenir le retour. Il réprimanda des habitants de Gand qui avaient laissé des affamés mourir devant leur porte ; il interdit la fabrication de la bière, pour ne pas épuiser le peu de grains qu'on avait récoltés ' ; il prescrivit aux boulangers de pétrir des pains d'avoine et fixa a six écus le prix du quartaut de vin.

1 C'est bien à tort que M. H. Martin (Hist. de France, iu, 378) a blâmé Charles d' • avoir changé les houblonièrcs en terres à blé, comme si les gens qui mouraient de faim eussent pu attendra la récolte » ; l'auteur avait sans doute oublié que les famines du Moyen Age se prolongeaient parfois deux années de suite, et qu'il était fort prudent de songer à l'avenir.

Pur ses ordres, tous les chiens furent tués 1 et les terres furent ensemencées dans la proportion de deux tiers eu blé et d'un tiers en fèves ou en pois, légumes qui poussent vite et dont la prompte récolte pouvait abréger le temps de la famine. Certaines familles riches, entre autres celle de Bertulphe *, ajoutent certains chroniqueurs flamands, accaparaient les blés et les vendaient à un prix exorbitant* : Charles aurait alors chargé son aumônier Tancmar de contraindre tous les propriétaires à vendre leur blé à un prix raisonnable. C'eût été là une des causes qui amenèrent le drame sanglant dont nous raconterons bientôt les horreurs.

Grâce à ces sages dispositions, les accaparements cessèrent, le numéraire circula, et la disette fit moins sentir ses ravages, en attendant qu'elle disparût avec la prochaine récolte. ^

Henri V, empereur des Romains, venait de mourir sans héritier (H2o). Les électeurs portèrent leurs vues sur le prince qui, dans ces temps de disette et d'anarchie, avait montré pour son peuple ce dévouement sans bornes qui est la plus populaire

1 Cette circonstance n'est mentionnée que pur quclqui-s chroniqueurs ; il en est d'autn-s, peu judicieux d'ailleurs dans l'ensemble de leurs récits, qui joignent les veaux aux chiens, ce qui aurait été une mauvaise mesure.

1 Bertholf, Berthoulphe, Bertoul, B.rthout, Bertaud * Cet accaparement de blé est mentionné par d'autres annalistes des Flandres comme la cause principale du meurtre de Charles le Bon, et ce sentiment a été suivi par nos historiens modernes Sismondi, Anquetil, Ségur, Lavallée, H Martin Cette anecdote est contestable, car nous n'en trouvons pas trace dans les auteurs contemporains.

vertu des rois. Le chancelier île l'évêque de Cologne et le comte Godefroy de Nsinnir furent chargés d'aller sonder les intentions de Charles, qui prit aussitôt conseil des barons de Flandre ; quelques-uns, ceux là mêmes qui depuis longtemps avaient juré sa perte, l'engageaient à accepter le sceptre impérial, pour se débarrasser d'un prince dont les vertus leur étaient h charge ; les autres, et c'était le bien plus grand nombre , le suppliaient de ne point abandonner l'œuvre qu'il avait commencée et de ne point ravir un véritable père à la Flandre. Le bienheureux Charles le Bon suivit leur conseil et refusa le titre glorieux de roi des Romains.

Peu de temps après ', il reçut de la part des princes croisés de Jérusalem une lettre qui lui offrait le trône de la Cité sainte, parce que Bauduin, roi de Jérusalem, avait été fait prisonnier par les Turcs. Charles déclina également cet honneur, en déclarant qu'il voulait se consacrer tout entier au bonheur de la Flandre.

Il mit à profit les années de paix et d'abondance pour remplir des greniers de réserve et prévenir le retour des disettes. Il voulut aussi raffermir le régime féodal qui était loin d'être aussi solidement assis qu'en France; car les bourgeois se proclamaient les égaux des nobles et beaucoup de serfs s'étaient affranchis eux-mêmes.

Au nombre de ces derniers, figuraient les membres d'une famille a laquelle divers chroniqueurs flamands ont donné a tort le nom de Van der Straren,

1 Ou en 1 1*2 selon quelques chroniqueur*.

nu lieu de celui d'Érembald Deux frères avaient depuis longtemps oublié le servage de leurs ancêtres : l'un, Bertulphe, avait usurpé la prévôté du Chapitre de Saint-Donatien de Bruges, à laquelle était attachée la dignité de chancelier héréditaire de Flandre5; l'autre, Désiré Haket, était châtelain de Bruges et avait un lîls, nommé Burchard 3, qui se distinguait par sa turbulence et son ambition.

