‹ Halte-là! Patriote [microforme]Chapitre 8 sur 34 · Halle-là! Patriote · texte numérisé non relu

Halle-là! Patriote

aussi bien que notre devoir nature] de Participer aux 8uerres de l'Empire qu’on en déduit, il faut bien nous mettre dans l'esprit que la Grande-Bretagne reste en

e pourrait Commander, avec la pement, l’expédition de tant do Munitions et de canons de toui calibre en Europe, en Asie, en Afrique, ou en Océanie. Et comme la participation ne Va pas sans la préparation, le devoir de la première implique aus3i le devoir de la seconde. Et comme l’un et l’autre devoirs ainsi enchaînés reposeraient sur le même principe: la souveraineté de l'Angleterre, leur exécution serait également soumise à l'autorité et à la discrétion d'icelle, La métropole pourrait done enjoind de sous-marins, de c noughts, toujours P pire, des destinées e lPunique arbitre.

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qui n’est ni fait ni près de se f Pas qu’une telle mesure fût née parlement Canadien SEUL au tionnelle nécess blème.

N'est-ce Pas suave ?

84 Halte-là! Patriots

Q.—Mais comment le rédacteur peut-il nier ce droit à l'Angleterre, lui qui soutient le devoir naturel et la stricte obligation morale des Canadiens ?

R.—Comment? — Par une contradiction personnelle, par un illogisme. En effet, quand il prêche lobligation du Canada, il lui faut bien admettre le droit corrélatif de l'Angleterre. Or si l'Angleterre a droit à notre participation, elle a conséquemment droit aux moyens jugés par elle nécessaires à l'exercice de ce droit ; et l'un de ces moyens est certainement la conscription. Donc elle peut nous l’imposer sans que nous ayons absolument rien à dire, Donc le brave rédacteur affirme explicitement d'une part qu’elle n’a pas ce droit et implicitement d’autre part qu’elle l’a bei et bien. Son illogisme en cela est aussi manifeste que celui du magistrat collaborateur, quand de lhypothèse d’une loi de conscription possible, il conclut à un devoir existant. C’est à la conscription plutôt qu’il aurait dû conclure du devoir existant. Ila pris l’argument par le mauvais bout. C'est ce qui arrive toujours dans un cercle vicieux.

Q-—La doctrine de cette Ecole n’est donc qu’un tissu d’illogismes et de contradictions ?

R.—Parfaitement, il n’en peut être autrement quand on se met en tête de faire du néo-droit naturel.

Q.—Que penser de l'affirmation qui suit dans l’étude: “Quand l’Angleterre est en guerre, le Canada est en guerre, qu’il le veuille ou non”?

R.—Voilà bien une de ces affirmations équivoques

et décevantes, Propre à faire fortune auprès des badauds! Comme elle renferme un fonds de vérité, on la lance --- ‘“ncieusement Pour dissi

Mais est-ce Pour signifier ceci que l’on arbore la trompeuse maxime ? Si l’auteur a voulu l’employer dans ce dernier sens, elle est un hors-d’oeuvre dans son article et simplement une lapalissade. Dans l'autre alternative, elle est une duperie. Et Von ne voit pas alors comment il à Pu sérieusement ajouter: “qu'il ‘a

veuille ou non”, car évidemment cela revient à dire: que le Canada veuille ou non Y participer activement, il y est tenu. Or pareille affirmation est contredite Par toute notre histoire, En fait, le Canada n’a participé jusqu’en 1914 qu’à une seule des multiples guerres de l’Angleterre, Il n'a donc pas été forcé de prendre part aux autres,

Quant à celle du Transvaal, il a solennellement déclaré — sans protestation venue de la métropole — qu’il y concourait bénévolement et que cela ne devait Pas constituer un précédent. Il n’y était donc encore aucunement forcé.

Que devient alors la fameuse affirmation : “quand l'Angleterre est en Suerre le Canada est en guerre, qu’il le veuille ou non?” Une vessie que l'on veut faire Prendre pour une lanterne.

