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Nous voici donc amenés à envisager :
3° LES THÉORIES PSYCHANALYTIQUES.
Pour FREUD, l’hallucination exprime l'accomplissement d’un souhait qui ne tient plus compte de la situation réelle. Il n’obéit plus qu’au principe du plaisir. Dans le schéma bien connu du psychisme de FREUD, pour qu’il y ait hallucination, il faut que le rappel des souvenirs suive une marche rétrograde qui aboutisse au système perceptif. L’excitation part des pulsions instinctives et au lieu de se diriger vers l'extrémité motrice, elle retourne en arrière, jusqu’au système de perception. Cette marche à rebours qui se produit pendant le sommeil et donne naissance au rêve, se produit aussi dans le délire mais après des stimulations différentes puisque l'individu ne dort pas et qu’il continue à recevoir un courant sensoriel continu suivant la marche normale.
Systèmes transformant les excitations en traces durables
Extrémité Extrémité
Sensitive S | S'|S" Mémoire Motrice Système
perceptif qui reçoit les excitations mais ne les retient pas
—- Marche normale à l'état de veille
<— Le Sommeil — Le Délire
\ Le stimulus anormal est, soit l’intensité du désir, soit l'influence des souvenirs refoulés ou demeurés inconscients. Il s’agit donc d’excitations d’origine instinctive qui
MER de
rétrogradent jusqu’à l’image de perception qui, elle, donne à l’hallucination l’acuité sensorielle. Cette notion de refoulement est essentielle : la pensée est refoulée par suite de l’action combinée de la censure, d’une part, qui la repousse, de l'inconscient, d'autre part, qui l’attire. La régression de l'excitation, d’origine interne et instinctive, jusqu’au système de perception, implique aussi la plupart du temps une régression chronologique sous la forme de reviviscences d’impressions du passé. Donc, régression et refoulement sont les deux conditions du processus hallucinatoire.
Grâce à ce processus, le désir trouve en l’hallucination un moyen de se satisfaire psychologiquement, mais de facon plus ou moins évidente.
— La réalisation du désir est claire quand il n’y a pas conflit des instincts entre eux : exemple le mirage de l’homme qui, perdu dans le désert, aperçoit l’oasis.
— La réalisation hallucinatoire de désirs est moins évidente lorsqu'il y a lutte de l'instinct à satisfaire avec des instances psychiques supérieures : les instincts agressif ou sexuel, par exemple, dont l’assouvissement hallucinatoire peut alors devenir pénible pour le Moi conscient. Ce sont les « Psychoses de submersion ».
— Enfin, il peut y avoir conflit non plus entre un instinei et une instance psychique plus élevée, mais entre certaines pulsions et certaines tendances contre-pulsionnelles, situées au même niveau : lhallucination devenue pénible peut alors traduire la tendance contre-pulsionnelle eile-même émanant d’un « surmoi » trop rigide, auto-châtiment, par exemple, qui nous ramène à la notion d’univers morbide de la faute. Ce sont les « Psychoses de défense ».
Un numéro de « Psyché » de 1950 étudiant lady Macbeth prend comme exemple de ce mécanisme, les taches de sang indélébiles qu’elle voit sur ses mains : « Out damned spot !
a PS7
Out, I say !.… Here’s the smell of blood still. All the perfumes of Arabia will not sweeten this little hand... », symboles de culpabilité et de remords du meurtre de Banquo; l’hallucination ne s’efface plus, l’obsède et la culpabilité qui l’envahit tout entière la conduit au suicide, puisque « What's done cannot be undone ». Satisfaction de désirs, tendances contre-pulsionnelles, les hallucinations comme l'imagerie du rêve sont souvent surdéterminées.
Voici donc le mécanisme, mais pour qu’il y ait croyance délirante, il faut quelque chose de plus : il faut que, envahi par les pulsions instinctives, le Moi perde sa faculté de discrimination, il subit une régression qui le ramène au stade primitif du « narcissisme >» pendant lequel se développent les pulsions libidinales. Nous en arrivons au point où la doctrine freudienne rencontre des oppositions : FREUD, à partir de l’étude du «cas Schreber » fait de tout délire de persécution une réaction contre l’homosexualité inconsciente, stade du développement où le « principe du plaisir >» domine encore le « principe de réalité >» et où le choix objectal ne concerne pas encore son objet définitif.
. Enfin, le conflit inconscient ne peut être supporté que si un mécanisme d’autodéfense intervient : la projection qui attribue à un autre les reproches que son surmoi lui adresse.
Retour du Moi à la phase primitive hallucinatoire, régression des pulsions instinctives, symbolisme, projection, concourent pour aboutir à la création hallucinatoire.
Cette explication, à notre avis, extrêmement séduisante, rend parfaitement compte du « contenu » de bien des délires hallucinatoires; on a d’ailleurs reproché à FREUD de n’expliquer justement que ce contenu sans approfondir l’origine du phénomène lui-même qui crée la régression du Moi. Or, c’est avec raison que FLOURNOY fait remarquer, à la Société Suisse de Psychiatrie, en 1953, que la notion de