RELIQUES ET MIRACLES POSTHUMES
Quelques années après la mort de S. Évrols, une pieuse et noble femme, nommée Théolène ou Thiculaine, lui érigea un riche tombeau, qu'abrita bientôt une église, batic par Robert, évéque de Paris, disent la plupart des historiens \ mais plus probablement par Chrodebert, père de Stc Angadrème 8. Un couvent de femmes s'éleva à l'ombre de ce sanctuaire. Stc Angadréme, qui en fut la première abbesse,
1 lie dêi Saints du Diocèse de Deauvais, p 252.
* Gallia c/iristiana, MM. Guaves, Dklettue, etc.
3 L'ubbé Dni.ADiiEi E, Notice sur l abbaye de Saint- Paul.
S. ÉVROLS.
vprouva l'efficacité do l'intercession de S. Évrols : un jour, ayant tire ses reliques de leur tombeau, pour conjurer un incendie qui commençait a dévorer une partie de l'abbaye, leur présence arrêta soudain l'envahissement des flammes. Le corps du saint fut remis dans son tombeau, enveloppé avec des aromates dans des linges blancs et des étoffes de soie.
Une hymme de l'office de Ste Angadrème, célèbre ainsi ce miracle :
Crebra festinaa tumulos adiré Martyrum, spirat rediviva bustis «Hts fides ; 8acrrc nova carpls inde Scmina flammse.
Dum tuam mentem saccr urit ardor, Elevans artus aridos Ebrulfi, Impctum flamma' cohïbca voracem Inclyta signii.
Au moment de l'invasion des Normands, vers l'an 838 les reliques de S. Évrols, ainsi que celles de Ste Angadrème, furent transférées à la cnthcdralc.de Bcauvais. Elles furent portées, en 1069, à In dédience de l'église Saint-Quentin de Beauvais, à laquelle assistait Gui, évéque d'Amiens (d'Achery, Sp/'cileg., éd. in-f°, t. i, p. 135).
L'auteur d'un livre des Miracles de S. Évrols, écrit au XVe siècle *, nous rapporte les faits suivants :
C'était en 1457 ; un pieux et recommandablc citoyen de Beauvais, nommé Nicolas Pamphon, était marié depuis quatorze ans, sans avoir eu de progéniture. Ces époux désolés imploraient sans cesse Dieu et S. Évrols pour qu'ils lissent cesser cette regrettable stérilité. Le bienheureux apparut une nuit à Nicolas et lui annonça qu'il aurait bientôt un fils. Ce fervent chrétien, sans mettre un seul instant en doute la réalité de cette prédiction, alla s'agenouiller dans la cathédrale, et rendit grâce au saint abbé, dont les
1 Mnbi'lon dit vers l'jm 850.
1 AjhkI Bon.. 05 juill.
S. ÉVROLS
roliqucs étaient exposées à la vénération des fidèles. Il devint père dans le cours de l'année et, pour témoigner sa reconnaissance, il fit à l'église de grandes libéralités pour la construction d une nouvelle chasse. Ses dons ne suffisant point, on sollicita les offrandes des fidèles, en promenant par tout le diocèse et même dans ses environs, les reliques de S. Évrols. Entre Beauvais et Montdidier, à Quimquempoix, une paùvre veuve, nommée Radolpha, âgée de 92 ans, aveugle, impotente, chargée d'infirmités, se fit porter près de la chasse, et recouvra la santé et la vue.
Près de Pontoisc, un prêtre qui, depuis quatre ans, souffrait horriblement de la pierre, sans que fart des médecins ait pu soulager ses douleurs, fut guéri par l'intercession du saint.
A Caudebcc, une jeune fille possédée du démon fut amenée par ses parents auprès de la châsse. Enchaînée par des liens de fer, comme c'était la coutume !, écumant de rage, elle éprouva bientôt la merveilleuse intercession de S. Évrols et recouvra complètement la liberté de son esprit.
Notre chroniqueur ajoute que les reliques du saint opérèrent encore beaucoup d'autres prodiges dans les campagnes, les châteaux et les villes, et que surtout elles mirent fin à la stérilité des femmes qui les avaient invoquées avec un véritable esprit de foi.
Le corps de S. Évrols a disparu do la cathédrale de Beauvais pendant les troubles de 1793.
CULTE ET LITURGIE
S. Évrols est patron secondaire du diocèse de Beauvais, où on l'appelle Évrou. L'église d'Oroer est sous son vocable ; une chapelle lui était dédiée dans l'église abbatiale de Saint-Paul de Beauvais.
On célébrait jadis sa fête à l'abbaye de Saint-Fuseiennu-Bois. Sa mémoire était complètement oubliée dans ce
1 Manicis, sicut talcs soient, alligata fïrrcis.
S. ÉVR0L8.