‹ Haine d'amour [par] Daniel LesueurChapitre 4 sur 10 · HAINE · texte numérisé non relu

HAINE

ai prie le juj irtir. l'ai VU que

le docteur faibli je suis descendue avant

lui...

Elle ajouta, en passant légèrement igts

sur le front du m

— Oh! ne chamment vos sourcils. Pardonnez-moi .. 1 nd'peur vous ne vous fissiez du mal I

— Est- ce sûr, demanda Vincent, qu'il revier 1 1 n ?

— Oui, oui... demain matin. Il est aussi pre que vous.

Le quelque chose de soupçonneux et d'inquiet qui s'était éveillé chez Dalgrand se dressa de nouveau en lui, moins inconscient, plus aigu. Et, dans la journée, cela pril crut

arquer que Mmc Mr :ait qu'il ne

fût pas là quand le juge d'instruction ini raie Vincent

Depuis l'a Robert circulait sans cesse

entre Paris et Villenoise. Parfois il passait la nuit au château. C'était quand il y arrivait dans la soirée. Ce jour-là, étant venu de Paris par le premier train, il comptait s'en retourner avant le dîner, pour ne pas condamner Lucienne à une solitude trop longue. Mais il trouva que M san s'occupait, par extraordinaire, un peu trop de son départ. File avait donné bien vite l'ordre de faire atteler à trois heures pour conduire M. Dal-

grand à la gare. Puis, s'informant de l'heure où il faudrait le faire chercher demain, elle avait dit :

— Pas trop tôt le matin, n'est-ce pas? Nous aurons le juge d'instruction... On pourrait oublier d'envoyer la voiture... Et déjà on devra le chercher lui-même, au train d'Évreux.

De telles objections, dans une maison où les nombreux attelages n'avaient plus rien à faire, et de la part de Sabine, qui laissait d'ordinaire tous ces soins au premier piqueur, — affectant même de ne pas se poser en maîtresse vis-à-vis de la valetaille, — ne pouvaient manquer de frapper Dalgrand, surtout dans l'état d'esprit où il se trouvait.

« Elle veut certainement, » se dit-il, « que je n'assiste pas à l'interrogatoire de Vincent. Mais pourquoi?... Il faut que je sache. Je resterai, et je l'observerai. Ces diables de petites cervelles féminines... On ne sait jamais quelles bizarres combinaisons peuvent s'y établir. »

Robert, qui ne manquait pas de finesse, malgré la franchise large de sa nature, ne déclara pas brusquement qu'il voulait rester à Villenoise. Il sut se faire retenir par Vincent. D'après une idée qu'il lui suggéra, le malade se mit en tête de le garder jusqu'au lendemain.

— Vois-tu, dit celui-ci, je serais bien aise que tu fusses là en même temps que le juge. Tu connais tout de ma vie... Tu auras peut-être une idée

3}0 IIAINF I» A M

qui ne nous viendrait ni à lui, ni à moi. Puil i m'évitera Li fatîgUC éme

récit, les mémo- je dirai sera

nouveau pour roi, puisqu'on DC permis de parler d

Robert l'interrompit en riant.

— Et tu en dis bien long, cependant Alt

vard! C vais aller dans toi : téléph nnc.

Le malade secoua la tête. Pui sentait vraiment las, il fît signe d'ex-

pliquer quelque chose.

Celle-, a< la pré lier

sa contrariété. File prit un air ghn

— Le téléphone du château ne communique pas avec Paris dit-elle. Il n'y a que celui de l'usine. Téléphonez à l'usine, qui téléph

Paris. Ou bien allez à l'usine. choix.

— Je vais à l'usine, dit Robert. Cela me promènera. Et je rapporterai à Vincent des nouvelles de tout son mon

Quand il revint, deux heures après, il trouva M. de Villenoise assoupi. Dès le seuil, il vit le doigt levé de Sabine. Il s'assit donc à distance, et se mit à déployer un journal, avec toute la lenteur nécessaire pour que le papier ne criât pas.

Mme Marsan se leva et, souriant d'un air gracieux, vint se placer sur un siège plus proche de l'inventeur. Elle avait donc réfléchi sur sa

propre maladresse? Comme il était sous l'influence d'une prévention, Robert trouva maintenant quelque chose d'exagéré dans la politesse qu'elle lui témoignait.

