‹ Halte-là! Patriote [microforme]Chapitre 19 sur 34 · M OS · texte numérisé non relu

M OS

Terminons ce sujet sur une note plus sérieuse de forme. Mgr L.-A. Paquet, dans un volume paru l’année dernière (1), voulant manifestement mettre en garde contre les dénonciations doctrinales du nationalisme canadien, écrivait ce qui suit:

“Le principe des nationalités, nous le savons par l'oeuvre inique des unificateurs de Vltalie, comporte, à Coup sûr, une signification nettement révolutionnaire. Entendu, toutefois, dans ce sens que chaque race, ou travaille par des moyens licites à accroître et consolider son influence politique, ou encore que chaque peuple, Sans -manquer aux devoirs qu’impose la loi morale et les exigences d’un bien supérieur, se préfère lui-même

dans la direction de sa politique aux autres peuples, ce même principe, Croÿons-nous, n'a rien que de parfaitement juste et conforme aux vues de la Provia (1) L’Action religieuse et la loi civile, p. 322.

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s par rte, à naire, e, ou lider uple, t les \ême ples, parrOvi-

dence,” (C£.S. Thomas, Som. Théol., II-ITae Q. XXVI, art. 4 et 8.)

“Patriote” voit une évidente approbation du principe révolutionnaire des nationalités? Après avoir parlé des

mésaventures .de Napoléon III, M. Bourasse ajoute : “Mais tout de même, on ne saurait refuser À Napo-

léon III, qui avait Par certains côtés dans son esprit

une parcelle du génie des Bonaparte, d’avoir eu un

erait reconnu par

(Cf. Où allons-nous? Page 59.) Qu’en pensez-vous ? (1)

R.—Je pense sur ce point tout comme M. Bourassa et comme l’universalité des gens bien pensants. Oui,

- (1) A noter que l’une des trois conditions indispensables signifiées par les Alliés de l’'Entente en réponse aux pro- Dositions de l'Allemagne en vue d’une conférence est : “la r€CoOnnaiseance du Principe des nationalités”. Canada et les autres journaux du 2 janvier 1917.) L'Ecole politico-théologique n’a pas depuis, que je sache, protesté contre pareille condition de nos alliés. C’est Parce que sans doute Ca ne nous regarde Pas; que nous n'avons qu’une chose à faire: verser Sans mot dire nos millions et notre sang pour la “démocratie” et la “recon-

naissance efficace du principe des nationalités” que ré-

Prouve l'Ecole,

si les grandes puissances, renonçant enfin à toute mégalomanie, en venaient à une entente amicale au sujet du problème des nationalités violemment scindées dans le cours de l’histoire et livrées en partage aux divers conquérants; si à la vue du malaise, des animosités, des heurts — pour ne pas parler des dénis de justice — qui résultent de la diversité de races, de traditions et d’aspirations dans la même société, les grandes puissances finissaient par reconnaître — là où c’est possible et praticable — le principe des nationalités, il en résulterait un grand apaisement dans le monde.

Mais du seul fait que les grar.de puissances en viéndraient à cette entente, du seul fait qu’elles reconnaîtraient le principe des nationalités, ce fameux principe n'aurait plus rien de révolutionnaire, le L incipe des nationalit{s ne serait plus LE principe des nationalités, si tant est que par ce consentement des intéressés, lPunion des nationalités actuellement morcelées, se ferait pacifiquement et sans violation des droïts acquis. Or, comme nous l’avons vu plus haut le principe n’est faux que parce qu’il ne tient pas compte de ces droits.

Du coup vous constatez donc que M. Bourassa, en soulignant, en passant, les paroles de Napoléon III, n’a rien énoncé de révolutionnaire. Mais le “Patriote” tient à en faire un révolutionnaire malgré lui, ou du

- moins à le faire passer pour tel.

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