Le chef de la famille Erembald, Bertulphe, était animé d'un orgueil intolérable, et affectait d'ignorer les noms des gens qu'il croyait au-dessous de lui. 11 dominait tellement le Chapitre qu'aucun des chanoines n'osait se plaindre de ses méfaits. 11 avait fait embrasser h ses neveux la carrière des armes et les excitait à prendre part à toutes ces querelles de voisinage qui étaient si communes dans la Flandre du XIIe siècle.

Le prévôt de Bruges qui, par ses richesses et son influence, tenait le premier rang, après le duc de Flandre, avait marié ses nièces a des nobles, espérant ainsi faire sortir un jour sa famille de sa condition servile. L'un d'entre eux, Robert, ayant appelé en duel judiciaire un autre chevalier, celui-ci lui rappela que, selon le droit rétabli par Charles,

1 Ce» chroniqueurs flamands , imités par Velly , Mezeray , Daniel, Boulainvillicrs, Th. Lavallée, ont donné à tort le nom de Van der Straten k la famille qui assassina Charles. Galbert, Gautier, Stigcr et tous les contemporains l'appellent Erembald — Voyez la brochure de M. le comte Van der Straten, intitulée : Charles le Bon. ses vrais meurtriers.

* La prévôté était la première dignité capituluire ; le décanat n'était que la seconde.

* Burchurdtts, Burkhard, Bordsiarl, Burdxiard, Burcard, Brxichard, Bossart, Boussaert, Bouchart.

tout homme libre qui épousait une serve partageait, un an après son mariage, la même condition que sa femme, et que, par conséquent, il ne pouvait pas, lui chevalier, accepter un combat singulier qui n'aurait pas lieu entre pairs. Le prévôt fut très-mortifié de voir ainsi révélée au public cette condition de servilité qui était ignorée de la plupart1, et il niait les droits de propriété du comte : « Ce Charles de Danemark, s 'écriait-il, ne serait jamais parvenu a la dignité de comte, si je ne l'avais voulu, et maintenant il oublie le bien que je lui ai fait; il s'informe auprès des anciens si je suis serf et veut me réduire en esclavage avec toute ma famille : mais il n'importe, nous serons toujours libres et il n'est personne au monde qui puisse nous faire serfs ».

Le conflit fut déféré au jugement du comte de Flandre. Le prévôt comparut devant lui, à Cassel, accompagné de son gendre Robert et de 500 chevaliers qui paraissaient avoir plus de confiance dans leur épée que dans la justice de leur cause. Le B. Charles, par prudence, remit l'affaire à plus tard et demanda que, selon la loi, douze témoins affirmassent par seraient que la nièce de Bertulphe n'était point d'origine serve. Le chapitre de la noblesse fut convoqué plus tard àSaint-Omer, et, en l'absence des témoignages vainement réclamés % il fut statué que

1 M l'abbé Carton, dans sa Notice sur Érembald, a eu pour but rie prouver que Bertulphe n'était point serf, comme Vont dît ses contemporains. Dans un autre opuscule (le Prévôt Berlulf), il a essayé de disculper le prévôt de Saint-Donnt. Nous ne pouvons point partager son avis.

1 D'nprè* rpjolqtioK historien*, douze témoins auraient produit cette attestation.

3»2 LK B. CtiAKLUS LE UOX.

Robert de Kaeskerke était dans sou tort et que la famille des Érembald ue se composait que à1 hommes de corps qui appartenaient au domaine du comte. Robert, qui avait été lui-même induit en erreur, parce que, comme beaucoup d'autres, il pensait que la famille de Bertulphe avait été émancipée, devint un des ennemis les plus acharnés du prévôt.

Un autre incident vint encore envenimei Taniniosité du prévôt contre Charles. Les membres de la famille de Bertulphe ne pouvaient pardonner à Tuncmar, chapelain du comte, et chef de la famille Van der Straten, d'avoir fait vendre leurs grains accaparés pendant la disette '. Ils tâchaient de s'en venger par des violences. Aussi profitèrent-ils d'un voyage que Charles faisait en France, pour ravager le domaine de Bourbourg oùTancmar s'était fortifié. Quand Charles fut de retour à Ypres, les villageois vinrent se plaindre de ce que des pillards les avaient rançonnés. Le comte de Flandre, après avoir pris l'avis de ses conseillers, fît incendier la maison de Burchard, qui avait été le principal fauteur des désordres.