Q—Mais si, comme on l'affirme, “en temps de guerre le Canada subit toutes les conséquences de la situation où se trouve l'Etat suzerain”, n’a-t-on pas raison d’ajouter: “les colonies ne Peuvent pas rester neutres quand ltat suzerain est en guerre”! (cf. ibid.)

R.—Votre brave homme tourne encore dans le même cercle vicieux, Il ne lui suffit pas d'affirmer que nous subissons toutes les conséquences de la situation où se trouve actuellement l’Angleterre, il lui faut le prouver : c’est justement ce qui est en question. Nouë en subissons plusieurs, oui, hélas! Mais au nombre de ces conséquences est-ce que figure, pour nous comme pour

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elle, l'obligation de Verser notre argent et notre sang ? Qu’il commence par le démontrer. Quant à l'autre as

e vessie q d’une légère teinte différente, est en guerre, les colonies re sau neutres, soit! c’est-à-dire maintes conséquences —

qui est en question.

cercle vicieux. Cela f J’irai plus loin.

Tons à sa couronne.

fleurons. omination sur notre ir; à elle de ne pas

ue pas de plausibilité, C’est principe que les pères anglo-

38 Halte-là! Patriote canadiens de nos jingos d’aujourd’hui se croisèrent les bras, quand le Canada fut envahi par les Américains.

Néanmoins, en fait et en droit positif, nous serions

dorénavant tenus de participer activement à la défense du Canada en pareille occurrence. Nous nous y sommes engagés. Et croyez-m'en, ceux que l’on taxe de déloyauté manifesteraient alors beaucoup plus de patriotisme que ceux qui en font aujoourd’hm Parade extravagantc. Ils seraient encore, comme les... French d'autrefois, les Premiers et les derniers à faire le coup de feu. A moiis que, exaspérés — d’une part par de pseudo-théologiens qui veulent leur imposer de pseudodevoirs à coup d’Evangile et de droit naturel, d’autre Part par les fanatiques qui nous injurient parce qu’une portion de notre population ne se croit pas tenue d’aller combattre pour conserver ailleurs une liberté qu’euxmêmes nous refusent ici, — ils en viennent à se dire: à quoi bon! Aurions-nous vraiment à perdre au change. raent ?

Q—Mais est-ce que la reconnaissance ne nous enjoint pas d'aller secourir la Mère-Patrie? Ecoutez donc encore cette tirade de l’Ecole. Après avoir énoncé que PAllemagne nous attaquerait volontiers, si elle le pouvait:

“Qui len empêche? — L’Angleterre avec sa flotte immense, qui est maîtresse des mers.”

R.—Nous ne sommes donc Pas menacés d’une attaque et, conséquemment, il ne peut être actuellement ques-

le]

Halte-à! Patriote 39

tion de notre propre défense, contrairement à ce qu’affirme ailleurs le même auteur?

Q—“C'est à l'Angleterre que nous devons ja paix relative dont nous jouissons”, (cf. ibid.)

R.—Tiens! nous ne subissons donc plus, même positivement, “toutes les conséquences de la situation où se trouve l’Etat suzerain” ? Puisque nous jouissons d’une paix relative. :

Q.—“Et dire qu’il y a des gens dans notre pays qui osent soutenir que Angleterre ne fait rien pour nous et que nous ne lui devons rien.

“En ce moment, nous lui devons tout, et c'est elle qui assure notre avenir. Ce n’est Pas seulement un devoir légal que nous remplissons en combattant pour elle, mais c’est un devoir de reconnaissance.” (cf. ibid.)

R.— Assez! assez de littérature. Nous ne faisons pas ici du Toman; il s’agit d’une étude Positive et philoso- Phique.

