‹ Hajji BabaChapitre 4 sur 25 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

llajji Baba rend compte de ses démarches à scs chefs, et se montre l’ami du malheureux.

Le monastère d’Elchmiazin ainsi appelé dans la langue arménienne, ou

Utcli Kiissch , ou les Trois-Églises, par les Turcs et les Persans , est situé dans une plaine vaste et bien cultivée, arropar PAraxes, et plusieurs petites sources. Il s'élève au pied de la haute montagne d’Agric-Dagli , que les Chrétiens, et particulièrement les Arméniens, ont eu grande vénération, parcoque, comme me l’apprit Yûsûf y c’est sur son sommet élevé que Parche de Noé s’est an ètée. Le monastère et Péelise, célè-

bres dans toute l’Asie par les richesses qu’ils renferment, sont enceinls de liantes murailles et fermés par de lourdes portes massives. C'est là que le chef vie

l’église arménienne réside constamment

avec une suite immense d’évêques , de prêtres et de diacres qui forment la masse qui fournit au clergé de la plupart des églises arméniennes de l'Asie. Le titre par lequel il est connu dans la Perse est celui de kbalifcb , ou calife, dénoininalionquclés Musulmansa\ aient coutume de donner autrefois aux sou-

verain's qui tenaient leur siège à Bagdad, parce qu elle signifiait chef du gouvernement civil aussi bien que religieux. Les Chrétiens le connaissent généralement sous le nom de patriarche,- et son église est un terme de pèlerinage pour les Arméniens, qui s’y rendent en foule, à

des époques marquées, des différentes parties du monde.

Nous y dirigeâmes donc nos pas. Nous aperçûmes les camps réunis du serdar et de f exécuteur en chef, étendant leurs tentes blanches en Punire irrégulière à

l’entour du monastère ; et avant d’at-

teind

re les murs

, nous apprîmes que les deux chefs y avaient établi leur quartier général et qu ils étaient les hôtes duca-

— « Nous brûlerons les pères de ces giaours (infidèles), dit le jeune delikhan, en galopant vers moi, joyeux dapprendre celte nouvelle; et nous nous dédommagerons des fatigues que nous

( iG )

avons essuyées , en buvant abondamment leur vin.»

— « Vous êtes Musulman, lui dis-je, et vous parlez de boire du vin ? Vous deviendrez vous-même un giaour. »

— « Oh! quanta cela , répondit-il , le serdar boit du vin comine aucun des Chrétiens , et je ne vois pas pourquoi je n’en boirais pas. » •

% . Quand nous approchâmes du monastère , j'appelai Yùsûf et lui dis de se tenir prêt, quand je l’appelerais , à confirmer quelque serinent que je pusse juger ulile à ses propres intérêts. Je lui recommandai surtout, quand il viendrait à parler des services qu’il avait rendus, de s'écarter de la vérité autant qu’il le voudrait, de faire valoir des dangers imaginaires , et surtout de grossir les sommes qif’il avait dépensées pour le service et l’avantage du serdar et du gouvernement du shah. « J’espère à ce prix , lui dis-je, que vos comptes seront balancés

par la restitution de voire femme, de laquelle , après de grandes difficultés , tous consentirez enfin adonner un reçu

en bonne forme, pour solde de compte. >* Ainsi convenus, nous traversâmes l’arche pesante qui conduit dans la première cour du monastère. Nous la

trou\ âmes encombrée par les équipages et les domestiques du serdar et de l’exécuteur en chef. On voyait çà et la , des files de chevaux , attachés avec des cordes à des chevilles, et leurs valets établis en différens coins au milieu de leurs selles et de leurs harnois : Tun des coins était occupé par des mules qu'on distinguait à l’éternel tintement de leurs sonnettes, et aux disputes non moins

continuelles de leurs conducteurs.

Les chevaux des principaux valets étaient dans la seconde cour, eL leurs

maîtres habitaient de petites chambres qui garnissaient deux des côtés.