Le prévôt, qui affectait d'être resté étranger a cette affaire, envoya Gui de Steenvoorde et d'autres négociateurs auprès du comte, sous prétexte d'obtenir la grâce de ses neveux. Charles se montra indulgent, promit dedonnerune autre maison à Bui chard, mais lui interdit de relever les ruines de celle qui avait été incendiée, parce que sa proximité de celle de Tancinar pouvait amener de nouveaux conflits. Charles congédia Jes envoyés en leur faisant boire le vin du départ.

» V«»ir la note 3 de U page ÎW8.

Gui de Steenvoorde alla trouver immédiatement

la famille tërembald qui était réunie, avec ses principaux partisans, au logis de Bertulphe. Fidèle à la leçon qui lui avait été faite h l'avance par le prévôt, il raconta que le comte était furieux et qu'il nn fallait espérer aucune grâce de lui.

Alors les conjurés joignirent les mains en signe d'alliance. Seul, un neveu du prévôt, nommé Robert, s'opposa au pacte de trahison qu'on voulait ourdir, et on ne put acheter son silence qu'en lui persuadant qu'il ne s'était agi là que d'une plaisanterie.

A ces diverses causes personnelles de haine contre Charles, la Légende des Flaments 1 ajoute encore le motif suivant que nous n'avons vu exprimé nulle part ailleurs:* Et ce firent lesdictz conspirateurs, selon que tesmoigne François Irenicus an iij livre de son Histoire d'Allemagne, en vindication que ledict conte Charles avoit soustenu le purty des François a rencontre des Allemans et que nullement il n'avoit peu être suadé à délaisser l'enseigne et parti du roi Loys de France, et accepter, et ensuyvre celuy du dict empereur Henry qui mieux faisoit à cueur et plaisir aux Flamens •» . Mais les divers motifs qu'on a allégués pour expliquer cette conspiration nous paraissent dénués de probabilité. Plusieurs historiens modernes3, qui n'avaient pas suffisamment consulté les sources, ont eu tort de voir dans la révolution de

1 Paris, 1558, in- 19, p. 26.

' * Les bourgeois de la ville de-Brugcs, dit M. de Ségur (Hist. dr France, i\\ 224). voulaient jouir de la liberté communale que Louis le Gros commençait à protéger. Charles le Bon s'opposait à leur affranchissement ; ils l'égorgèrent. •

Bruges un mouvement analogue aux agitations communales du nord de la France. Tout nous paraît avoir été l'œuvre de l'orgueil blessé d'un seul homme, éminemment puissant, du prévôt Bertulphe Erembald.

Le soir venu, les conjurés se réunirent dans la maison d'un chevalier nommé Wnlter, et passèrent la nuit à combiner l'exécution de leur attentat qu'ils fixèrent au lendemain matin, 2 mars 1127

Le palais du comte était contigu à l'église Saint- Donatien * et communiquait par un couloir voûté à une des galeries supérieures 3 : là se trouvait une chapelle où le comte venait entendre la messe chaque matin. Ce jour-là, Charles s'était levé de très-bonne heure, et ayant distribué aux pauvres ses aumônes habituelles, s'était rendu à la chapelle, accompagné de son sénéchal, de son chambellan et de quelques autres personnages de sa cour. Il avait passé une nuit bien agitée. On l'avait souvent averti des dangers qui le menaçaient, mais il avait toujours répondu : « Nous sommes sans cesse environnés de périls ; pour être rassurés, il suffit que nous ayons le bonheur d'appartenir à Dieu. Si d'ailleurs c'est

1 En 1124, scion M. Pélin , en 1 12G, selon M. Le Glay ; en 1123, selon d'autres. Nous choisissons la date de 1127 donnée par Feller, Michaud, Baillct, Rohi bâcher et M.Guizot.

* Vulgairement Saint- Donat. Le Marlyrologium gallicanum l'appelle à tort sancli Domiliani.

