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R.—Il a simplement voulu souligner chez le peuple anglais une vérité de fait et une attitude dont le Canada semble prendre le contre-pied. Il a voulu tout bonnement signifier que l’Angleterre, ayant une double raison de déclarer la guerre à l’Allemagne : — violation du territoire belge et intérêts immédiats menacés, — ne s’est jamais laissé efficacement émouvoir que par la seconde. Sans nullement affirmer — au contraire — qu'elle eût bien fait de s’abntenir sans cette raison, il l'admire, non sous tous rapports, mais pour le noble et vif souci qu’elle prend de ses intérêts ; puis il nous engage à l’imiter sur ce point; tout comme Notre Seigneur avait demandé à ses disciplès d’imiter l’hahileté et la diligence que l’économe infidèle avait apportées à s’enrichir. Conséquemment, il conclut que, n’ayant pas comme l'Angleterre signé le traité de la neutralité belge et ne nous trouvant pas, d’autre part, immédiat. 1ent menacés dans nos intérêts, nous n’avons nul devoir de nous saigner à blanc pour nous mêler au, conflit et que ce serait même insensé de le faire, si nous allions par là compromettre-nos intérêts vitaux.
Voilà tout l’utilitarisme de M. Bourassa.
Q.—C’est-à-dire qu’il n’a absolument rien de commun avec l'erreur philosophique qu'on appelle l’utilita-
- risme?
R.—Parfaitement,