‹ Hallucinations et AffectivitéChapitre 31 sur 62 · LE DÉLIRE · texte numérisé non relu

LE DÉLIRE

Synthèse et hiérarchisation étant les deux conditions du fonctionnement normal de la pensée, les perturbations porteront sur l’un et l’autre de ces mécanismes.

RDA PO

Trouble de hiérarchisation ? A la faveur de la baisse de niveau, la pensée affective submerge la pensée rationnelle de l’afflux de tous les éléments qui existaient déjà dans la pensée normale mais que la censure obligeait à rester à l'arrière-plan, résultat d’un long dressage social. La pensée égocentrique éclate avec son symbolisme et son univers subjectif. L'équilibre instable pensée rationnelle - pensée affective est définitivement rompu au profit de la secon-: de. Les troubles de la synthèse mentale font que l’ensemble s’édifie non plus en hauteur mais en largeur, mettant sur le même plan les contrastes, disloquant la pensée, ignorant la notion de temps. C’est la pensée spontanée, alogique, qui s'exprime avec ses lois d'association par idendité de con-

tenu affectif, condensations, groupements, symbolisme.

La maladie a dissocié et associé, mais n’a rien créé de nouveau. Les détails mythiques du délire ne sont que les renouvellements des interdictions, des révoltes et des désirs tellement grossis et caricaturés que le malade ne les reconnaît plus comme siens et les projette à l’extérieur dans son

univers morbide.

Il y a tout de même pour HESNARD une petite différence entre la pensée du délirant et celle du primitif ou de l’enfant : « le délirant crée un monde de valeurs éthiques par un dépassement anarchique des conflits de la vie passée, dominé par la conduite fondamentale de culpabilité d’où dérivent toutes les conduites morbides ». L'univers morbide des psychopathes ne réalise pas tellement des désirs mais plutôt l'évasion hors des contraintes d’ordre moral grâce à une redistribution des valeurs où le malade fait triom-

pher son éthique personnelle et se revalorise.

KA des

B. - I n’y a donc pas de différence de nature entre les divers phénomènes psycho-sensoriels, mais seulement des différences de degrés.

On passe ainsi par transitions insensibles

Page 1