— Nous pouvons parler, dit-elle à voix basse. Ce n'est pas encore, malheureusement, le sommeil de la santé. C'est un accablement plus profond. Pauvre ami!...

— Il a dormi tout le temps de mon absence? demanda Robert.

— Tout le temps. Et ça va bien, là-bas, à l'usine?

— Comme sur des roulettes. On travaille ferme. Et tout ce monde-là ne pense qu'à lui. Ah! il est sincèrement aimé.

— Il le mérite bien. Mais lisez votre journal, monsieur Dalgrand. Tenez, moi aussi, j'ai ma lecture.

Elle lui montra un roman commencé. Ils échangèrent encore quelques réflexions sur le sujet et sur l'auteur, puis Sabine se renversa contre le dossier de son fauteuil et éleva le livre, derrière lequel son visage disparut. Robert ne voyait plus que ses deux mains allongées et pâles, qui soutenaient le volume.

Lui-même s'absorba dans la politique. Mais, de temps à autre, la blancheur de ces mains sur la reliure foncée l'attirait, et il relevait les yeux.

Tout à coup il se pencha vers elle, frappé par une remarque :

3 ] 2 HAIKE I

— Tiens' mais votre bague ...

plus?

Sabine eut un grand sursaur. I lie retira mains si vivemenr que le livre tomba sur DOUX.

— Oh! comme vous m ar!

En effet, elle restait Même, et tout son corps tremblait.

— Mon Dieu! dit-il, que je suis t vrai... J'ai parlé trop brusquement... Mai

venir de cette bague m Y u tout à coup...

El vous m'aviez dit, à Dinant, que jamais cl! quitterait votre d

— J'ai eu le malheur de la cas bine, qui se remettait avec peine.

— De la casser

— C'est-à-dire... la miniature.

— Comment cela? Vous l'avez heurtée

— Probablement.

— Ht la miniature s lueî

— Fendue... brisée en morceaux... Enfin elle est tombée.

— Vous avez les débi ;

— Non.

— Tiens, pourquoi? On aurait pu recoller, raccommoder la chose, peut-être. Mais vous devez être désolée, vous y teniez tant!

— Que voulez-vous!. .

Cette exclamation d'une banalité résignée

étonna Robert. Il crut remarquer de la gêne dans l'attitude de Mmc Marsan. Aussitôt il insista beaucoup sur ce léger malheur. Où cela s'était-il produit? Elle avait dû se faire mal? car il fallait un choc assez violent pour briser cette petite plaque d'ivoire doublée d'or, surtout en plusieurs morceaux.

Elle ne se rappelait pas. Avait-elle eu le loisir d'yprêterattention quand Vincentétait àlamort? La miniature s'était détachée. Et s'il y avait plusieurs morceaux, c'est qu'ensuite, probablement, on avait marché dessus. Le fait est que la miniature n'existait plus, et que, par conséquent, on ne pouvait la replacer dans le chaton de la bague.

— Pourquoi ne portez-vous pas au moins l'anneau? demanda Robert, qui s'amusait à prolonger l'embarras visible de Sabine.

— Parce que Vincent aurait pu remarquer... Bien vite elle expliqua :

— Cela lui aurait fait de la peine... l'aurait impressionné comme un présage. Quand il sera guéri, je lui dirai.

Un doute ironique pointait dans les yeux de Robert.

— Pourquoi me regardez-vous comme cela?

interrogea Sabine avec un air de hauteur. Si vous ne me croyez pas, allez regarder dans cette bonbonnière, là, vers le milieu de cette vitrine. Vous y trouverez la bague.

Il le Fit comme elle le lui disait, poussé par un sentiment irrésistible, qui su pprimail toute galanterie, et presque toute pol -car il blait douter Je sa parole. Dans la bonbonnière, il trouva l'anneau d'or, avec la doublure du chaton, toujours entourée par la guirlande en marcassites. Mais, de la miniature, il ne restait qu'un fragment encore solui la monture, lin examinant l'objet avec attention, il remarqua que l'anneau, pourtant ancien et nu était déformé, G : le chaton I

— Diable! murmura-t-il, avec un ton plein d'une méfiance voulue, il a fallu un fameux ch<

Instinctivement il se sentait sur la piste de q que petit n.\ minin. Aussi, quoiqu'il n'y

attachât guère d'importance, il s'i par

malice, à prendre des airs soupçonne sur Sabine des regards capables de troubler la conscience la plus pure. A son grand étonnem il la vit se lever, et ma relier vers 1 ne telle

expression de fureur mêlée d'effroi qu'il en fit un pas en arrière.

