RAPPORT AU ROI DU l4 AVRIL
On a beaucoup blâmé le discours de la Couronne. Celait un crime alors de dire qu'il y avait de l'agitation dans le pays. Depuis la révolution on s'est montré plus tolérant, et l'on a reconnu que l'on avait fait une guerre à mort à la royauté. 11 fallait qu'elle ou ses adversaires succombassent , il n'y avait pas d'accommodement possible. Cela est franc et catégorique. Mais alors si quelqu'un parlait à la chambre des ennemis du roi, on se récriait, c'était un blasphème, Charles X n'avait pas d'ennemis. Nous devons donner quelques explications de ce système, qui tendait a interdire jusqu'à
li plainte an pouvoir qu'on min;iit , ru attendant qnoo |>ùt ta renverser. I ne partie du libéralisme DOBMÎt h un îGSS. Kilo voulait une révolution parlementaire muii secousse, une déchéance votée m scrutin contre la maison de Bourbon. M. Thiera, Buiourd*hui miniatre de Louis-Philippe, alors ré (l.ulcur du Constitutionnel, se souviendra sans donte d'une brochure inédite qu'il lut dans les bureaux de ce journal, où tout ce plan était indiqué I lajraannnt, trrs-oxplii-itrinenl j) 11 ncs'a^is-ail
que de ranyeraer la monarchie, de congédier la ÛV mille royale, uni qu'il y eût même une amorce de brûlée pour leur défense <>n \"it que cette partie du libéralisme poussait loin toi espérances. Klle roulait faire du désordre, une révolution! lans troubler l'ordn . C*esl la mômeeui i prétendu une l'in
tion de juillet n'était qu'une résistance.
rerroni que le parti «lu mouvement, toujours
(i) i*i ii île ii mps »pr» 5 , M Thitrs devint M ttV
«Lu lem ■\ en « lu i il" National.
— li)l — plus positif, songeait bien aussi aune révolution, mais par des moyens plus sûrs et plus effectifs,
En attendant que le jour du combat fût venu entre la révolution et la monarchie, l'adresse était un coup décisif, porté h la restauration. Sans doute il ne faut pas trop comparer la révolution de juillet à la révolution première. Celle-là était forte, celleci est faible et impuissante. Mais on peut dire , toute différence gardée entre les deux époques, que l'adresse du mois de mars 1800 fut contre la restauration ce que le serment du jeu de paume fut contre la monarchie. Là on se réunissait malgré le roi, on se déclarait assemblée unique, souveraine; ici l'on décrétait l'omnipotence de la majorité des chambres en présence du roi, et par un refus de concours, qui n'était pas même motivé, on établissait le régime du bon plaisir parlementaire. La presse libérale, qui possédait un pouvoir bien plus grand encore que celui de la chambre , exerça , comme nous l'avons déjà dit, une influence décisive sur ta détermination de l'assemblée : (pic non*
— IH — \</-\ous fait l'aire, disaient des députés & des
journalistes, nprès le rota de l'adresse'.1 Trois mois ■M<èt,la ie\olution de juillet répondait a celle question.
On peut résumer ainsi l'adn — tel 291 : « Quoi- » que \01is disiez. <|uui(]ue POU laciez, nous ne r> voulons pas vous entendre ; à moins cependant » que Miib ne KBVOTNU vos ministres, qui nous de 1 plaisent . et que vous ne ebOBUBNa parmi nous
i'hi\ que nous vous indiquerons , quill. |
• l< s changer aussi . dès qu'ils cesseront M nous
• pi. .il 1
Si le rui el les ministres ne fermaient Ml Ifll \eu\ .1 la lumière, \ oil.i ee qil ils dev.iienl lire dâOfl des :t-n . cl ee qu'ils \ lurent en ell'el. M. Dupin, lionune <| ordre du régime actuel, ne s 1 l.ul il )»..- • < 1 M |»< nd.iiil II dis. Hfiojl d< I ,h!i «Quand bien même les ministres nous apport*
m d<v loia l>. .mies ei util, s pour !<• paj
I • mille le | ut re
marquer avec raison le prince de Polignac dans une brochure récemment publiée, c'était annoncer d'avance le refus du budget.
C'est peu de temps après la prorogation qui suivit de près le refus de concours de la chambre, que le rappport dont nous avons déjà parlé fut présenté au roi par le président du conseil. Ce document est de la plus haute importance. Il prouve d'abord que les projets d'utilité générale médités par le ministère étaient réels , et ensuite que , trois mois avant les ordonnances , l'éventualité n'en était pas même admise dans la pensée du cabinet. Ce rapport secret (1) , jusqu'à présent inédit (2), et "qui serait
(1) M. le comte de Peyronuet y fait allusion dans son interrogatoire à la chambre des pairs. « Il existe dans la procédure, dit il , un rapport fait au roi , sur l'état intérieur du royaume , rapport qui constate que la volonté du roi était de maintenir et de développer les institutions qui avaient été fondées en France par Louis XVIII. »
(2) La date de ce rapport est importante , elle est du s 4 avril, trois mois avant les ordonnances.
— IM — resté ignoré tans les événements de juillet, fui trouvé .m\ Toileries. ( Mi -.li-ii également, au mini»
des 11. m. - étrangères, une note écrit»* de là main do président do conseil, contenant l'indication des points principaux oui ont été traités dans
|.|nut. Cette note el 1<- rapport uni été dépo m - .m greffa tic la chambre des pairs. On ne pont donc ru contester l'authenticité. Nous le donnons en entier, et nous appelons toute l'attention de uos lecteurs sur un document s/ut renferme Cexplicaiiôn . t< développement des pum du dernier ministère de la rrst<mratioti ; document aujourd'hui IHrré pool li première fois i la publicité.
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