* In solarium. M. Guizot, dans une note de ses Mémoires relatifs à l'histoire de France, croit que c'était une tribune. Nous pensons qu'il s'agit d'une de ces grandes galeries qui, dans les églises romanes, s'étendent au-dessus des nefs basses, comme à Saiut- Remi de Reims.

sa volonté que nous perdions la vie, pourrions-nous la perdre pour une meilleure cause que pour celle de lu justice et de la vérité? » Burchard, averti par ses affidés, accourut dans la galerie avec ses complices qui cachaient leurs épéessous leurs umnteaux. Ils virent Charles agenouillé sur un prie-Dieu, lisant à haute voix les psaumes «le la pénitence et distribuant des deniers aux pauvres. Les conjures se partagèrent en deux bandes pour garder les deux issues et ne laisser personne s'échapper. Burchard, s'avançant lentement vers le comte, lui piqua légèrement le cou avec la pointe de son épée; en ce moment, une pauvresse s'écriait tout effarée : Sire comte, gardez-vous ! Le prince avait relevé la tête; Burchard lui brisa le crâne avec son épée et la cervelle jaillit sur les dalles. Les autres assassins l'achevèrent et lui coupèrent le bras droit. Les meurtriers immolèrent h leur vengeance, dans l'église, dans la ville de Bruges et dans le château, tous ceux qu'ils considéraient comme les adversaires du prévôt et les amis du comte. La famille de Tancmar n'échappa point h cette horrible boucherie.

a Chose étonnante, dit le chroniqueur Galbert, le comte ayant été tué le mercredi matin, le bruit de cette mort abominable frappa l'oreille des citoyens de la ville de Londres, le vendredi suivant, vers la première heure du jour; et, vers le soir, cette nouvelle alla jeter la consternation dans la ville de Laon qui, située en France, est a une distance très-considérable de Bruges. C'est ce que nous avons appris par nos écoliers qui étudiaient alors à Laon et par nos négociants qui le même jour trafiquaient à Londres. Per-

sonne, ni à cheval, ni sur mer, n'aurait pu traverser si promptement l'intervalle des temps et des lieux dont nous venons de parler. •

Cependant le corps de Charles gisait depuis longtemps dans le chœur de l'église Saint-Donatien et personne n'osait lui rendre les devoirs de la sépulture. Le prévôt feignit de permettre qu'on procédât à ses obsèques, mais il fit secrètement prier l'abbé de Saint- Pierre de Gand de faire enlever le corps et de l'inhumer dans cette ville. Sur ces entrefaites, il envoya demander a Simon, évêque de Noyon, de venir réconcilier l'église, souillée par un meurtre dont iî se proclamait innocent. Mais le porteur, jeté à bas de son cheval, ne put parvenir jusqu'à Noyon. Quelques jours après, l évêque de cette cité apprit le meurtre de son beau-frère Charles le Bon, et prononça l'anathèine contre tous ceux qui l'avaient accompli ou favorisé.

L'abbé de Saint-Pierre de Gand, pour accomplir le désir du prévôt, voulut enlever dans un cercueil le corps de Charles ; mais les pauvres, les chanoines et de nombreux citoyens s'y opposèrent; ils allèrent trouver Bertulphe, à qui un vieillard dit : c Seigneur prévôt, si vous eussiez voulu agir avec justice, vous n'auriez pas donné, sans le consentement et le conseil des frères, les dépouilles mortelles d'un si grand prince, qui seront un véritable trésor pour notre église. Ce prince a été élevé parmi nous, il y a passé la plus grande partie de sa vie ; c'est au milieu de nous qu'il a péri pour la justice. Si on nous l'enlève, nous avons à craindre la destruction de la ville et de cette église; s'il nous reste, il îmus protégera

LE fi. CHARLES LE DON

contre les châtiments que peut attirer lu trahison dont il fut victime. » Ces supplications ne firent qu'irriter le prévôt: on courut aux amies et la ville allait être ensanglantée de nouveau, quand tous les partis furent apaisés par la guérison d'un enfant paralytique qui avait invoqué l'intercession du B. Charles. On s'empressa alors de venir vénérer les restes mortels du Bienheureux ; on était heureux de tremper des linges dans son sang, de prendre quelques fragments de ses vêtements ou de ses cheveux, dont l'attouchement opéra diverses guérisons.

Le prévôt ne put faire autrement que de laisser accomplir les funérailles; le service eut lieu le vendredi 4 mars dans l'église de Saiut-Pierre-hors-les- Murs 1 ; le corps mutilé de Charles fut mis dans un cercueil et déposé dans un caveau de l'église Saint- Donatien.

La punition des meurtriers de Charles ne se fit point attendre. Nous ne pourrions point, sans sortir de notre sujet, reproduire ici les récits émouvants que font à ce sujet les chroniqueurs du temps ; mais nous ne pouvons pas nous dispenser de raconter, en peu de mots, la fin misérahle des ennemis du comte, puisqu'elle a été considérée partout son siècle comme un éclatant témoignage rendu par la Providence à la mémoire du B. Charles.