— Rendez-moi cette bague! dit-elle.

Il la lui tendit tout de suite. Et aussitôt il en eut du regret, en constatant la surprise et la joiemal dissimulées de Mmc Marsan. Une détente se produisit en elle. Sa main, crispée sur le bijou, s'enfonça dans sa poche. Mais, en même temps, elle essaya de rire.

HAINE D AMOUR } } f

— Allons! reprit-elle, vous feriez un mauvais juge d'instruction. Ne vous essayez plus à jouer ce rôle-là.

« Un juge d'instruction!... » Le mot eut un retentissement tragique dans l'esprit de Robert. Cette bague avait donc un rapport quelconque avec le crime?... Ce n'est pas le hasard qui fait monter aux lèvres certaines syllabes à certains moments décisifs. En ce jour, et à Viilenoise, on ne parlait pas de juge d'instruction sans songer au drame qui occupait toutes les pensées. Une femme comme Sabine n'aurait pas fait une plaisanterie pareille, si quelque impulsion venue des profondeurs mêmes de son âme ne l'eût poussée à prononcer cette phrase.

« J'en aurais su davantage, » se dit Robert, ce si j'avais feint de garder cette bague. La crainte que je m'en emparasse a fait perdre la tête à cette impérieuse créature, quand elle a vu que j'examinais le bijou de trop près. Elle a peur que je ne soupçonne quelque chose... Et, de fait, je soupçonne beaucoup... Mais quoi?... dans quel sens?... dans quel ordre d'idées?... Je serais bien embarrassé de le dire. J'ai pourtant un jalon maintenant. L'accident arrivé à cette bague coïncide certainement avec le coup de revolver tiré sur mon pauvre ami. Partons toujours de là. Nous arriverons peut-être à un résultat que Mme Sabine elle-même ne saurait pas découvrir. »

3 )6 H uni d'amour

Justement pou-

vait mieux, après son long sommeil, il luppli chère garde-malade de consentir à prendre enfin UO repas régulier ndre dîl

Elle fit moins* de façons qu'il [tendait

comme elle montrait même de la gaieté, pre une nuance de coqu le malade se mit à

les taquiner toi; int d'impru-

dence, prenant plaisamment ombrage du te; tête qu'il provoquait lui-me:

— Ah! enfin... %\ Ile. l'entends v< bon rire. O Dieu!... J'ai eu tellement peur d plus jamai

Un sanglot lui coupa la parole. 1 lie se pencha vers son amant... Et — tandis que, par discrétion, Robert s'éloignait — les bras amaigris du b! enveloppèrent le buste fin qui tout lui: ;ne.

— Chère Sabine!... Ma chère tem:

— O mon Vincent

Ils se donnèrent un long baiser. Puis, la première, pour ne point le fatiguer par trop d\ tion, elle détacha leur ctreii

— Va, ma chérie, dit-il, avec un ton d'attendrissement profond.

Elle se dirigea vers la porte. Mais, sur le seuil encore, elle lui envoya, des lèvres et des doigts, une caresse avec un sourire.

Robert, qui avait compté sur ce repas en têteà-tête pour surprendre quelque indice du secret

de Sabine, se leva de table plus désorienté qu'auparavant. Il s'était retrouvé en face de la charmeuse admirée en Belgique. Une source mystérieuse de joie — ouverte, sans qu'il le sût, par un mot de Vincent — transfigurait de nouveau la changeante créature. Et, devant l'épanouissement de sa gaieté, dans le vol fantasque de son esprit, sous le rayon de ses yeux fiers, Dalgrand perdit sa pénétration d'analyste et d'observateur. Pourtant il garda l'impression de méfiance éprouvée dans l'après-midi, — impression trop vive et trop nette pour s'effacer de sitôt.

Durant les heures silencieuses de la nuit, d'étranges idées le hantèrent.

Quand il se les rappela, au matin, en entrant dans la chambre de son ami, Robert crut avoir été le jouet d'un cauchemar.

