XVIII
les monarques onl donné des lois à
presque tonie l’Asie : non , je soupirais après des menions rasés et tirs habits a queues d’hirondelles ; et pour dire vrai, je sentais que j’aimerais mieux faire par' lie de la foule du Graben à Vienne , ou de notre Bond-Street, que d’errer librement et solitairement au milieu des ruines des palais de Darius.
Enfin le jour démon départ arriva : et je quittai la Perse avec des livres remplis de remarques, et des portefeuilles abondamment garnis d’esquisses originales.
Pendant le voyage, mes pensées étaient tout absorbées par des projets pour l’avenir; et peut-être, comme tout autre voyageur , nourrissais-je une espèce de conviction délicate et secrète d’avoir vu et observé des choses que personne n’avait vues et observées avant moi ; et que si je venais à livrer au monde le fruit de mes observations, je produi rais une sensation égale au moins à
la découverte d’une nouvelle planète.
Je passai an pic 1 du vénérable mont Ararat , et fus assez, heureux pour arriver dans un moment favorable pour traverser les froides régions de l’Arménie ,
Nec Armeniis in oris stat glacies iners rnçnses per omnes
Je traversai les dangereuses frontières de la Turquie et de la Perse, sans aucun événement digne d’être cité. Mais je dois vous prier de prêter une attention indulgente à ce qui m’arriva à Tocat, car c’est à cet événement que vous devez cette lettre, et le public, les volumes qui l’accompagnent.
Ce fut à la fin d’une journée de voyage extrêmement fatigante , que moi et mon escorte, composée de deux Tartares, deux domestiques et les conducteurs des bagages, et des chevaux de poste , entrâmes dans la ville de Tocat. Notre approche fut, comme il est d'usage, annoncée par les hurlemens des Surujees , qui exerçaient extraordinairement
leurs poumons à mon service, parce qu’ils sentaient que ces cris, précurseurs du repos et du repas, ne pouvaient qu’être agréables «à des voyageurs las et découragés comme nous. La lune brillait avec éclat, quand notre cavalcade faisait retentir la longue route pavée qui conduit à la ville; elle éclairait, avec une grandeur imposante, la crête des rochers à pic qui nous environnaient. En entrant à la poste, je fus immédiatement conduit dans la chambre
des voyageurs, où, après m’être débarrassé de mon manteau, de mes armes, eide mes grosses bottes, et m’être misa * l’aise dans mes pantoufles et ma robe de chambre , je goûtai tranquillement la tasse de café très-fort et le chibouk qui me furent apportés aussitôt, et ensuite
mon plat de riz, ma volaille coriace, et ma jatte de lait caillé.
Je me préparais à
passer la nuit sur
les sofas de la maison de poste, où mon
lit était été étendu, quand un étranger