“En ce moment nous lui devons tout”. Oui, tout ce qui nous arrive de fâcheux. Nous n'y sommes assuré. ment pour rien. Et il en a toujours été ainsi. Nous n’avons jamais créé d’ennuis à PAngleterre et nous avons souvent payé pour des pots que nous n’avions pas cassés. C’est là notre lot. Si présentement maugréer ne serait peut-être pas de mise, par contre les exclamations de reconnaissance confinent à... la naïveté,

Un apologue pour mieux faire ressortir cette énormité: Deux grands propriétaires et financiers milliardaires, l’un John et autre Guillaume, habitent respec-

Halte-1ù/ Patriote

tivement Québec et Limoilou,

Concurrence qu’ils se font s’env deviennent: un jour ennemis acl Guillaume, la torche à la Main, s’en vont mettre le feu au château de John. Or je dois vous dire qu'à Lévis

je suis locataire d’une usine et d’une maison appartenant à l’infortuné John.

Dès la nouvelle de l'incendie, mes boyaux et mas extincteurs Un ami, enthousiaste et sentenci alors me dire: Tu as bi

Rivaux implacables, la enime au point qu’ils aarnés; et les gens de

Allons! allons! répondrais être commis une sottise e biens de tous moyens de protection et de défense, Tant pis! Mais, je t'en prie, Prendre maintenant une att.

Appliquez l’apologue à qui et À quoi de droit. : Q.—Est-ce que notre attitude actuelle envers PAngle-

terre ne doit pas être celle “d’u

sa mère”? Conséquemment.… R.—Oui, vui, c’est un argument à l'ordie du jour. Pour ÿ Couper court, souffrez que je vous fasse une

-je à mon ami. J'ai peut-

n fils bien né envers

Halte-là! Patriote a

Courte citation d’un éminent juriste anglais, Ell: cingle joliment ceux qui prétendent ainsi assimiler 14 tutelle coloniale aux relations familiales.

“It is not a filial obligation on the part of the colonies, not a Parental obligation on the part of the Central Government, The phrase motherblicd to a Supreme State in referenre to its is not merely inexact — jt is mischievous.

Country apdependencies Sentimenta]

or the mask of those who would dis despotie Purposes.” (1)°

Cela vous suffit-il ?

Q.—Assurément.

ments reposant sur métropole à colonies ; des corollaires d’une th croyait avoir prouvée. Me permettriez-vous de vous présenter sa dernière preuve, La voici:

“C’est enfin Pour sauver la civilisation chrétienne, menacée par la culture allemande que nos compatriotes vont verser leur sang, etc., ete...”

R.—A Coup sûr, cet argument est d'ordre très uninn (1) Homersham Cox, The British

Commentary on the Institutions and Government, p. 558,

Commonwealth, or a Principles of British

Halte-à! Patriote

verse] ; ei universel qu’il s’applique aussi bien à tous les

Etats neutres qu’au Canada. Qüe voulez-vous alors que

votre homme puisse en tirer quant au devoir spécifique

de notre pays?

Si à ce titre (menace de la civilisation chrétienne par la culture allemande), il ÿ a devoir pour nous, n’est-ce pas que ce devoir incombe à tous les Etats chrétiens ? Pourquoi done ne se joignent-ils pas aux alliés? Manqueraient-ils tous à leur devoir? C'est que probablement ils n’ont pas la conviction aussi facile et aussi entière que notre homme.

La question Pour eux reste donc douteuse. Personnellement j’incline fortement à croire que la civilisation chrétienne aurait plus à gagner — ou moins à perdre — au triomphe des alliés qu’à celui des Austro- Turco-Allemands. Mais, hélas! nos vues sont courtes et les desseins de Dieu impénétrables.

Voilà pourquoi, après avoir, en première intention, prié pour que la suprême et divine volonté s’accomplisse, je me sentirais amoïindri dans mon patriotisme et dans ma noblesse de coeur, si je n’ajoutais : Faites, ô mon Dieu, que votre plus grande gloire éclate par la victoire de nos Mères-Patries, Malgré ses fautes, daignez, je vous en supplie, réserver encore à la France Vos gestes de demain,

Mais de là à tirer un strict devoir du Canada envers lAngleterre, il y a de la marge; une marge large comme le fleuve, Je ne la franchirai Pas; car, à l’instar de bien d’autres, je Pataugerais et finirais par me noyer,

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