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CLASSIFICATION DES HALLUCINATIONS

Une distinction essentielle doit être faite entre les hallucinations liées au langage intérieur, et les hallucinations liées aux dissolutions oniriques.

Les premières sont en elles-mêmes un délire, SÉGLAS l'avait déjà montré; elles trahissent un trouble profond de la personnalité qu’une simple baisse de niveau ne suffit pas à créer, à laquelle s’ajoute une dysharmonie des fonctions psychiques, voire une désagrégation. Elles constituent un trouble de l’unité du Moi. « Les actes du langage sont en eux-mêmes corrects mais seulement dévalorisés ou mal valorisés par un trouble plus général qui est le délire. » (Ey). Ce sont deux mondes hallucinatoires qui s’opposent, — conclut aussi MnKkowski. — Les hallucinations visuelles, par contre, relèvent de processus de dissolution uniforme du psychisme sans qu’il y ait un trouble profond et définitif de la personnalité du sujet; nous avons déjà insisté sur le passage insensible du rêve aux phénomènes hypnagogiques et aux hallucinations visuelles. Les antihypniques qui les font souvent disparaître (DELMAS-MARSALET) n’ont aucune influence sur les hallucinations auditives. Beaucoup plus que le Moi dans son intégrité, elles intéressent les relations du Moi avec le monde extérieur.

Une classification basée sur une distinction entre les

hallucinations physiologiques et les hallucinations pathologiques ne répondrait nullement à la réalité : dans chacune des deux catégories que nous avons tenté de séparer, on passe par transitions insensibles du normal au pathologique. BERNHEIM et bien d’autres ont montré que, seules les causes qui les provoquent établissent la différence entre les deux. Les premières sont dynamiques, passagères et conditionnées par un trouble de l’équilibre psychique spontanément réversible. Les secondes sont de même nature, mais durables, et persistent autant que dure l’évolution morbide. Elles sont à l’hallucination physiologique ce que le délire est au rêve.

A. - Les hallucinations, troubles du langage intérieur, troubles de l'intégrité du Moi.

Les hallucinations auditives ne peuvent pas être comprises comme l’extériorisation de l’image des mots, mais comme un trouble beaucoup plus complexe portant sur le langage en général, fonction dynamique, « tout ensemble pensée et mouvement, création continue » (BERGSON). Comme le dit GOLDSTEN : « Le langage est un processus de premier plan qui se projette sur le processus d’arrière-plan, représenté par le reste du psychisme, ou bien encore une véritable figure en avant d’une toile de fond ».

La zone auditive est en rapport avec la fonction du langage, d'acquisition plus récente que la vision ou l’odorat. Son caractère récent lui donne une fragilité plus grande et fait qu’elle est la première libérée, bien avant les fonctions sensorielles plus simples. La chute de niveau n’aura même pas besoin d’être aussi profonde s’il y a atteinte concomitante de l’appareil de l’audition.

L'étude des différents processus qui entrent dans ce cadre, nous permettront de passer insensiblement du normal au paranormal et au franchement morbide.

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