REFRAIN
Soulagez lu misère, Millefort !
Écoutez ma prière, Mes transports.
Priez pour nous, Ô doux et tendre Père, Reconnaissez vos enfants à genoux ; Abaissez-vous, voyez notre misère ; Patron chéri, priez, priez pour nous.
S. MILLEFORT, NARTYR. 291
Priez pour nous; que nos cris de souffrance Retentissent ct s'élèvent jusqu'à vous,
Oui, jusqu'à vous, Protecteur de l'enfance ; Secourez-nous, priez, priez pour nous.
Priez pour nous, votre voix pure et tendre, Du Dieu vengeur fléchira le courroux.
Le Roi du Ciel se plaît à vous entendre; Intercédez, priez, priez pour nous.
Priez pour nous ; un jour avec les Anges, Nous vous dirons un hymne des plus doux.
Nous chanterons en commun vos louanges ; Heureux élu, priez, priez pour nous!
Vers 1850, on bâtit à Saint-Aubin-Rivière une chapelle qui fut dédiée à S. Millefort. Elle fut érigée par les parents d'un enfant qui avait été guéri dans un pèlerinage à la Bouvaque.
Le pèlcrinage de Saint-Aubin-Rivière se fait le cinquième dimanche après la Pentecôte, et nuit parfois, par sa coï-n cidence, à celui de Saint-Germain-sur-Bresle.
Un procès-verbal des reliques du prieuré de N.-D. de Montdidier mentionne des reliques de S. Guinefort ‘, S'agit-il là de notre S. Millefort ?
Sur le chemin de Soreng à Bazinval, dans le canton de Blangy (Seine-Inf.), on trouve une chapelle dédiée à S. Millefort. La tradition du pays de Bray est que Millefort était domestique, qu’il vint servir à Soreng et que la jalousie des autres serviteurs fut cause de son martyre ?. On voit que c’est à peu près la légende picarde, mais avec uue autre attribution de lieu. On va en pèlerinage à Soreng le mardi ile la Pentecôte, pour les langueurs des enfants.
Toussaint Du Plessis * nous apprend qu'il y avait une chapelle dédiée à S. Guinefort, près d'Arques,et une autre à Gonfreville-l'Archer. Une ancienne maladrerie de Dam-
1 DE BEAUVILLÉ, Histoire de Montdidier, 11, 454. ? DECORLE, Essai hist. sur le canton de Blangy, p. 686. 3 Descript. de la Haute-Normand, 1, 114, 494.
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martin en Goële (Scine-et-Marnc), était sous le même vocable !,
On voit à l'église de Saussay-en-Caux une statue de S. Dignefort tenant ses entrailles dans ses mains; on l'invoque pour les coliques. On prétend qu'il aurait été martyr et évêque de Meaux (?). Sa fête se célèbre le {1 mai *. Il ne faudrait donc pas le confondre avec notre S. Millefort.
À Bouillant, canton de Crépy (Oise), on vénère dans l'église une statuette où se trouve l'inscription suivante :
S. Guinefort marf
Qui guérissés des
Langueurs prié Pour nous.
Les individus atteints de fièvres invétérées emploient des linges frottés sur la statue *.
S. Guinefort était jadis en grande vénération à Piscop, dans l'arrondissement de Pontoise : c'était le patron de la chapelle seigneuriale, construite en 1211 par Pierre de Piscop. On ignore si ce croisé introduisit alors le culte de S. Guincfort ou s'il ne fit qu'en rehausser l'éclat. L'abbé Lebeuf * en faisant dériver Piscop du mot anglais bishop (évêque), suppose qu'un saint évêque de la Grande-Bretagne se serait retiré dans cet endroit. D'après les renseignements qu'a bien voulu me fournir M® Le Caron de Cauley, propriétaire du château de Piscop, la chapelle dédice à S. Guinefort a été détruite en 1859; mais l'église paroissiale construite en 41840 a été dédiée sous le double vocable de Notre-Dame et de S. Guinefort. La tradition du pays est complétement muette sur l'origine et l'histoire du patron, ct les recherches qu'ont faites à ce sujet les habi-
1 Du PLessis, Iist. de l'église de Meaux, 11, 628. ? DECORLE, Canton de Forges-les-Eaux, p. 9.
3 GRAVES, Stalist. du canton de Crépy, p. 113. * ist. du dioc. de Paris.
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tants du château, dans leurs archives de famille et ailleurs, sont restées complétement infructueuses.
BIBLIOGRAPHIE
Outre les ouvrages cités dans les notes, nous devons. mentionner ici les renscignements que nous ont fournis Madame Le Caron de Cauley, M. Vimeux, curé de La Neuville-sous-Corbie, M. Donzelle, curé de Cérisy-Gailly, M. Binet, curé de Camps-en-Amiénois, ct M. Rousselle, curé de Bertaucourt-les-Dames.
P.S.— Pour ne rien négliger de ce qui peut avoir rapport à S. Millefort, ou du moins à son nom, nous relevons l'anccdote suivante, consignée dans le récent ouvrage de M. Lecoy dela Marche, intitulé : La Chaire française au XTT T° siècle : « Dans le diocèse de Lyon, une quantité de bonnes femmes venaient s'accuser à Etienne de Bourbon, lorsqu'il y confessait, d'avoir porté leurs enfants à saint Guinefort. Intriguë et flarant quelque légende apocryphe, le prudent missionnaire prit des informations sur ce pèlerinage inconnu, et découvrit que c'était simplement le tombeau d'un lévrier, tué injustement par son maitre et honoré comme un martyr par des invocations sacriléges, »