LA CHAMBRE ET LE MINISTERE
I»a révolution était mûre. Quelque louables , quelque utiles au pays que fussent les lois préparées par le ministère, ces lois, eussent-elles été présentées à la chambre , auraient été rejetées. Il no faut pas juger les &2 1 d'après la ligne que la plupart suivent aujourd'hui. Ce sont maintenant des hommes de la résistance, c'étaient alors des hommes du mouvement. Que le plus grand nombre ne vissent pas où ils allaient, c'est possible, même probable; ce qui est certain, c'est qu'ils allaient toujours : on appelait cela le progrès. Il y avait, derrière les électeurs et les députés, une presse d'une
— L80 — rdeur incroyable (1), d'une énergie révolutionnaire infatigable, démolissant toutes les prérogalîfes repues , telles qu'où les avait renfermées et
étiquetées dans la charte, de manière que si la royauté eût \oulu recourir aux états-généraux, appeler du monopole à une véritable représentation clu pays , on eut dit que la royauté faisait un coup d'état , et qu'elle violait la charte. On avait > réé, il y a quelques années, en France une sorte
de religion qu'on aurait pu appeler le Constitutioniialismc. Dès qu'on avait dit que \uus étiez fran
(i) Le président du conseil resta plusieun mois' ••■ui> Mrs mu- Rjtttc iiiiilU- politique. Il < 1 î ^;iit à cetu qui l'eni.Mii.iniii ■ Le Langage de la presse pourr»il Maigre mei « me causer de L'irritation $ et un homme public n'en doit
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nuable , v< nwil d« |>" wîlic , . t nVtail | u <
chcment constitutionnel, voire réputation était faite dans le libéralisme. MM. Guizot, Thiers, et de Broglie, qui, sans doute, riaient bien de cette dénomination, ont été franchement constitutionnels. Ce titre donnait beaucoup de privilèges déniés aux parias désignés sous le nom d'absolutistes et de familiers de la camarilla. Par exemple, lorsqu'on était franchement constitutionnel , on pouvait conseiller le refus de l'impôt , s'associer pour le refus de l'impôt , proclamer le dogme de l'omnipotence parlementaire, quoique tout cela, certainement, ne fut point compris dans la charte, et que, sans doute, LouisXVIII n'eût jamais pensé aux nouveaux articles qu'on prétendait lire dans la constitution.
C'était là le fruit de six ans d'opposition , non pas contre le ministère de M. de Villèlc, qui était le prétexte des attaques du parti révolutionnaire, mais contre la monarchie, qui en était le but : ou avait réussi a donner une apparence de droit et de juslico à toutes les agressions contre le pouvoir. Gela '-•'•lait bien vu sous le ministère de M. dcRlar-
tignac , où , inènic lorsque la couronne cédait , on l'attaquait encore, comme si sa destinée eût été 1er toujours. Beaucoup d'esprits, nous n'en doutons pas, entraînés par le torrent d'opposition qui roulait alors avec tant tir violence, avaient fini par S£ persuader que telle était la nature du pouvoir, et qu'il y avait de sa part mauvais vouloir et obstination funeste a ne pas se laisser dépouiller de toute influence par la chambre élective . qui
était >i bien disposée à s'en rnipaivr.
Il n*< st pas de meilleure preuve du degré d'clln ace auquel était alors arrivé l'esprit de parti
que 1' - rumeun sinistres, accréditées par les meen die* de l'Anjou et de la Normandie. Gel rumeurs
ni point resta ' i isolées parmi k m1,
i ieurei . ches lesquelles on le- avait propaj Elles «'ni 'i. recueillies par l'sccosation dans le procès dm ministres du roi Charles X. Qu'on est il justifù ttion « ompli ie .t entière des eot leilli i - di la < ouronne. Faul il i it< r t elle partie du plaidoyer de .M. d« Nartignac? Fa»l '» rappeler U
confrontation demandée, exigée par l'ancien président du conseil, avec le misérable qui, deux fois condamné pour vols, prévenu de plusieurs autrescritnes, avait imaginé de rattacher à ce soupçonporté contre les ministres une espérance d'évasion ou un moyen d'impunité ! « Il promet à la justice, dit » M. de Martignac , des renseignements précieux; » il possède des papiers où le complot est dévoilé ; » il a vu M. de Polignac, il en a reçu un sauf-con- » duit; qu'on l'appelle, qu'on l'écoute, et toutes les » obscurités s'évanouiront. On l'appelle, on l'écoute, » on suit toutes les traces qu'il indique, on frappe à » toutes les portes qu'il désigne, et on reconnaît que » son récit est une fable, qu'il n'a jamais vu M. de » Polignac, qu'il n'a reçu de lui ni lettre, ni saufb conduit , et que sa révélation tout entière est un » jeu cruel de son imagination. » Eh bien , on sait maintenant la vérité, toute la vérité; ajouteronsnous que ce fut là un puissant moyen d'opposition contre le dernier ministère de la monarchie ?
