ET S'° HONESTA
Les nouveaux Bollandistes pensent que le S. Just qu'on honorait à Zutphen (sueldre hollandaise), où son corps était conservé, pourrait bien être le compagnon d'Arthème, bien qu’on ait cru qu'il s'agissait du jeune enfant martyrisé en Bcauvaisis. En effet, dans les calendriers septentrionaux, S. Just est inscrit au {1 octobre, tantôt seul, tantôt avec S. Arthémie et Ste Honesta, tantôt seulement avec l'un des deux. Il paraît que c’est aussi au martyr du Monchel qu'appartiendrait une partie du chef, conservée jadis chez les Frères Mineurs de Trèves et aujourd'hui dans l’église paroissiale de Saint-Charles, à Anvers (18 octobre. D: Sancto Justo puero, p. 337).
CULTE
Le culte de S. Just et de S. Arthémie, fort ancien au Monchel, fut introduit au XIII° siècle, à la Cathédrale d'Amiens, par l'évêque Gérard de Conchy qui, comme son nom l'indique, appartenait à une famille dont le domaine était voisin du Monchel(Ms. de pe Courr, t. 1, 1. ir, Chap. XLIN).
C'est au XIV® siècle que son culte fut étendu à tout le diocèse. Du moins, c'est à cette époque que nous voyons apparaitre les noms de S. Just et de S. Arthémie dans les calendriers de nos missels et de nos bréviaires. Ils sont marqués également au 17 octobre dans les Missels de 1498 et de 1506, dans les Bréviaires de 1528, 1539, 1550 et de 1554. Leur fête disparait des bréviaires de La Martonie et de Mgr Faure, pour reparaître au 18 octobre dans celui de Mgr de la Motte, au 17 dans celui de Mgr Mioland. La première date a été reprise dans notre Propre actuel et dans celui d'Arras.
Les noms de S. Just, S. Arthémie et Ste Honesta sont inscrits dans un calendrier de l'abbaye de Lira, rédigé au XIII: siècle et publié par D. Martène (Thes. anecd. 111, col. 1605), dans plusieurs manuscrits du Martvrologe
174 $. JUST, S. ARTHÉMIÉ
d'Usuard et dans l'édition imprimée en 1490. Ils sont reproduits dans le martvrologe d'Amiens et dans celui de Chätelain.
S. Just est le patron du Monchel. On <'v rendait jadis en pèlerinage de tous les points des diocè. ‘ie Boulogne, d'Arras et d Amiens. Cette fête religieus.: ‘it supprimée par le curé, M. Henquenet, en 1775, à la suite de nombreux désordres qu'avaient amenés ces agglomérations. M. l'abbé Niquet a rétabli ce pèlerinage où se rendent annuellement environ deux mille personnes. Le 10 octobre, on se rend processionnellement avec la chässe au monticule appelé la Tombe de S. Just.
ICONOGRAPHIE
Un marbre sculpté, d'environ 50 centimètres, représentant S. Just et S. Arthémie, avec une inscription, se trouvait jadis dans l'église du Monchel. Après la destruction de l'église, en 93, cette sculpture resta longtemps délaissée au milieu des décombres et fut enfin vendue pour la modique somme de deux francs. On en voit à peu près la moitié incrustée au mur extérieur de l'église de Conchy. Mais la sculpture et l'inscription sont tournées contre la maçonnerie, et la face apparente a servi à une époque récente pour l’épitaphe d'une famille Richebé.
Malbrancq nous apprend qu'on voyait dans l'église du Monchel une verrière représentant Ste Constance (lisez Honesia).
BIBLIOGRAPHIE
C'est dans un bréviaire amiénois du XIV®* siècle (n° 113) que nous avons découvert la légende la plus ancienne relative aux martyrs du Monchel. Elle a probablement été composée à cette époque, d'après des traditions locales
ET s* HONESTA. 175
peu dignes de confiance. La troisième et dernière leçon se termine par l'ordre que donne le roi de Toulouse ‘ d'aller à la recherche de ses fils. Est-ce que la suite du récit aurait paru trop fabuleuse, même à cette époque ? La légende complète, sans modification pour le commencement, se trouve dans un recueil ms. du XVI° siècle de la bibliothèque d'Aix en Provence, intitulé : Vitæ, passiones et translationes sanctorum diœcesis ambianensis. Grâce à lobligeance de M. Rouart, conservateur de cette bibliothèque, J'ai pu constater que c'était le même ouvrage qu un manuscrit conservé à nos Archives départementales sous ce titre : Extractum ex bibliotheca insignis ecclesiæ Ambianensis, Claudio Gellée, secretarie et notario, anno 1564. Le P. Ed. Carpentier a publié, dans la continuation des Acta Sanctorum (t. vi, oct., p. 369), un commentaire sur nos trois Saints, les lecons du Bréviaire de 1554, celles du Bréviaire de M. de la Motte et un extrait de Malbrancq. Nous avons indiqué dans les notes les autres sources où nous avons puisé. Ajoutons que nous devons à M. Dehttre, ancien curé de Conchy-sur-Canche, la communicaon des procès-verbaux et de nombreux renseignements.
! Notons que le nom de ce roi est omis pour une singulière raison : Rex quidam cujus nomen in libro vitæ non invenitur scriptum, et ideo est tacendum