XI
et continuant jusqu’à sa fin, nous aurions lieu d’espérer alors d’arriver à la connaissance désirée.
C elle c i versation , mon révérend monsieur, est restée gravée dans mon esprit ; car ayant beaucoup vécu dans les pays orientaux, je n’ai jamais perdu de vue la possibilité de rencontrer un naturel du pays qui eut écrit ses propres aventures, ou déformer une telle intimité avec un Oriental, que je pusse l’engager à me faire le récit fidèle de sa vie,
et , par ce moyen, me procurer des matériaux que mon imagination pensait avec plaisir rassembler utilement. J’ai toujours respecté plusieurs des coutumes et des mœurs des Orientaux , qui paraissent si ridicules et^si repoussantes aux Européens en général, parce que je les ai toujours considérées comme des copies d’anciens originaux. En effet, qui peut trouver dégoûtante la coutume de manger avec ses doigts (comme on le fait encore aujourd’hui dans rOricnt,où
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deux ou plusieurs individus niellent!eurs mains dans le même plat), quand il a lu ce passage de notre histoire sacrée: « Celui
qui met la main au plats en même
temps que moi, etc.? >' Je dois avouer que toutes lesfois que, dînantavec mes amis orientaux, j’exéculais cette opération très - naturelle, quoique cependant on puisse concevoir que je respecte fort l’usage des couteaux et tles fourchettes, je ne pouvais m’empêcher de me regarder comme le témoignage vivant d'une ancienne coutume et de l’authenticité des récits d’où dépend notre bonheur.
Toutes les lois que j’entends répéter celte exclamation si fréquente en Perse, à l’occasion des moindres tracasseries :
cf Quelles cendres sont tombées sur ma tête ! » Au lieu de rien voir de ridicule dans cette expression , je ne puis m’eropêclier de méditer sur la coïncidence qui me prouve d’une manière frappante la vérité d'une des expressions les plus communes de douleur, citées dansl'an- ' ien Testament.