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sous lequel, pour la plupart du lems, je m’étais jusque-là montré dans la vie, et j’adoptai celui de cahib salcvi . ( homme de plume), pour lequel, après mes malheurs, et l’épreuve que j’en avais faite en quelque sorte à Kom , je sentais alors une grande prédilection. s *
« Il ne me conviendrait pas' maintenant , me disais je à moi-même, de mou' ter nn cheval, ni de paraître armé de toutes pièces comme j’avais coutume de
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l’être, le sabre au côté ^ mes pistolets a la ceinture,, et une carabine derrière le dos. Je ne ferai pas non plus faire.la
pointe à mon bonnet, et ne le mettrai pas de côté, comme je le faisais avant^
avec mes longues boucles pendantes derrière mes oreilles -, mais je l’envelopperai d’un scliall, ce cpii me donnera un nouvel aspect -, outre cela, je couperai la frisure, ce qui fera connaître au inonde que j’ai renoncé à lui et à ses vanités. Au lieu de pistolets, je porterai un rouleau de papier à ma ceinture; et au
^cu Je boîte à cartouche, un koran , °n travers sur moi. Je cesserai de marier sur la pointe des pieds, de tortiller ^on corps, et de visser ma taille, et en- ^ Jl1 (le prendre les airs d’un kasheng (damoiseaujque je me permettais lorsque
1 dais sous-député de l'exécuteur en chef, ^l’avenir je marcherai le dos courbé, les yeux fixés sur la terre, les mains at¬
tachées sur le devant de ma ceinture, ou pendantes à mes côtés, et mes pieds se tireront l’un après l’autre, sans donner le moindre signe d’orgueil dans leur dé- Oiaiche. Tout dépend d'avoir l’air de s ° n caractère, car, si par Lazard il m’ar-
1 lve de dire une sottise, elle passera pour ( | e la sagesse, lorsqu’elle, viendra d'une figure mortifiée et d’une tête enveloppée d’un schalldemollah, surtout lorsqu'elle s era accompagnée d’un profond soupir, et d'une exclamation d'Allah ho akbar !
Qu allait, allait, il allait ! et si par hasard, je me trouve Lice à face avec un homme d’un savoir réel, et que je sois appelé à
soutenir mon caractère , je n’ai qu’a pa*
raître sage, serrer les lèvres et garder strictement mon secret. D'ailleurs? j e
sais lire ; et par la pratique que j'ai résol 11
d'adopter , je ne serai pas long temps a écrire comme il faut : cela seul , en me
mellant à meme de copier le koran , lXlC
donnera des droits au respect du monde-
Je passai mon temps à de semblables i' e '
flexions, jusqu’à ce qu’il s’agît de décider
où je dirigerais mes pas; tout me disait
que je devais tirer parli de la bonne irt 1 '
pression que j’avais laissée derrière moi* dans l’esprit du muslitehed de Koin et
de scs disciples , car il paraissait cire l'homme le plus en état de m'aider dans
ma nouvelle carrière ,* il pouvait me re^ commander à quelque mollah de sa
connaissance , qui me prendrait pouf son scribe ou son domestique , et m’ap"
prendrait la conduite que je devrais tenir ; d’ailleurs , je l'avais quitté si bruS'
quement, quand , par son intercession ?
j’avais été élargi de ma prison dans 1 e
Sanctuaire, que je sentis que j’avais encore unedelte de reconnaissance à payer.
«Je lui porterai un présent *, dis-je, il ne dira pas que j’ai oublié ses bontés. » En Conséquence, je cherchai dans mon esprit ce que je lui offrirais , et je me déterminai encore à lui faire présent d un tapis à prier , que j’achetai aussitôt ; réfléchissant qu aussi bien , il me ferait un siège commode en le pliant couvenablement sur la selle de ma mule.
J’avais alors à peu près fini tout ce que j’avais à faire avant mon départ. J’étais tout équipé pour mon voyage , et je me
nattais que mon extérieur était celui d’un rigide mollah. Je ne pris pas sur moi d’en porter le titre, mais je laissai cela aux circonstances ; en meme temps répilhêlc d'Ilajji, surnom qu’on m’avait donné lorsque j etais enfant, vint alors fort à propos à mon aille , pour m'aider as rnlenir mon nouveau caractère.
J’avais encore un devoir à remplir* c’était de payer les frais de funérailles de
mon père. J'avoue que, frustré comme je l’avais été de mon patrimoine légitime, je sentais qu’il était dur qu’une telle dépense tombât sur moi ; et plusieurs fois j’avais projeté de partir d’Ispalian sans que personne le sût, pour que le fardeau Jtombâl sur Fâkhon et ma mère , auxquels je voulais réserver l'honneur de payer: mais ma conscience l’emporta; et rélléchissant qu'en agissant ainsi je mériterais tout-à-fait l'odieuse épithète, de peder-sukhtéh (i), je nliésitai pas davantage , et me rendis chez tous ceux qui avaient assisté au convoi, savoir, les mollahs, les pleureurs, et les laveurs de morts, et leur payai ce qui leur était du.
(i) Peder-sukhti’h est l’injure qu’on trouve plus souvent dans la bouche d’un Persan : elle veut dire un homme dont le père brûle dans le feu éternel.-
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