Tout semblait harmonie et joie dans cette chambre, même sur la physionomie du malade. M. de Villenoise allait beaucoup mieux, et sur son visage pâle se peignait cette ivresse que cause à ceux qui ont vu de tout près la mort la sensation du retour à la vie. Sabine avait changé de toilette. Sa femme de chambre était venue avec une malle. On avait mis de côté la robe sombre et simple, portée pendant des jours et des nuits. La jeune femme — car elle paraissait jeune ce matin-là — semblait vraiment la châtelaine de Villenoise, dans l'élégance et l'intimité de son

chez-elle, vêtue qu'elle était Sun souple costume d'intérieur, d'un blanc l .. rendu

vaporeux par la profusion des dentelles. Ses magnifiques cheveux noirs, partagés i jours en deux bandeaux sur le (font, n'étaient tordus en chignon, mais pendaient en une I grosse natte, dont le bout attaché,

irpillait en lourds ann folles bien au-dessous de b ceinture. Robert lut surpris de la grâce que cette coiffure n donnait i beauté plutôt

lui semblaient 6l puis la veille. Il est vrai

que la fraîcheur inattendue des joues et des lè-

jlacdes yeux le résultat d'une première nuit de compL et l'effet d'une absence toute nouvelle d'inquiétude, devaient être attribués peut-être pi tement à un imperceptible et sa\

Quoi qu'il en fût, cette radieuse silhouette minine, et on ne sait quel air de fête répandu dans la pièce, — l'attirail des médicaments disparu, des gerbes de chrysanthèmes disposées avec goût, — puis surtout peut-être l'allégresse de vivre étincelant dans les yeux de cet homme jeune, couché dans ce lit qui avait failli devenir son lit de mort, tout ce spectacle, embrassé d'un coup d'oeil, fit s'ouvrir le cœur un peu serré de Robert Dalgrand.

— Tu nous admires, hein? s'écria gaiement

M. de Villenoise. Nous nous sommes faits beaux. Regarde-moi donc !

Et il carrait en riant ses épaules amincies dans un joli veston de flanelle à ganses de soie.

— Oh! le fat, riposta son ami du même ton. Toi, beau?... Par exemple!... J'aime mieux regarder Mme Sabine.

— Tiens!... dit Vincent. Et l'embrasser peutêtre... Allons, vas-y, je te le permets.

Robert effleura galamment de sa moustache la poudre de riz si habilement étendue sur la joue de Mme Marsan. Puis tous trois se mirent à échanger des taquineries sans prétention, des drôleries niaises, tous les enfantillages par où le cœur et l'esprit se détendent, après les grands travaux et les grandes anxiétés.

Un domestique vint demander si M. le juge d'instruction, avec son greffier, pouvait être reçu par M. de Villenoise.

On les fit entrer. Le magistrat prit un siège tout près du malade. Le greffier s'assit à une petite table, que l'on débarrassa de plusieurs bibelots pour qu'il pût écrire. Aussitôt M. de Villenoise demanda la permission pour Mme Marsan et pour son ami Robert d'assister à l'entretien. Le juge connaissait déjà ces deux personnes. Il acquiesça avec un empressement poli.

Dès le début de la séance, les facultés observatrices de Dalgrand s'aiguisèrent en face d'un

34 ï HAII :OUR

tout petit tait. Il observa que Sabine s'asseyait derrière le juge cr à contre-jour.

« Décidément, » se dit-il, « elle a quelque chose à cacher, — quelque chose qu que je veux surprendre u! quel

rapport peut-il y avoir entre un se.

femme, qui tient à Vincent plus qu'a sa pn vie, et le crime qui a failli le lui enlew

Il se plaça lui- ; le

mieux possible. Mai- . qu'elle

vira d'un m< tible, et, po

SOn coude SUI le br.i teuil, du côté de

Robert, elle y appuya sa tête de sorte qu'il ne vit plus son visage.

a Oh! oh! ma belle,» pei lonc

sérieux? .. Nous avons donc vraiment

M. de Villenoise raconta au juge tout ce qu'il savait de l'attentat dirigé c une.

C'était peu de chose. Et cependant il avait aperçu l'assassin.

— Vous dite?, monsieur, que cet homme sautait d'un rocher sur l'autre, et que le b indiquait beaucoup de hardiesse, de léger demanda le magistrat.