Nous mîmes pied à terre âla première cour, et je m'informai aussitôt du quar-

lier qu'occupait mon maître l'exécuteur en chef. Il était midi, et j’appris qu’il était avec le serdar,devant qui je fus immédiatement conduit tout botté, en habit de voyage, et couvert de poussière et

de crotte.

Ils paraissaient avoir lout-i-fait pris possession du sanctuaire arménien , et dépossédé le calife de sa place et de son autorité j car ils s’étaient logés dans sa chambre meme, tandis que les pauvres piètres allaient et venaient en baissant humblement les yeux, comme s’ils eussent été honteux d’étre les habitons légitimes de leur propriété* Les chevaux favoris des deux chefs persans étajent

attachés près des murs de l église , et on veillait plus attentivement à ce qu’üs ne manquassent de rien, qu’à ce que les Arméniens eussent leurs aises.

Mon lecteur connaît déjà la personne et le caractère de l’exécuteur en chef.

Avant de continue]’, je dois aussi lui faire connaître le serdar. Jamais on ne vit un

homme d’un aspect plus sinistre; ses yeux qui,dans /expression ordinairedesa physionomie, ressemblaient à deux morceaux de verre opaques, brillaient d’un éclat terrible lorsqu’ils s’animaient, el sortaient presque de leurs orbites ridés. Quand cela arrivait, on remarquait toujours qu’uA

sourire correspondant s’échappait de sa bouche, ce qui faisait dire au poète du shah, que la figure déliassait Khan ressemblait à Agri-Dagh , la montagne près de laquelle il \ ivait ; que,quand son sommet était couvert de nuages, et que le soleil brillait dans la plaine, on pouvait être sûr d’un orage. Le temps avait tracé sur ses joues deux rides profondes , que ne cachait pas sa barbe rare, malgré toutes les peines qu’il prenait pour la faire épaissir; et le même ennemi l'ayant privé de toutes ses dents, à l'exception d’une seule qui sortait de sa bouche, avait produit de profondes cavités, qui donnaient aux poils rudes qui couvraient légèrement sa lace, l’apparence de paille

brûlée sur le penchant d’une vallée. Il était difficile de dire s’il tenait plus du tigre que du houe; mais il est certain que jamais figure humaine n’eut plus d'analogie avec celle d’une brute que la sienne. Son caractère répondait à ses regards ; car aucune loi humaine ou divine n’avait pu mettre un frein à sa sensualité; et quand ses passions étaient excitées, ils ne mettait point de bornes à si violence et à sa cruauté. Mais avec tout cela , il avait quelques qualités qui lui attachaient ses serviteurs : il était libéral et entreprenant, et possédait beaucoup de vivacité et de pénétration ; il agissait si politiquement envers le gouvernement du shah, qu’il en était toujours traité avee la plus grande confiance et la plus haute considération; il vivait dans une magnificence de prince, se faisait remarquer par son hospitalité, et ne faisait point mystère de l’irrégularité de ses moeurs comme Musulman ; il était franc et ouvert dans ses manières, affable

envers scs inférieurs, et le meilleur ccnnpagnon pour ceux qui partageaient ses débauches. Il n’existait pas de plus grand buveur de vin en Perse, excepté son .

compagnon actuel, l’exécuteur en chef, qui, tant qu’il pouvait s'y livrer sans encourir le déplaisir du shah , avait passe un éternel traité d’alliance entre sa bouche et tous les pots de vin qui tombaient sous sa main.

Ce fut devant ces deux dignes personnages que je fus introduit, suivi de deux ou trois de mes principaux soldats. Je restai à l'entrée de fapparle-

ment, jusqu'à ce qu’on m’adressât la parole.

(( Vous êtes le bien venu, dit l’exécuteur en chef ! liaj ji, sur mon âme, ditesmoi combien vous avez tué de Russes?

