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« état de grâce » : les pulsions instinctuelles tendent à s’éteindre, puis à disparaître sans laisser de traces.
— un second groupe garde de ces pulsions disparues une sorte de « schéma affectif » qui se traduit sous forme de conduites et tend à se répéter. Ce sont les attitudes œdipiennes persistantes, équilibre instable, parfois source de conflits, les « situations triangulaires » d'Hélène DEUTSCH.
— un troisième groupe, enfin, est celui dans lequel les pulsions se réveillent de façon périodique ou définitive et deviennent l’origine de troubles graves. Le schéma œdipien a dégénéré en complexe d’'Œdipe, les tendances n’ont pas été éliminées, elles ont, au contraire, gardé leur « réalité psychique » et se projettent dans le délire.
Seulement, le sujet n’en est pas conscient. « Alors que les images ainsi formées demeurent vivantes en notre cœur et éclairent notre esprit, le cœur et l’esprit restent aveugles aux sources affectives dont elles proviennent et qui persistent à les investir de leur pouvoir fascinant ».
A l'heure actuelle où, délaissant le domaine de l’abstraction, la Psychologie aborde une phase expérimentale, elle cherche à soumettre ses affirmations à l’épreuve de la vérification. Nous essayerons d’étayer, par des preuves expérimentales, notre théorie affective des hallucinations. Bien loin de revenir aux théories mécanistes, les apports fournis par lexpérience scientifique à la compréhension de l’affecüvité sont une introduction à ce prochain chapitre.
C. - Les apports expérimentaux à la compréhension de l’affectivité. Son substratum anatomo-biologique.
1° L’expérimentation a suivi des voies diverses :
— LES SECTIONS ET ABLATIONS CHEZ L'ANIMAL permettent de
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localiser Faffectivité dans le cortex. Le pigeon décérébré suprathalamique n’est plus qu’un automate capable d'adaptation. Infrathalamique, il ne satisfait. même plus ses instincts primordiaux et reste dans une perpétuelle somnolence.
Le chien décérébré de GoLrz vécut dix-huit mois et récupéra en partie ses fonctions motrices, mais il avait perdu tout ce qui nous pousse à attribuer à l’animal sentimerit et intelligence.
Le chien hémisphérectomisé de ROTHMANN garde intactes ses fonctions instinctives primaires mais € sa physionomie éteinte ne laisse percer aucune expression indicatrice d’un sentiment ». |
Chez les animaux suprathalamiques, une certaine mémoire relative aux besoins d’alimentation est conservée mais on ne trouve plus aucune manifestation de sentiment ou d'affection.
2° Etudiant LES TRAUMATISMES CRANIENS ET LES TUMEURS -CÉRÉBRALES, les neurochirurgiens font avancer le problème.
FGRSTER estime qu’il existe au niveau de l’hypothalamus une partie antérieure à action excitatrice sur le cortex, freinée par la partie postérieure avec possibilité de libération et de freinage réciproques entre ces deux pôles anatomiques. Il en fait le siège des pulsions instinctives.
Tandis que Furron, s'appuyant aussi sur les résultats de la
3° PSYCHOCHIRURGIE, nous dit : « Il n’y a aucun doute que les aires préfrontales chez les êtres humains normaux rendent possibles le pressentiment de l’avenir et que dans certaines conditions pathologiques ces mêmes aires déclenchent l’ennui et l’appréhension ».
ABELY, LAINÉ, ASSAILLY montrent cependant que les lobes
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préfrontaux ne résument pas toute la pensée affective puisque la leucotomie ne l’abolit pas tout entière. Il est artificiel de séparer les éléments du couple hypophyso-hypothalamique d’une part et le cortex d’autre part.
4 L’'ÉLECTRO-ENCÉPHALOGRAPHIE nous apporte des données nouvelles particulièrement intéressantes qui amènent J. FAURE à définir « une constitution bio-électrique de lhyperémotivité ». Poursuivant les recherches à partir de cette notion, nous avons pu étudier les modifications de l’'E.E.G. et du réflexe psycho-galvanique chez les délirants hallucinés en faisant varier les conditions de l’expérience : à l’état de veille avec présentation des planches du Rorschach et du TAT, et sous narcoanalyse, les tracés étant pris pendant l'interrogatoire. L'auteur utilise les dérivations standard et la dérivation basale qui lui permet de capter les potentiels diencéphaliques. Le tracé basal est d'autant plus altéré que les conflits et la tension émotionnelle sont plus importants et d’autre part, ces altérations correspondent à des perturbations du tracé cortical, variables suivant le degré de tension émotionnelle. On peut trouver soit une influence réciproque du diencéphale sur le cortex, soit une libération des rythmes corticaux. Les conclusions de cette importante étude sont les suivantes :
— les émotifs et anxieux présentent un ensemble de caractères bioélectriques : apparition trop facile d’un changement des tracés sous une légère émotion, perturbations parallèles à l'intensité de la tension émotionnelle, fréquence d’un trouble diencéphalique d’autant plus intense que l'émotion est plus profonde, labilité de la synchronisation neuronique qui s'exprime par une instabilité du rythme alpha.
— il existe quatre types d'activité corticale chez les anxieux, mais cependant
— une constitution bioélectrique de l’émotivité peut être
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définié : « caractérisée par une tendance excessive à la modification des potentiels bioélectriques cérébraux et du régime de synchronisation neuronique, ainsi que par la possibilité du retour à un régime électrique normal, à condition que surviennent une dérivation de l'attention ou une détente suffisamment apaisante ».
Enfin,
5° L’ÉTUDE DE LA VASCULARISATION CÉRÉBRALE EN RELATION AVEC LES FACTEURS ENDOCRINIENS nous apporte, elle aussi, des vues nouvelles qui complètent les éléments précédents sans les contredire.
FREUD avait déjà soupconné aux phénomènes psychiques un substratüum hormonal.
DUBLINEAU précise la nature biologique du « stock émotionnel » de l'individu lié au jeu diencéphalo-hypophysaire, {tandis que les formes d’affectivité différenciées sur ce fond commun seraient liées à l’action prédominante des instances sexuelles, thyroïdiennes ou surrénales, essentiellement évolutives et dynamiques. L’ensemble permet de décrire des « types affectifs » assez stables malgré la variabilité des facteurs.
Tandis que GuirAuD montre la complexité de l’affectivité liée au fait qu’elle est « humaine » et a ses racines dans le psychisme primordial, dans ses composantes d’ordre instinctif « hormonothymiques » à la fois thymiques et dynamiques, à substratum neurovégétatif et endocrinien. Leur atteinte serait essentielle dans les délires.
LAINÉ étudie la vascularisation cérébrale : c’est dans la substance grise du cortex et dans l’hypothalamus qu’elle se trouve à la fois le plus développée et le plus sensible aux variations de la circulation générale.
L’infiltration novocaïnique du sinus carotidien donne