‹ Halte-là! Patriote [microforme]Chapitre 14 sur 34 · RE · texte numérisé non relu

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100 Hülte-là! Patriote encore, Il paraîirait, suivant l’assertion du “Patriote” de la brochure électorale, que les écrits et les discours de M. Bourassa ont été néfastes pour notre cause dans les milicux romains, français et belges.

Cela se peut, bien que l'affirmation de l’auteur, comme renseignement sur ce point, est pour moi comme si elle n’existait pas,

Néanmoins cela se ‘peut; mais cela ne tient certainement pas aux discours et aux écrits eux-mêmes de M. Bourassa, exâminés dans leur ensemble, que Belges, Français et Romains n’ont guère dû lire beaucoup, tout préoccupés qu’ils sont à autre chose. Ils se sont plutôt bornés au résumé écrit ou ora! qu’on leur en a fait. Et on leur en a fait, car nous avons lu nous-même de ces étranges résumés, venant du Canada et publiés dans les journaux d'Europe.

Quant aux résumés écrits, dûs à la plume de “Patriote” ou aux autres scribes de l'Ecole, vous vors doutez bien de ce qu’ils peuvent être, et je sais, moi, pour les avoir lus, à quoi m’en tenir. Les infatigables dénonciateurs se sont appliqués, depuis deux ans, à calomnier le chef nationaliste, non seulement chez nous, mais encore à l'étranger. Ils se sont évertués à y empoisonner l’opinion -— avec plus de succès là-bas, naturellement, vu l'ignorance qui y règne de nos questions pulitiques et nationales, vu aussi le caractère de certains correspondants, qui ont pu inspirer foi et en imposer, parce qu'on ne les connaissait Pas comme nous, qui

ur les lénonmnier

mais oisonrelle-

polirtains poser, y qui

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avons enfin fini par sonder Ja profondeur de leur honnêteté, (Voir, à ce sujet, l’appendice p. 213.)

Que penser alors du résumé oral que l’un d’entre eux à pu faire en petit comité, en catimini ? Comme il a dû se donner carrière sur le dos de ces pauvres nationalistes ! Quelle peinture noire il a dû en faire! Et notre cause scolaire, compromise selon lui par M. Bourassa. avec quelle ardeur il a dû se prodiguer pour elle à Rome, lors de son voyage, quand l’Ecole mit chez nous tant 0: zèle (zelotypia) à la défendre contre des co-rédacteures,

Vous vous rappelez en quelles circonstances il partit pour Rome, et à la suits de quelles virulentes brochures contre lui, qui rendaient — momentanément du moins — embarrassantes sa position à Québec et sa présence au journal? Il fallait une diversion. Cela s’imposait.

Mais ce que nous savons mieux encore, c’est l’inquiétude éprouvée dans Parchidiocèse par nombre de prêtres et de laïques, vrais amis de la cause ontarienne, en voyent p'rtir pour l’Europe le tenant de l'Ecole. Ils se rappelaient comment, et à Québec et à la Croix de Paris, celle-ci s'était comportée dans l'affaire du Keewatin et quels étaient ses sentiments relatifs sur celle d’Ontario. Ils se demandaient anxieusement si, étant données ses rancunes contre les nationalistes, champions de l’école cachoïique française au Canada, (1) et son

(1) Voici à leur sujet ce que dit Mgr L.-A. Paquet : Y eut certes de très nobles protestations; et Fhistoire

attachement absolu à son parti, il se dévouerait entière. ment et sans restriction À la cause de la minorité, Le double rôle, ou plutôt le double jeu que l’Ecole s’était déjà permis ici, ne le renouvellerait-il pas lui-même à Rome? En Jui Je Coinpagnon loyal du cardinal-arche. vêque triompherait-il des animosités et des affections politiques personnelles ? Défendrait-il de toute son âme, en arrière comme en avant, la cause que solidairement avec le cardinal il devait servir ?

ne doit ici, par une mention spéciale, enregistrer avec fierté les noms de Philippe Landry, Henri Bourassa et P.-E. Lamarche. L’amendement Proposé en Chambre par M. Lamarche pour sauver l’école catholique rallia 24 voix, dont 7 du côté conservateur et 17 du côté libéral”, (L'Eglise et l'éducation, P. 345, note.)