— Une hardiesse étonnante, monsieur. J'en ai été saisi, même dans ma situation critique.

— Donc l'homme est jeune, murmura le juge. Vincent releva le m

— Jeune!... Oh ! je le crois. Dans ma pensée,

ce serait plutôt un jeune garçon qu'un homme fait.

— Sur quoi basez-vous cette supposition?

— Mon Dieu !... C'est difficile à dire... Sur la silhouette, l'allure du corps, et — je puis presque affirmer — l'absence de barbe. Mais, monsieur, autant je distingue nettement cette rapide vision quand je ferme les yeux, autant je suis incapable de la fixer par des mots, d'en détailler le moindre trait. C'est une impression plutôt qu'une image... Et cependant, je la vois.... Il me semble que je la vois!...

M. de Villenoise, en prononçant ces derniers mots avec force, projeta le buste en avant.

Dalgrand crut remarquer — mais il n'en fut pas sûr — que Sabine avait eu comme un léger haut-le-corps en arrière.

— Nous avons fait une première perquisition, monsieur, reprit le juge, vers l'endroit d'où nous supposions qu'était parti le coup de revolver. Mais cet endroit, nous ne le connaissons pas avec certitude. Et si vous voulez bien le déterminer exactement... aussi exactement, du moins, que votre mémoire...

— Monsieur, je puis vous l'indiquer à un mètre près. Et s'il m'était possible de m'y rendre, je crois que je vous désignerais la broussaille d'où l'on a tiré. Si vous partez du château...

Il commença une description minutieuse de

3^2 HAINI t> AMOUR

l'itinéraire à suivre, puis de l'ai enfin du point pi

— D'ailleurs, ajouta-t-il, \ m ami Dalgrand qui doit N i peu de ch. l'endroit dont je parle, et qui vous y conduira. Tu vois cd pas. Ri . I I pointe du (

dément ont roulé, se sont arréu Le juge IC tourna l'inventeur

qui faisait : a Oui, » de la u

— Et, tiens! reprit Vincent, frappé dune kl Le joli saut de n ohomme, eh bien, il l'a

ité un peu plus haut, en remontant, de 1

a l'autre de ces deux i entre

lesquelk i proposé un jour en riant de

construire ton premier pont en aluminium.

— Ah! très bien, j'y suis, dit Dalgraod,

— Alors, dit le juge, l'hon dans les rochers... Pourquoi?... Quel chemin rcj«»ignait-il au somn.

— Aucun. Il ne pouvait que redescendre de l'autre côté par un sentier en pente douce. Mais il se mettait momentanément hors de portée. Car, pour le rattraper, il eût fallu bondir aussi U ment que lui, ou faire un très grand détour.

— N'y a-t-il pas, demanda le magistrat, une excavation vers la partie supérieure de la colline?

— Oui, un trou étroit et profond, que nous appelons le Puits du Diable.

A ce nom, Robert vit distinctement trembler la main sur laquelle reposait la tête de Sabine.

— J'ai déjà pensé à faire fouiller ce trou, remarqua le juge.

Mme Marsan changea de position, prit une de ses mains dans l'autre. Mais, comme malgré son effort visible pour se raidir le frémissement nerveux continuait, elle se leva, fit deux pas dans la chambre. Et bientôt elle parut très occupée à disposer différemment les chrysanthèmes d'une des gerbes.

Robert n'osa la suivre des yeux. Il se sentait devenir tellement pâle et craignait tant une trahison de son regard, qu'à son tour il enfouit sa tête dans ses mains.

Mais tout de suite il repoussa le soupçon inouï qui venait de le traverser comme un éclair.

« Elle a peur qu'on ne fouille ce trou, parce qu'elle y a jadis jeté quelque lettre peut-être, un de ces riens compromettants que toutes les femmes gardent parmi les chiffons de leur armoire à glace, et dont elles ne se débarrassent qu'à la dernière extrémité. Voyons, est-ce que j'ai eu un instant de folie? Qu'est-ce que j'allais imaginer là?... »

Enfin maître de son propre trouble, il revint à la conscience de ce qui se passait pour entendre Vincent expliquer que des fouilles dans le Puits du Diable n'amèneraient guère de résultat.

— Les roches se resserrent vers cinq à six

Page 1