Le prévôt avait accueilli favorablement la compé-

* Cette église était située à l'endroit où se trouve aujourd'hui l'estaminet Hel Keersken. La cérémonie ne pouvait point s'accomplir à Téglise Saint-Donatien, interdite au culte depuis qu'elle avait été polluée par un homicide.

3i8 LE B. CHARLES LE BON.

tition de Guillaume d'Ypres, duquel il espérait l'impunité; il lui gagna des partisans, mais les sujet» fidèles de Charles le Bon, sous la conduite du chevalier Gervais qui avait été camérier du comte, traînèrent une conspiration contre le prévôt et ses partisans, et assiégèrent son château. Ils furent bientôt secondés par divers seigneurs de Flandre et par la comtesse de Hollande (pli convoitait pour son fils la succession du trône vacant. Le prévôt et son frère le châtelain Haket, comprenant le sort qui leur était réservé, demandèrent à faire preuve juridique de leur innocence personnelle, et réclamèrent la vie sauve pour leurs neveux qu'ils consentaient à voir bannis à perpétuité. On méprisa ces propositions et le siège continua plus ardent que jamais. Le prévôt fut obligé de se réfugier dans l'église Saint- Donatien, d'où il parvint à s'enfuir dans les marais voisins.

Pendant les horreurs de ce siège, les Gantois essayèrent de s'emparer par ruse du corps de Charles le Bon ; mais ils échouèrent dans leur entreprise. Les seigneurs de Flandre, influencés par les conseils de Louis le Gros, choisirent pour leur souverain Guillaume Cliton, fils du duc de Normandie. Le 5 avril, le roi de France et le nouveau comte de Flandre arrivèrent a Bruges; le H, le prévôt Bertulphe fut livré par Guillaume d'Ypres qui espérait par là se laver de tout soupçon de complicité-, le meurtrier, condamné au gibet, périt à Ypres au milieu des plus cruelles tortures.

Les complices du prévôt, qui soutenaient le siège clans la grande tour de Saint-Donatien, ne se rendirent que le 19 avril. Tous ceux qui avaient trempé

(Uns lu conspiration avaient déjà subi on subirent alors un châtiment proportionné à leur degré de culpabilité. Gui de Steenvoorde fut pendu à Ypres; Eustache de Steenvoorde fut brûlé vif dans les flammes d'une maison où il avait cherché asile ; Wilfrid Knop, frère du prévôt, fut précipité du haut d'une tour avec 28 de ses complices ; Issiac fut étranglé sur le marché de Bruges; Robert eut la tête tranchée à Cassel ; Burohard subit la torture de la roue, en se repentant de son crime.

Les chroniqueurs ajoutent que ceux qui échappèrent aux supplices furent bannis de la Flandre et eurent une triste fin. « Lesquels, dit Pierre d'Oudegherst furent longtemps vagabonds et sans assurée demeure, pour autant que, au moyen de Ténormité du susdict cas, personne ne les vouloit recevoir ; mais enfin ils se retirèrent en Ybernie, où le roy d'Angleterre leur accorda demeure en une petite ysle nommée Ghernia, où ils multiplièrent par succession de temps, en sy grand nombre, qu'en l'an 1287, ils osèrent faire la guerre au roy d'Angleterre Ldouard, mais néanmoins ils furent tous deffaits et déchassés du dict lieu et ceux qui échappèrent devinrent pyrates de mer. Quy doibt servir de préadvertissement à tous roys, princes ou républiques, de ne recevoir ni caresser aucuns traîtres, ni mesme ceux qui seulement sont, par leurs faultes précédentes, tombés en réputacion de telles gens. »

Comme correctif à cette légende» nous dirons avec M. le comte de Van der Straten que « il ne faut pas

1 Chroniques de l'htmht, \>.

croire que cette race ait été vouée, dès le principe, à l'exécration et à la damnation éternelle, comme le «lisent les Annales vernaculx, la Proclamation, Meyerns, Marchantius, et les autres. Il y eut sous le comte Thierry une amnistie générale, un oubli perpétuel du passé, et l'on retrouve les noms d'Lrembald et de Struten, au bus des mêmes chartes et des mêmes actes. »

Marguerite de Clermont ne sut point porter noblement le veuvage d'un prince, dont le martyre faisait rejaillir sur elle un reflet de gloire et de poésie. Elle se remaria bientôt avec Hugues IV de Camp d'Avesnes, comte.de Sain t-Pol, et enfin, en troisièmes noces, avecBauduin d'Ancre, dont elle eut une fille, depuis mère de Gauthier, seigneur d'Heilly *.

