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placé sur les crochets. On alluma le feu, et un de nos hommes fut posté auprès, pour de temps en temps tourner le rôti qui ne tarda pas à être prêt. Pour varier, quelques-uns des premiers morceaux, avec la graisse de la queue , furent coupés , embrochés sur une baguelte et rôtis séparément. Le mouton fut servi sur sa broche ; et mes hommes tombèrent dessus avec le plus grand appétit, tandis que, par distinction , on me donna pour ma part les .morceaux cuits séparément.
Pendant ce temps, le jour était tombé entièrement, et Yusûf n’avait pas paru.
Nous nous arrangeâmes alors pour dormir, un ou deux de mes gens étant chargés de veiller aux chevaux. A peu près àuneheure après minuit, quand la lune était sur le point de descendre, nous entendîmes un cri d’appel dans le lointain ; puis un second , plus distinct et plus prés de nous. Aussitôt nous fumes en alerte; et les cris étant répétés, nous
ne punies douter plus long temps du retour de l'Arménien. Alors nous répondîmes à sa voix, et peu à près nous le
vîmes paraître. Il était presque épuise de fatigues ; mais il eut cependant encore la fo rce de me raconter ce qui lui était arrivé depuis qu’il nous avait quittés.
11 m’appritquen entrant à Uamamlû, il avait été reconnu par quelques-uns des soldats russes qui avaient échappé à l’attaque des Persans dans son village , et qu’ils l’avaient fait entrer aussitôt dans le tort et Vy avaient traité avec amitié.
Ou r avait conduit devant le commandant, qui l’avait questionné beaucoup
sur le sujet de sa visite ; mais le prétexte qu’il cherchait sa femme, avait levé toutes difficultés. D'ailleurs, la ruine de son village, celle de la propriété de sa lamille, et les connaissances qu’il avait sur les lieux, fournissaient -tant de matière à conversation, qu’on ne pouvait soupçonner ses desseins. On l avait laissé aller et venir dans le fort, et ses ques-
lions prudentes, et ses propres observations, l’avaient mis à meme de me fournir les informations que je désirais sur la force et la position de l’ennemi, avec quelques conjectures sensées sur la nature et la probabilité de leurs opérations futures. Alors, il était parvenu à s’évader sans qu’on s’en aperçût, avant que les portes de la place fussent fermées ; et il avait regagné les montagnes sans le moindre empêchement.
Ayant permis à Yùsûf de prendre du repos et de la nourriture , et étant maintenant parfaitement convaincu que son histoire était vraie, et (pion pouvait ajouter toute confiance à son intégrité, j’ordonnai à ma troupe de se tenir prête à retourner à Érivân. Yùsûf eût la permission de monter en croupe derrière mes cavaliers, quand il se sentait fatigué parla marche; et, de cette manière, prenant les chemins les plus courts pour passer les montagnes, nous regagnâmes te village d’Ashtarek. Pendant que nous
nous reposions pour nous rafraîchir, nous et nos chevaux, et pour apprendre de l’exécuteur en chef quels étaient les mouveméns du serdar, je permis au jeune’homme de visiter sa femme. Il revintrayonnant de joie , car il l’avait trouvée presque rétablie de sa chute, et plein de reconnaissance de la bienveillance et de l’hospitalité avec laquelle on l’avait traitée.
Le serdar etTexécuteuren chefavaient quitté Érivân, et étaient maintenant campés pies de la résidence du patriarche arménien. Nous y dirigeâmes nos pas, accompagnés de Yûsùf.
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