‹ Hallucinations et AffectivitéChapitre 25 sur 62 · PAT UE · texte numérisé non relu

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entre les dissolutions partielles ou locales (troubles neurologiques) et les dissolutions globales ou uniformes (psychoses).

— Enfin, en déduction de tout cela, la clinique étudie non pas des entités nosologiques mais des niveaux de dissolution.

Henri Ey, développant le dynamisme jaksonnien, édifie une théorie organodynamiste de la psychiatrie qu’il applique au mécanisme des hallucinations. Il est organiciste en ce sens que, s’opposant aux doctrines psychogénétiques pures, il pense que l’aliénation mentale est conditionnée par des troubles des fonctions organiques et nerveuses. Il est dynamiste car il décrit aux différentes psychoses des paliers et niveaux différents où, à partir du déficit dû au fléchissement de la tension psychologique, sont libérées sous la forme de symptômes positifs les instances sous-jacentes instinctives et inconscientes jusque-là réprimées.

Certains niveaux de dissolution sont importants

1° Fonctions élevées assurant l'intégration de la personnalité sur le plan social.

2° Fonctions assurant l’équilibre thymique, « l’intégration des forces instinctives et affectives dans l’adaptation au réel ».

3° Fonctions assurant l’organisation perceptive du monde extérieur et du monde intérieur et la discrimination du subjectif et de l’objectif. C’est le plan des états oniroïdes.

4° Fonctions intellectuelles élémentaires.

Les psychoses paroxystiques démolissent tout lédifice, les psychoses chroniques ont le temps de construire une organisation durable.

Quant à la cause profonde de cette dissolution, elle rési-

de dans les troubles organiques héréditaires ou acquis qui perturbent le psychisme et tendent à le faire régresser vers

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‘des niveaux archaïques de pensée et de comportement, Ceci, globalement, car en opposition avec l’atomisme mécaniste, Ev considère les fonctions psychiques comme un ensemble indécomposable.

Passant en revue toutes les théories successivement émises et que nous avons évoquées, EY pense que chacune d'elles est insuffisante, car l’hallucination est un phénomène trop complexe. Ce qu’il y a d’essentiel, c’est le « déplacement des valeurs dans l’opposition du subjectif et de objectif >», car toute notre activité psychique n’est qu’une suite d’assignations de valeurs. C’est pourquoi il est impossible de séparer radicalement les illusions, les pseudohallucinations et les hallucinations vraies. Si les hallucinoses sont des erreurs de « dosage du réel >» — pourrionsnous dire — dans une sphère sensorielle isolée, par contre les hallucinations et pseudo-hallucinations sont des erreurs de l’activité psychique tout entière. Ces phénomènes à attributs de sensorialité et de spatialité tirent donc leur valeur de l’ensemble psychique auquel ils appartiennent. Les causes de l’hallucination sont donc plus importantes que le phénomène lui-même, c’est-à-dire l’état hallucinatoire dont elle n’est que l'expression. Ces causes sont à chercher dans des dissolutions fonctionnelles ou bien par troubles biologiques ou bien par facteurs affectifs, et en général par l'association des deux. En Suisse, SUTERMEISTER fait sienne cette théorie et montre :

— Que le développement ontogénique et philogénétique de l’homme se fait grâce à une cérébration progressive au cours de laquelle la sphère supérieure recouvre et contrôle la sphère sous-jacente plus ancienne.

— Que toute agression organique ou psychique entraîne une régression vers les sphères inférieures avec une

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levée de l'inhibition. C’est un phénomène de défense. « Schutz und Erholungsregression >» (de protection et de rétablissement). |

Milam Hire admet lui aussi l’organodynamisme, mais en adoptant entièrement la notion freudienne de libération des complexes sexuels de l’inconscient à la faveur de la baisse de niveau, et distingue suivant la force de l’inhibition restante, les hallucinations de défense et les hallucinations de désirs.

Les organodynamistes étayent leur doctrine sur l’étude quasi-expérimentale des dissolutions uniformes de fonction par la baisse de vigilance cérébrale créée soit par le sommeil normal, soit par les hypnotiques, soit enfin par des toxiques tels que le peyotl « la plante qui fait les yeux émerveillés > et son alcaloïde, la mescaline. Au cours de l’intoxication mescalinique le sujet présente une hyperthymie dont le substratum est un dérèglement neurovégétatif avec hypervagotonie. Son psychisme traverse plusieurs niveaux de dégradations de la pensée que certains sujets appelaient « plongées » quand ils en avaient conscience. Idéation alogique au début, instabilité thymique et sentiment d’étrangeté, puis phantasmes dont le sujet n’est pas dupe; à mesure que la dissolution se poursuit la confusion se fait entre les phénomènes hallucinatoires et la réalité perçue, puis toute critique s’évanouit et le sujet vit la fiction sur le plan du rêve.

Parmi cette longue étude des théories successivement émises, qui nous semblait indispensable pour comprendre les hallucinatiors, nous avons donc éliminé les doctrines mécanistes qui ne s’appliquent qu'aux phénomènes élémentaires à peine dignes d’être qualifiés d’hallucinatoires. Quant au groupe des théories noétiques, il nous semble contenir beaucoup de vérités; les thèses psychanalytiques, phénoménologiques et la théorie neuro-biologique de MourGuUE

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