‹ Hallucinations et AffectivitéChapitre 23 sur 62 · ET PT · texte numérisé non relu

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. Nous pensons donc devoir considérer comme la base physiologique des théories psychanalytiques en particulier et plus généralement des théories noétiques et bien propre à leur conférer la solidité qui leur manquait

4° LA THÉORIE NEUROBIOLOGIQUE DE L'HALLUCINATION DE MoURGUE ET VON MONAKOW.

Elle peut être résumée en quelques propositions :

1° Le point essentiel est la distinction entre la « sphère des instincts >» et la « sphère de causalité », c’est aussi le point de vue freudien qui distingue le Moi et le ça (das Es) totalité des pulsions instinctives dont la source est inconsciente, MOURGUE identifie l’instinet avec le fonctionnement organo-végétatif. À la base des hallucinations et du rêve se trouverait « l’envahissement de la sphère de lorientation et de la causalité par la sphère des instincts ». FREUD l’a dit en d’autres termes et a établi une distinction, comme nous l'avons vu, entre les psychoses de défense dans lesquelles la sphère de causalité de MourGuE subit un assaut qui échoue et les psychoses de submersion dans lesquelles elle se laisse envahir.

2° Pour que la sphère de causalité se laisse submerger il est nécessaire d'admettre une modification du Moi luimême, une « dépersonnalisation », ou tout au moins une scission permettant un envahissement partiel. Cet « état de dépersonnalisation étant un moment du temps artificiellement découpé ».

3° Le processus final, le seul spécifique de l’hallucination, est la projection spatiale en relation avec la fonction posturale et ses divers niveaux. MOURGUE est en accord avec FrEuD qui fait ressortir le rôle des attitudes motrices dans l'adaptation à la réalité extérieure, dont le contrôle incom- . berait au Moi. D'après MoURGUE ces phénomènes morbides font appel à des niveaux successifs et se produisent grâce à des « désintégrations en briques » de ces divers niveaux -

LL EDEE

de la fonction posturale. Et voilà qui fait la transition entre les théories noétiques et l’organo-dynamisme. Très éclectique, la théorie de MourRGUE et MoNakow les réunit toutes en une heureuse synthèse : elle exprime en d’autres termes les notions freudiennes, met en évidence l'énorme valeur du symbolisme hallucinatoire. Elle considère lhallucination comme un tout émané de la vie instinctive et souvent masqué par la « causalité agglutinée » (MoNakow), ce qui s’accorde très bien avec la Gestalt. Elle reconnait comme MiINKowSKI la valeur du « temps vécu » et de ses moments. Elle fait appel, comme Jackson et Henri Ey à la notion de dissolution de niveaux.

Elle fait, en résumé, de l’hallucination la manifestation par l'intermédiaire du mécanisme de projection spatiale de l’irruption de la vie instinctive dans la sphère de causalité à la faveur d’un état plus ou moins passager de dépersonnalisation, témoin d’une désintégration de fonctions à substratum neuro-biologique.

Baruk montre lui aussi combien les perturbations mentales et physiques s’intriquent et dans quelles erreurs la méconnaissance des unes ou des autres à fait tomber les purs mécanistes ou les purs psychogénétistes. L'appareil circulatoire régi par le système neuro-végétatif constituerait le trait d’union entre les facteurs organiques et psychiques qui retentissent réciproquement l’un sur l’autre.

Les travaux de Charles Foix ont étayé ces vues sur des bases expérimentales — qui sont confirmées par l’école de Florence avec ROBERTI.

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