Et plus loin: “L'un des plus fiers champions de l’école catholique, M. Henri Bourassa avait.

“Vouloir owtenir l'estime, la confiance et le bon voxloir

incontestables que nous av

les bons procédés, c’est et à l’asservissement. L'Anglais est fier et fort prise la bassesse et la lâcheté, pect devant ceux qui revendiqueut, sans injure et sans Provocation, leur honneur et leurs biens... C’est dans cet esprit que les pères de la Confédération 6nt conçu la charte de nos libertés et de notre autonomie.”

“Ce langage, continue Mgr L.-A. Paquet, honore celui qui l’a tenu; il place la question scolaire canadienne sur sa vraie base, et nous souhaitons que, parmi les générations qui se lèvent, il se trouve assez d’esprits désintéressés pour le comprendre et assez de Coeurs valeureux

pour le mettre en oeuvre.” (L'Eglise et l'éducation, 2e édition, p. 346.)

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Autant de questions qui étaient propres à jeter les amis de la cause dans la plus grande perplexité,

Qu'est-il advenu? La Jettre du Souverain Pontife l'atteste On ne saurait se dissimuler que, dans une certaine mesure, nous avons éprouvé un échec. Le zèle turbulent de “Patriote” y est-il pour quelque chose? Mieux au fait que lui des notions de charité et de justice, je n’oserai certainement pas l’affirmer. Tai, sans broncher, rejette le faute sur M. Bourassa. (Cest une habileté malhabile de sa part. Cette insistance à ge faire une façade aux dépens de la réputation d’autrui, ouvre, bien plus qu’elle ne ferme, l’horizon sur ce qui aurait pu se passer à Rome.

Quoi qu'il en soit du partage des respone:!';iés à faire peser ici sur ies prévenus, ce n’est certes pas l’impartial et véridique “Patriote” qui peut nous en instruire équitablement. Nous récusons son verdict en cette canse où, partie passablement compromise, il s’institue à la fois témoin et juge.

Nous préférons nous en rapporter au témoignage d’une autorité désintéressée, plus compétente et plus sereine. Or, celle-ci, sous forme d'éloges (le lecteur verra à qui ils sont adressés), Prononce une sentence qui est une condamnation de “Patriote” et de toute son entipatriotique campagne.

Voici, en effet, ce qu'écrit Mer L.-A. Paquet, au sujet de la question scolaire d'Ontario. Après avoir rappelé que Benoît XV pose ce principe qui est la base des revendications françaises: “Les Canadiens-Français ont

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le droit, dans une province en majorité anglaise, de faire enseigner leur langue et de la défendre”, J” ninent auteur ajoute en note: “L’attitude si ferm des défenseurs de la minorité n’eñt-elle eu pour effet que de faire reconnaître ce principe fondamental par la plus haute autorité religieuse, ceux qui ont voué leur talent à cette oeuvre de défense, et qui n’ont rien négligé vour imposer la question à V’attention des pouvoirs publics, auraient bien mérité de la patrie.” (L'Eglise et l’éducation, 2e édition, p. 836.)

Cela nous suffit; et le lecteur n’en demandera pas

davantage pour se prononcer à son tour. (1) ne

(1) Je tiens à faire ici, une fois pour toutes, une observation propre à garer le lecteur d’une méprise sur les véritables sentiments de “Patriote” à l'égard de l’école catholique française, dans les diverses provinces du Canada. Je ne rrétends ‘pas qu’il y soit opposé, ce serait monstrueux. Au contraire, je l'y crois favorable et disposé à travailler pour elle. Seulement le zèle humain a des degrés et des limites. Celui de “Patriote” et du personnage qu’il masque est borné — circonscrit — par les intérets du parti. A en juger par ses faits et gestes passés, il défendra les droits des minorités, oui, mais dans unc mesure relative et conditionnée: aussi longtemps que ça ne nuira pas au parti.

Voïlà seulement ma pensée et toute ma pensée. On l'aura constaté, elle est abondamment motivée.

aise, de A | dé nirm dJes ffet que la plus r talent gé vour publics, l’éduca-

era pas

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