Jin présence d'une opposition aussi prévenue,
aussi hostile, le président du conseil, voulant tenta toutes les \«'i< s ouvertes parla constitution établie, quels que lussent d'ailleurs les viees de cette ( oii>t ittitiou , essaya de faire les premiers pas du < «'le de la chambre, et de négocier, avec ses momlèl plu InÉ dents, l'adoption d'un système, non d'entière concession de la part du pouvoir, mais de concession mutuelle; en un mot , d'amener une ' "iiriliation ontre la couronne et rassemblée élective. Le chef du cabinet espérait qu'une attitude calme, une marche légale, pourraient, en inspirant la confiance, amollir l'ellérteseenee des opinions. Comme on reprochait au ministère de nourrir dei projeta sulivei sii's ,|(- |,, tharte, il conçut l'intention de <1. x, ,1, user p;,r ses actes les «>piits i|iii n'elaienl q«e prévenu*. Il »'agi*sail de rentrer dans les articles
lie, dont les dit ers partis sel lient succès* i teui'iit ('««ai tes depuis quelques an me-. || fol quai lion de 00 pi n tei s || lin du mui* <!e jant ier l83o. <■• plnn ne recul peint d'abord d'exécution. On pensa, non lani raison, que si le reloui à quel qoet triiclei <\> 1 1 < bai M leil que < eux qui sep
posaient à la septennalité et aux deux degrés dans les élections, était accueilli favorablement, il n'en serait pas de même de l'article 46, relatif aux amendements , que la chambre regardait comme abrogé (1). Cependant avec ce caractère de loyauté que ses adversaires même lui ont toujours reconnu, le prince de Polignac pensait qu'une démarche aussi franche devait produire quelque bon résultat. Dans cette vue, il fit sonder les dispositions du côté droit et du centre de la chambre des députés. Tous les membres de ces deux frac-
(i) Convaincu qu'il y avait quelque fondement dans les reproches que les partis s'adressaient mutuellement, d'avoir depuis quinze ans porté atteinte à l'esprit et à la lettre de la charte, il avait résolu de proposer au roi de rentrer franchement et complètement dans les limites posées par la constitution. D'après ce plan , le roi devait annoncer cette intention dans le discours d'ouverture. Une ordonnance aurait fait ensuite immédiatement cesser les abus qu'un simple usage avait consacrés. De ce nombre se trouvait le mode introduit dans la discussion des amendements. Des projets de loi eussent eu même temps été soumis aux chambres dans le but de détruire les abus que des actes législatifs avaient déjà sanctionnés.
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lions , à 1 exception de quatre ou cinq , approav
Wrent son projet. N'ayant pu réussir a établir des
Rapporta directs avec les membres mfluents du coté
he do la même aasaanUéa , il lésolul de faire.
part de ses intentions à M. Ternanx, Le leul d'entre
< u\ qu'il rùt occasion do voir assez fiéqucmmeiit (i). Ce député consentit a l'aire connaître ,\ ses collègues les projets du prince de Polignac ; il prit par écrit la note des articles de la charte dont <ui x était laCCesaÎTOnaent écarté depuis quinze ans;
mais, mil qu'il ait rencontré des difficultés bnprsV naM dans In négociation dont il s'était cli
soit, comme il l'a dit depuis, que des affaires pety tonneUea l'aient obligé de s'absenter de Paris ,1c prince de Polignac ne le périt que la reille ou l 's rant reille du jour iî\e pour la séance royale. Or, quelque favorable que loi d'ailleurs la réponse ap portée pai M. Ternaux, le discours de ls couronne
(i) M . I m duu Ntii\j«ii .lu nûaùrtèra daa at
faire* étrangères , l'affaire rclaure à la prisa du Davirs
D0l la /'• ' '/ u MSt.
avait déjà clé discuté, affrété, et avait même reçu la sanction du roi. Un acte de cette importance ne pouvait être changé en deux jours. Cependant les membres influents de l'opposition connaissaient, paraissaient même approuver les intentions du ministère. Gomment alors expliquer l'adresse? Pour la comprendre, il ne faut pas perdre de vue un fait» c'est que l'opposition était alors devenue entièrement systématique. Autrement , pcnse-l-on que la réponse de M. Ternaux aurait été si tardive? Pour me servir d'une expression que j'ai entendue dans la bouche de M. de Vitrolles, le vent soufflait alors contre la restauration et contre son dernier ministère. Tous les essais de conciliation, toutes les tentatives de rapprochement étaient inutiles.