RELIQUES

Quand l'église Saint-Donatien *de Bruges, où les assassins de Charles s'étaient réfugiés comme dans une forteresse, eut été prise d'assaut par Louis le Gros, on s'empressa de rendre aux reliques du B. Charles les honneurs qui leur avaient manqué jusque-là. Le 20 avril, on fit la levée du corps, qui n'était nullement décomposé, quoiqu'il fût là depuis sept semaines. Selon l'usage du pays, on le cousit dans une peau de cerf et on l'exposa sur une estrade au milieu du chœur. Le 21, on le transféra à l'église Saint- Christophe, où la messe des funérailles fut chantée en présence du roi Louis le Gros, des barons flamands et du peuple.

L'église Saint-Donatien fut réconciliée et purifiée quelques jours après par Simon, évêque de Noyon ; le 25, on y rapporta le corps du B. Charles V

* Do Canoë, lUsl. des Comtes d'Amiens, 285 » C ette église a été entièrement démolie en 1799.

Philippe de Rodoan IV, évéque de Bruges, fit la levée du corps en 1606 et le déposa dans une châsse qui fut placée sur l'autel de Notre-Dame. Ces reliques furent transférées d'abord dans une chapelle consacrée au B. Charles (19 janvier 1782), puis dans le trésor du Chapitre de la cathédrale de Bruges. On les conserve aujourd'hui dans une chapelle de cette église, où on lit , près de la châsse, cette inscription: Ossa sanctissimi principes Caroli Boni, S. Canuti régis Danix fiiii, Flandrix comitis XIII, vefandx S. Donatiani Basiiicx vastationi féliciter substracta, Brugçnsium pietate erga optimum principem post annos 700 abejus morte non imminuta, nec imminuenda unquam, hic denuo recondita.

On prétend que l'inspection des ossements explique l'exagération des chroniqueurs flamands qui prétendaient que le B. Charles avait une taille de neuf pieds.

CULTE ET LITUKGIE.

Diverses complaintes furent composées, soit en flamand, soit en latin, peu de temps après la mort de Charles. « Hélas, hélas, s'écrie l'une d'elles \ tant que notre seigneur gouverna la Flandre, les chemins étaient sûrs, nul n'osait troubler le pays; et maintenant voilà que nous sommes en proie aux brigands, qu'on nous pille de toutes parts. Le berger est mort, les brebis sont dispersées. Il n'y a plus de justice ; la paix est ensevelie dans le tombeau du prince. On a tranché la téte, et les membres ne sont plus d'accord entre eux. Pleure, pleure, ô Flandre, comme une fille pleure son père, te voilà sans consolation ! 0 malheureuse Flandre, frappe ta poitrine , déchire ton visage avec tes ongles ! Misérables meurtriers, dites quelle furie vous a inspirés ? Comme Judas vous avez livré votre maître. Aussi

1 Baldbhic, Chroniqtte. Appendice ajouté par l'éditeur M. Le Glay, p. 380.

le supplice de Judas vous attend. Encore votre trahison est-elle pire que la sienne : car il n'a fait qu'accomplir les prophéties et concourir à l'œuvre du salut des hommes; mais vous, votre crime a fait le malheur de tous. Allez, et que, dans les enfers, on délivre Tantale, Ixion, et qu'on vous inflige leurs châtiments.... »

Voici une autre lamentation riraée qui a été publiée par les Bollandistes :

Karole, gemma comitum, Dux inciyte, flos militum, Te dolemus immerituin Pertulisse interitum.

Cujus prudens roodestia Et solers vigilantia Sollicite pro patria Tuta Bervabat omnia.

Te exhorrebant impii, Amabant pacis filii ; Bonis locus refugii Malts eras supplicii.

Te luget dulcis Galiia, Pro te gémit Burgundia, Et proxima Britannia, Insuper nostra patria Quai lacrymarum (lumine Exuberans sine fine Flet vacua regimine Privata et rounimine.

O quant bona constantia, Quam constans patientia f Moritur pro justicia P«r quam constabat patria.

Cum esset in ccclesia Intentus in psalmodia,

Orans Dcum mente pia, Emersit cohors impia.

Mox exeruntur gladii.

