SAN RE
ensemble de théories, l’identité de nature entre le délire et le rêve est déjà présentée dans son œuvre : « la folie est le rêve de l’homme éveillé ».
Voici sa théorie des hallucinations résumée en quelques formules :
— Il n’existe pas des hallucinations isolées mais un état hallucinatoire, phénomène psychologique complexe.
— L'état hallucinatoire est identique à l’état de rêve et se rapportera aux propres pensées du sujet, et parmi elles à celles qui le préoccuperont davantage.
— Ce qui est primordial dans l’hallucination c’est la modification de la conscience qui lui confère ses qualités propres et non le fait sensoriel en lui-même.
— Elle représente un travail d'élaboration des contenus psychiques qui se projette à f’extérieur grâce à la libéralion du psychisme inférieur. C’est essentiellement un aspect dynamique qu’il faut y voir et qui conduit à conjuguer activement le verbe « halluciner ».
JANET considère que l’hallucination véritable n’est que
* le degré avancé du « relâchement de tension psychologi-
que ».
En général, l'individu rattache à lui-même les états où il y a sentiment d’effort ou de puissance. Il objective, au contraire, les états où il y a sentiment de défaite, d’impuissance. La croyance se greffe ensuite sur l’objectivation.
H. CLAUDE insiste lui aussi sur le caractère global des troubles, l’importance cruciale de la conviction du malade sans laquelle il n’y a pas d’hallucinations. « La croyance va le plus souvent au devant de l’objet absent, l’appelle et le crée à partir du matériel mnésique ». Pour qu'intervienne le jugement de réalité qui fait la croyance, il faut
admettre un déficit global du psychisme constamment relevé qui dépendrait à son tour d’une. atteinte organique diffuse. Après avoir montré la fréquence propre à appuyer sa thèse du « syndrome d’action extérieure >» comme phase de début des délires hallucinatoires, CLAUDE oppose lhallucinose aux hallucinations : si la première est un « fait d’esthésie », les secondes sont en elles-mêmes un délire, un <« fait de croyance ».
Pour que la croyance intervienne, il faut une dissolution des synthèses mentales. Cette dissolution est le résultat de mauvaises conditions biologiques, responsables, d’une part, de l’élément psychique négatif du défaut de conscience; d'autre part, des symptômes positifs qui représentent ce qui reste dynamiquement intact. LHERMITTE montre que CLAUDE à « poursuivi le facteur instable, réversible, dynamique, qui crée les variations ». CLAUDE a donc adopté la notion de la présentation sur des plans différents dans l’espace et le temps des divers symptômes, théorie du « Vordergrund-Hintergrund », de GOLDSTEN. La réalité des interconnexions spatiales et temporelles amène CLAUDE à évoquer en terminant une régulation sur le cortex de la région diencéphalo-hypophysaire, « pace-maker » de DELAY.
C’est alors qu'Henry EYy s’efforce d'appliquer à la psychiatrie et à la neurologie les principes de ee qui peuvent être. formulés comme suit :
— Les fonctions psychiques sont hiérarchisées dans l’espace sous forme de niveaux, mais aussi dans le temps comme un système énergétique, notion bergsonienne.
— Les états pathologiques représentent un mouvement de dissolution avec régression à un niveau inférieur (signes négatifs de déficit) et libération des instances sous-jacentes (troubles positifs). | :
— La distinction doit être faite, et elle est fondamentale,