Avez-vous apporté une tôle, voyons ? »

Alors le serdar reprit, et me dit; « Qu’avez-vous fait? les Russes sont-ils.

sur la frontière? quand les attraperonsnous ? h

Ce à quoi je répondis en masse, après avoir prononcé le préambule ordinaire :

(( Oui, Aga, j’ai fait tout ce que j’ai pu faire. Ce fut une heure heureuse que celle à laquelle nous partîmes; car je suis à même de vous expliquer tout ce que vous désirez savoir. 11 est évident que les destinées du serdar et de mon maître sont à leur apogée, puisqu’un esclave aussi insignifiant que moi a pu leur être utile. »

— » Le bonheur n'est pas une mauvaise chose, il est vrai, dit le serdai ; nous nous fions beaucoup à nos sabres aussi; » et il roula ses yeux en disant ces mots, et sourit à la face de l’exécuteur en chef.

— »Oui, oui, dit son compagnon, les sabres et la poudre à canon, les lances et les pistolets, voilà nos astrologues.

Ce sera toujours une heure fortunée , que celle qui nous mettra à meme de trancher la tête d'un infidèle. Quant à moi. je suis une kizzil bash ( tète rouge).*

cl je n’ai point d'autres prétentions. Un bon cheval, un sabre affilé, une lance à la main, et un vaste espace devant moi rempli de Moscovites, voilà ce qu'il me la ut. »

— » Que dites-vous du bon vin aussi , (lit le serdar? il me semble que c'est bien une chose aussi bonne que celle dont vous avez parlé. 11 faut faire venir le calife, et lui faire donner à llajjî une coupe de son meilleur. — Mais avant, continuat il en s'adressant à moi, dites-nousce que vous avez vu et fait ? où les Russes sont-ils postés? combien sont-ils? ont-ils quelques canons? qui les commande? où sont leurs Cosaques ? avez-vous entendu parler des Géorgiens? où est le commandant eu chef des Russes? que font les Lcsgî ? où est le renégat Ismael-Kban ?

Allons, dites-nous tout. Et vous, Mirza,

dit-il à son scribe, écrivez ce qu’il dira. »

Alors je me levai, et prenant un air d'importance , je lis le discours suivant :

u Par laine du serdar! par le sel du

l’exécuteur en chef! les Moscovites ne sont rien. Ce sont de vrais chiens en comparaison des Persans. Moi , qui l’ai vu de mes propres yeux, je puis vous dire qu'un Persan, avec une lance en main, tuerait dix de ces misérables créatures sans barbe. »

— « Vraiment, male lion, s’écria mon maître, charmé en apparence de ce que je disais ! j’ai toujours pensé que vous feriez quelque chose. Laissez faire un Ispahani, il montrera toujours son bon sens. » . •

» 11 n’y a que peu. de Moscovites sur la frontière. Cinq, six, sept ou huit cents, peut être mille ou deux mille, mais certainement, il n’y en a pas davantage.

Ils ont dix, vingt ou trente canons ; et quant à leurs Cosaques (putchand ) , ce n’est rien. Il est très-incommode qu’on les trouve partout où on les attend le moins ,, avec leurs lourdes lances , qui ont plutôt l’air d’un gourdin à bœul, que d'une arme de guerre; et il est surtout

gênant qu’ils tuent. Cela est vrai ; mais ifs sont montés sur (lesjn^ows (rosses), qui ne peuvent jamais être comparées à nos chevaux qui valent quarante ou cinquante tomaunschaque, et qui sont hors de vue avant qu’ils aient pu mettre les leurs au galop. »

— « Pourquoi vous épuiser à parler des Cosaques et de leurs chevaux , dit l’exécuteur en chef? vous pourriez tout «aussi bien parler de singes montés sur des ours. Qui commande les infidèles ? »

— «On l’appelle le deli mayor (le major enragé) ; et la raison pour laquelle

ils le nomment ainsi , c’est qu’il ne fut jamais. On en cite des exemples sans nombre. On dit entr’autres choses qu’il

s’est emparé du koran de poche du serdar, quM montre à tout le monde comme un grau d trophée. »

— «Ah! c’est vrai, s’écria le serdar !