Jugulant patrem filii, Peiimuntur innoxii Una quatuor socii.

Junguntur amoie pio, Mortis dantur exitio.

Eorum inlcrnetio Fit Flandriœ confusio.

Hic cum duobus filiis Pater truncatur gladiia, Qui eruti ab impiis Cceli fruuntur gaudiia.

Mox istorum coguatio Coropatiens exitio, Luget, gémit corde pio, Ut exigit conditio.

Cesset amodo luere, Studeat precesfundere, Constat animas quœrere Jnvari precum munere.

Pia Dei clementia, Ciesoa pro tua gratia Transfer ad cceli gaudia Ut tecum sint in gloria. Amen.

Le Chapitre de Bruges en 1610 décida que, chaque année, le 2 mars, une messe solennelle de la Sainte-Trinité serait célébrée 5 la (Cathédrale, en l'honneur du B. Charles le Bon. Ce jour-là, on affichait à la porte de Saint-Donatien

l'anathèrae fulminé, disait-on, parl'évôque de Noyon contre les meurtriers du comte : mais c'est undocumentapocryphe, rédigé au XVI0 siècle d'après les Annales Vernaculœ. Molanus ajoute que les fiévreux, pour obtenir leur guérison, buvaient dans le crâne du Bienheureux. On ne lui rend plus aujourd'hui de culte public.

Plusieurs Martyrologes qualifient Charles le Bon de saint et de martyr. Il est inscrit au 2 mars comme Bienheureux dans les Martyrologes de Molanus, Galesini, Canisius, Willotius, Greven, DuSaussay, etc., et dans les anciens Calendriers spirituels du diocèse d'Amiens.

ICONOGRAPHIE

On représente ordinairement Charles le Bon massacré par ses sujets rebelles. A la cathédrale de Bruges, une ancienne peinture sur bois le représente en pied. Depuis longtemps on n'y voit plus sa statue.

Il figure au 2 mars dans les gravures de Sébastien Leclerc ; dans le tome iv, f» 24, de la Collection des saints du Cabinet des estampes (Bibl. imp.) ; et dans X Iconographia sancta donnée par M. Guénebault à la Bibl. Mazarine (n' 4778).

Son image a été gravée par Balthasar dans les Généalogies des forestiers et comtes de Flandres (page 79). Il porte le sceptre et le manteau royal brodé d'hermine. Un chien, qui est à ses côtés, symbolise sa vigilance et sa fidélité.

Un manuscrit de la Bibl. imp., les Anciennes chroniques de Flandres (n° 8,380) contient une miniature représentant l'assassinat de Charles le Bon.

Sur ses sceaux, il est figuré à cheval, vétu d'une cotte de mailles, tenant de la main gauche un bouclier et de la droite une épée, avec cette légende : Karolus, cornes Flandrixet filius régis Dacix. C'est le titre qu'il prenait ordinairement dans ses chartes (Olivier de Wree, Sceaux des comtes de Flandre, pl. 6).

3j\ lk b. chari.ks u: don.

Charles le Bon portait d'or à un lion de stable langue et armé de gueules (/A.).

On conserve au musée diocésain de Bruges un carreau du pavement de la galerie où ce prince fut assassiné et sur lequel, assurc-t-on, son sang aurait jailli.

BIBLIOGRAPHIE

Trois auteurs contemporains ont écrit la Vie de Charles le Bon et se sont longuement étendus sur les événements qui ont suivi sa mort.

Gauthier, archidiacre de Térouanne, qui avait eu des relations intimes avec le comte de Flandre, rédigea son histoire, sur l'ordre de son évéque. Il était absent de Bruges depuis trois jours quand le meurtre fut consommé ; mais il recueillit les renseignements des témoins oculaires. Cette biographie exacte et sincère a été publiée par Sirmond et par Henschenius.

Galbert, syndic de Bruges, composa un récit plus étendu, environ trois ans après le meurtre, dont il avait-été le témoin, c'est-à-dire vers l'an 1130.

Des fragments en avaient été édités par Duchesne et les Bénédictins, lorsqu' Henschenius donna le texte complet . M. Guizot en a publié la traduction dans le tome vin de la collection des Mém. relat. à l'hist. de France.

