L’ECHO NORMAL DU LANGAGE INTÉRIEUR
MOREL a analysé le mécanisme de la lecture : la compréhension des textes écrits n’est possible que si un écho invisible, inexplicable et presque inaudible répète, et même devance, ceci est très important, la lecture des yeux. Voix souvent lointaine, plus ou moins sonore mais qui peut, favorisée par la fatigue, prerdre un tel éclat qu’elle en devient insupportable. Seul, cet écho permet de goûter le rythme et la poésie d’un texte.
L’écho de la pensée en est proche. Dans des conditions de haute tension psychologique, nous entendons notre pensée, et nos lèvres peuvent automatiquement articuler les mots que nous prononçons en nous-mêmes. La fatigue favorise ce phénomène.
Nous les rapportons toutefois à notre propre Moi, car l’homme normal a le sentiment de son unité. Mais la fonction du langage étant celle qui possède au maximum le caractère objectivant, c’est aussi celle qui aura la tendan-. ce la plus nette à échapper au contrôle de la personnalité, synthèse dynamique.
2° LES HALLUCINATIONS PSYCHOMOTRICES VERBALES, décrites par Séglas, nous font entrer dans le domaine de la pensée morbide.
Elles sont contenues en puissance dans les expressions du langage courant utilisant les verbes réfléchis « je me dis, je me demande », qui nous font nous penser nous-mêmes à la fois en tant que sujet et objet. Elles sont soustendues par une attitude motrice et en continuité avec notre pensée et notre personnalité tout entière.
Avec EyY, on peut les classer en :
— Phénomènes qui apparaissent exécutés par le sujet lui-même mais où un sentiment d’emprise lui donne l’impression qu’on le force à les faire : en font partie :
les élocutions impulsives (phrases prononcées par le sujet, malgré lui); |
les élocutions imposées (mots et phrases prononcées par le sujet sous l’empire d’une force extérieure);
les élocutions inspirées (mots prononcés par le sujet sous l’influence d’une force extérieure qui le « possède » et les lui souffle).
Elles suivent une graduation insensible jusqu’à une objectivation complète.
A côté des phénomènes imposés, Ey place :
— Les phénomènes étrangers où le sujet n'a pas Conscience d’une emprise, mais où à sa propre pensée et à sa propre voix se substituent des voix entendues comme étrangères à lui. C’est lui qui articule ou prononce réellement les paroles ou les pense, mais il ne s’en rend pas compte. Il entend encore ces voix « dans sa tête » ou bien à l’extérieur, très lointaines, différentes des voix des personnes réelles qui l’entourent.
Termes de passages jusqu’aux hallucinations vraies, ce sont :
les voix muettes, les voix intérieures dans sa tête ou ses organes, les soliloques extérieurs, les dialogues. ”