ces chiens de banqueroutiers m’ont surpris l’année dernière, ils n’étaient campés qu'à cinq parasanges d'ici, et je n’eus

. (-sG )

que le temps (le me sauver en chemise et en caleçon , sur ie dos d’un cheval sansselle. Il s'ensuit qu’ils ont pillé ma tente ; enlr’autres choses, ils m’ont volé mon koran. Mais je le leur ai bien revalu. Je leur ai montré ce que je savais faire à Gavmishlû, et nous avons encore bien des choses à faire sur la fosse de leurs pères. Combien avez-vous dit qu’ils avaient de canons ? »

— « Quatre , cinq ou six. »

.— « Je viens d écrire vingt ou trente il y a un instant, remarqua le mtrza , qui écrivait au bord du lapis ; laquelle des deux assertions est vraie ? »

— « Quoi! nous diriez-vous des mensonges, s’écria le serdarV et ses yeux s’animaient de plus en plus en parlant.

Si nous trouvons que rien de ce que vous dites soit faux , par la tête d’Ali !

vous verrez bientôt qu'on ne rit pas a nos barbes avec impunité. »

En vérité, luidis-je, ce renseignement ne vient pas de moi. La grandeur de la

fortune du serdar et de mon aga , vient dece que j’ai rencontré, sans y penser, un moyen de me procurer les informations les plus exactes, par ^intermédiaire d’un jeune Arménien, qui a risqué sa vie pour nous , sur la promesse que je lui ai laite, au nom du serdar, qu’il recevrait récompense. »

Alors je lui racontai toute Hiisloîre de Yûsuf, depuis le commencement jusqu'à la fin. J’espérais, en plaidant sa cause de celte manière et aussi publiquement devant le serdar, qu’il lui serait impossible de résister à la j uslice de la demande que je lui faisais, et que mon jeune protégé serait Lout-à-coup débarrassé de ses craintes sur le ressentiment du chef, et rendu à la libre possession de sa femme.

‘ Q uand j’eus fini de parler, le serdar ne répondit rien. De temps en temps, un allait ! allait, il allait! il n’y a qu’un Dieu! s’échappait de la bouche des Mahométaus présens. Alors le serdar, ayant roulé ses yeux autour de lui, et pincé sa

bouche en différentes formes, murmura enfin : « Cet Arménien a opéré des merveilles. » El il appela ses domestiqnes , en leur criant d’apporter sa pipe d’eau.

Après avoir fumé deux ou trois longues hou(Fées , ii dit : « Où est cet Arme-

Zj

nien? ordonnez au calife de venir ici. »

Sur quoi Yûsùffut introduit, comme

ou pousse ordinairement, avec brutalité, un pauvre homme de sa nation en présence d’un grand de Perse. Il parut en face de Rassemblée , comme le plus beL exemple de beauté male qu’on ait encore vu ; son air intrépide fit évidemment la plus forte impression sur tous ceux qui.

étaient présens. Le serclar en particulier *

fixa ses yeux sur lui d un air approbateur ; et, se tournant vers l’exécuteur en chef, il fit des signes bien connus aux Persans , pour témoigner sa grande admiration.

Le calife, homme lourd et épais, à la figure joviale et rubiconde, couvert du capuchon noir, que porté le clergé ai>

ménien, parut bientôt après, suivi de deux ou trois autres prêtres. Après être resté quelque temps devant le serdar et son compagnon, il fut invité à s’asseoir, ce qu’il fit, non sans tout le cérémonial et les complimens possibles, et en se couvrant les pieds et les mains, de la manière accoutumée en ces occasions.

Alors, le serdar s’adressa en ces termes au calife : « Il est clair que nous autres musulmans sommes moins que des chiens dans la terre d’Iran; Les Arméniens s'introduisent dans nos harems, dérobent nos femmes et nos esclaves devant nous, et invitent les hommes à souiller les tombes de nos pères. Quelle nouvelle est-ce là , ô calife ? Est-ce une œuvre d'aüah

ou de vous?» -

Le calife attaqué d'une maniéré aussi

inattendue, parut très-alarmé, et la

sueur perça sur son large front poreux.