« Galbert, nous dit-il, était à coup sûr un bourgeois considérable, d'une imagination vive et vraie, bien instruit des affaires de sa ville, de tout le comté, et qui mérite autant de confiance que son récit inspire d'intérêt. Aucun document de cette époque n'est aussi animé, aussi poétique, quoique dégagé de toute fiction ; aucun ne nous transporte aussi complètement au milieu de ces vieux temps, sur la place publique d'une grande commune, dans l'intérieur des maisons et au sein des mœurs de ces bourgeois déjà libres, de ces chevaliers encore si féroces. »

D'autres Actes du martyre du B. Charles, où abondent les erreurs historiques, ont été ajoutés par un Anonyme à la

LU B. CHARLES LE BON. XYi

Vie de 8. Canut, roi do Danemark, composée par le moine .'Klnoth, et publiée en 1631 par J. Meursius.

Suger, dans sa Vie de Louis le Gros, a aussi raconté la mort de Charles le Bon (D. Bouquet, xii, 10).

Une ancienne chronique de Flandre du XIII- siècle, publiée par M. de Smet dans son Recueil des chroniques de Flandre, suit pas à pas le récit de Gauthier en ce qui concerne le B. Charles.

Les Annales Vernaculx composées par Lernutius (1531) ont dénaturé beaucoup de faits par des adjonctions fabuleuses, qu'ont reproduites divers historiens postérieurs, tels que Olivier de Wree, Paul-Émile, Jacques Mcyer, Jacques Marchand, Ant. Sanderus, etc. Plusieurs circonstances paraissent extraites des mystères populaires qu'on jouait à Bruges au XV0 siècle. Aussi avons-nous mis beaucoup de réserve dans les emprunts que nous avons faits aux chroniques de Flandre, et avons-nous eu soin d'en citer la source.

J. Meyer, dans ses Annales de Flandre, p. 40, a publié trois épitaphes de Charles. Les Bollandistes y ont ajouté trois lamentations sur sa mort, qui datent de l'époque de cet événement.

M. Edward le Glay, dans son Histoire des comtes de Flandre , (t. i), a consacré un chapitre à Charles le Bon.

M. le comte de Van der Straten Ponthoz a publié en 1 85 i une brochure intitulée : Charles le Bon, causes de sa mort, ses vrais meurtriers. Il y prouve que c'est à tort qu'on a donné le nom de Van der Straten aux meurtriers de Charles le Bon qui s'appelaient Érembald, comme le prouvent tous les documents contemporains. Le chef de la famille Van der Straten était Tancmar ; ainsi on a confondu le nom d'une des victimes de ce drame avec celui des bourreaux.

MM. Delepierreet Perneels, avocats, ont publié en 1831 une Histoire du règne de Charles le Bon qui abonde en fausses interprétations, parce qu'ils ont voulu voir dans le drame de Bruges une révolte de l'aristocratie féodale contre un protecteur des libertés du peuple. M. Capefigue (le Drame de Charles le Bon) s'est placé à un point de vue tout

différent et aussi faux, en présentant la révolte de Bruges comme une sédition de métiers. Son récit d'ailleurs est rempli de faits eontrouvés.

Nous avons indiqué dans les notes précédentes le titre des trois brochures que M. l'abbé Carton a consacrées au règne du B. Charles le Bon.

Outre ces nombreux documents, et les ouvrages de Bal-

DERIC, A. DE BlJDT, COLLIETTE, Du CaNGE, FERRY DE

Locres, Iperius, H. Martin, Molanus, Oudegherst, Rohrbacher, Ol. de Wree, cités dans le cours de cette biographie, nous avons consulté :

Orderic Vital, liv. xii. — J. Meyer, Annal. Flandrûr, lib. iv. — J. Marchand, flandrix libris iv comment, descriptu. — Ant. Sanderus, Flandria Ulustrata. — Pantoppidanus, Gesla Danorum extra Daniam, n, 398. — Dr. Smet, Becueil des chroniques de Flandre, i, 66, 71, 76, 281, 577; n, 20, 50, 51, 70, 696, 699.— Les Généalogies et chroniques des comtes de Flandre, publiées par M. Pertz dans le tome xi des Monum. gerinanica. — Beaucourt, Tableau fidèle des troubles et des révolutions arrivées en Flandre, i. — Kerwin de Lettenhove, Hist de Flandre, I, 1. v. — De Saint-Génois, Note* sur Charles le Bon,, dans les Bulletins de l'Académie royale de Bruxelles, ix, 253. — Les Vies des Saints de Giry, Baillet, Godescard, Guérin, Pétin, etc. — Nous devons quelques bienveillantes communications à M. l'abbé Volf, secrétaire de l'évéché de Bruges.

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