L’expérience lui avait appris que ces

sortesd'attaquesétaient généralement les

avant - coureurs de quelque lourde T. m. 2

amende, et il se mettait déjà en posture de s’en défendre.

— « Quel est ce langage, répondit-il ?

nous, quels chiens serions-nous donc pour oser meme penser au mal dont parle votre hautesse? JN 7 ous sommes les sujets du shah , vous êtes notre protecteur, et les Arméniens se reposent en paix sous votre ombre. De quelle espèce d’hommes est donc celui qui a apporté ces cendres sur nos têtes? »

— « Le voici, répondit le serdar, en montrant Yiisuf \ dites, jeune-homme, avez-vous volé une esclave, ou non ? »

— « Si je suis coupable, dit le jeunehomme, d’avoir pris à aucun homme d’autre iemrae que la mienne, me voici prêt à en répondre de ma \ie. Celle qui

sYst jetée de votre fenêtre dans mes bras

était ma femme avant d’étre votre esclave.

Nous sommes tous deux des rajats du shah, et vous savez mieux que personne si vous pouvez ou non les traiter en es* claves. iNous sommes Arméniens , il est

vrai ; mais nous avons des sentiment d'hommes. Il est bien connu dans toute la Perse que notre illustre shah n'a jamais forcé le haremmêmedu plus pauvre de ses sujets ; avec ce sentiment, comment aurais-je pu supposer, ô le plus nobledesserdars, quenousne recevrions pas la même protection sous votre gouvernement? Ou vous a certainement trompé quand on vous a dit que c’était

une prisonnière géorgienne ; et si vous eussiez su quelle était la femme d’un de vos paysans, vous n’en eussiez jamais lait votre propriété. »

Le calife effrayé du langage du jeune homme l’arrêta par de bruyantes acclamations de colère ; mais le serdar, frappé en apparence d'un langage aussi nouveau pour ses oreilles, an lieu de s’en fâcher, en paraissait ravi, si les regards d'une semblable ligure pouvaient toutefois exprimer le ravissement. 11 fixait le jeune homme u’unœil étonné,et paraissait oublier les raisons qui l’avaient

amené devant lui. Tout-à-coup, oubliant sa première indignation, il suspendit toute discussion en lui disant :

« Assez , assez ; allez reprendre votre femme, et n’en parlons plus ; et puisque vous nous avez été utile à Hamamlû , vous resterez à mon service, et vous me suivrez particulièrement. Allez, mon premier valet vous instruira de vos devoirs. Quand vous serez revêtu des habits qui conviennent à votre situation , vous reviendrez en ma présence. Allez, et souvenez - vous que ma condescendance envers vous dépend de votre conduite à l’avenir. » A ces mots, Yüsuf, dans la plénitude de son cœur , courut au devant du serdar, avec les plus

grands témoignages de reconnaissance; il tomba à ses genoux , baisa le bord de son vêtement, ne sachant que dire , ni

quelle contenance garder, au milieu d’un bonheur aussi inespéré.

Tous ceux qui étaient présens parurent étonnés. L’exécuteur en chef haussa

les épaules et (it un grand bâillement:

le calife, comme s’il eut été déchargé d’un poids immense, étendit ses mem.

bres; les grosses gouttes qui brillaient avant sur son front disparurent, et sa figure reprit sa bonne humeur. Tous félicitèrent le serdar sur son humanité* et sa bienfaisance, et le comparèrent ail célèbre Noushirwan. Bariskallah et Mashallah furent répétés de bouche en bouche; et le récit de sa magnanimité s’étendit au dehors et devint le sujet de la conversation de tout le camp. Je ne prétendrai pas expliquer quels étaient les véritables senti mens du serdar, mais ceux qui connaissaient bien l’homme , convinrent qu'il ne pouvait être poussé par aucun motif généreux.

^uuu\m\v«ummu\\nvAwv wumu\ww\>wu»wu\umï

Page 1