‹ Ham. Aout 1829-novembre 1832Chapitre 16 sur 45 · RAPPORT AU ROI · texte numérisé non relu

RAPPORT AU ROI

( i4 AVRIL i85o.)

Le roi, toujours occupé du bien de ses peuples, et frappé de l'agitation qui semble se perpétuer dans les esprits au milieu des circonstances les plus prospères , a demandé à son conseil un tableau de la situation politique de ses états , avec l'indication des motifs de ce mal , le seul que ses efforts n'aient pu encore détourner de la France. Le président du conseil obéit aux ordres de S. M. en lui soumettant le résumé de ses observations à cet égard.

L'agitation que le roi a remarquée n'est que trop réelle dans quelques esprits; et diverses circonstances la rendent plus apparente et plus sensible

dans les classes de la société, et dans les localités qui attirent \c j > 1 1 1 > soin eut l'attention de S. M. Elle existe chez lf< hommes mie leur rang, leurs emplois, ou leur penre d'occupations habituelles conduisent à - cm i ai (i t'i - publiques. Elle y produit

quelquefois un degré d'exaspération qui devien cirait réellement alarmant si elle n\nit pénétré dans li » masses de la population. Mais la providence a voulu que celles-ci fussent complètement désabusées . et l.i km iété oflre maintenant le spectacle tout à la fois singulier et rassurant tl une petite fraction épuisant tons les umy^ d'action et il<- séduction sur une immense multitude! sans éveiller un seul insti nt Mm attention. Les hommes qui parlent et et rirent arec tant de chaleur sur les affaires pu bliqui h. ni ii »'obsenren4 entre eux pour

l'appuyer ••" • combattre, mais le peuple seul auquel il- l'adressent ne les entend point, et de meure dans cette impassibilité qui exclut également Im applaudissements et les murhrarei (i).

n'amifht

A Paris, dans les campagnes comme dans les villes, les masses s'occupent uniquement de leurs intérêts matériels (i) , et comme tous les intérêts trouvent une garantie complète dans les institutions octroyées parla couronne, on en jouit en paix, on y rattache les spéculations du présent , et les projets pour l'avenir. Le renversement de l'ordre des choses établi par la restauration , consolidé par le gouvernement royal, bouleverserait toutes les existences. Chacun le sent, chacun se persuade que tous sentent à cet égard comme lui , et , en dépit de s déclamations des journaux, personne ne regarde comme sérieusement possible l'accomplissement de leurs sinistres prédictions.

La presse quotidienne entretient presque seule

pas encore pris le caractère de gravite qu'elles présentèrent plus tard.

(i) Cette opinion pouvait paraître alors très-bien fondée, nous avons vu depuis que l'esprit de parti créait des illusions assez fortes pour faire perdre de vue tous les intérêts matériels.

l'agitation des esprits; elle lui donne un caractère bien plus imposant en apparence qu'elle ne peut réellement l'avoir , elle dissimule les étroites limites (Km» lesquelles ]c mouvement est circonscrit. Elle t'ait illusion à quelques-uns sur b nullité tir- motif» de COtte inquiétude.

En effet quels pourraient être les motifs de cette -itition? Serait-ce la crainte du renversement de nos institutions?

Rien ne saurait la l'aire Concevoir. Nos in>tilutions sont l'œuvre de la royauté qui non- protège el nous régit : elle en a créé les principales : elle i purifié foi antres en Les adoptant; elle a donné nnc meilleure forme et nnevîe nouvelle a i ellea qui iiYui, m. lient pas d'elle. La royauté est l'auteur de < es institutions oui ne lonl populaires que par l'ai t u li' meut que le peuple lotira roué. La i "i . dont l.i parole renferm toutes lea garanties , a (ail con n. utn ta volonté <l( foa maintenir. Son gouverw m ut l'est appliqua a i v i uU i • i tipuli oai nu ut la

volonté du monarque. Aucun acte de l'autorité -n'a prêté au moindre reproche dinconslilulionnalilé; à cet égard, le ministre ne veut d'autre témoignage que celui d'une opposition vigilante et toujours partiale , qui n'a pas , depuis huit mois , trouvé une seule occasion de relever la violation d'une loi. Toutes sont exécutées non-seulement littéralement d'après leur texte , mais loyalement d'après leur esprit. Les libertés publiques sont respectées , les propriétés de toute nature protégées avec un soin qui en rend la possession doublement précieuse par la sécurité qui l'accompagne.

A ces faits les feuilles publiques , inspirées par une évidente malveillance , n'opposent que des suppositions purement gratuites. Pour affaiblir le gouvernement , ollcs prêtent aux ministres des intentions coupables , que ceux-ci repoussent avec indignation. Des hommes qui ont mis à la tête de leurs affections, ce qui était le premier de leurs devoirs, le dévouement au roi, et l'obéissance à ses volontés, sont constamment représentés comme

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opposés aax institutions que celle même volonté souveraine a résolu de nUintenir el de consolider.

I. i ■ - ilion aérait facile à repousser s il était question de U discuter sérieusement ; h d'ailleurs quelles charges accablantes ne s'élèveraient j>.icontré les acensateurs? Les principaux chefs de l'oppqsition s'intitulent les défenseurs de la monarchie constHutionneHe, et leur haine pour la maison de France est écrite en caractère «îc sang, el les sentiments <1 hostilité qu'ils conservent contre

< i lie auguste famille percent à travers loua leurs

< i!ni is pour la dissimuler, et ces institutions, pour lesquelles ils aûeclent an zèle hypocrite . <>ni été

DOS ;i une |e liul de leurs pHOSCriptioUS. Il P QSl pS8

une l.>i gage et vraiment libérale qui n'ait ét< pendant la révolution un les (ont- jours, violée par le parti que l'opposition continue maintenant.

Jl n est pas nue i:.u Mil ie «jiii n .ni été délruile |i.u

le* révolutionnaires avant d'être consacrée par lus Boui bon . Les pi isoos «I élat, \ i<J ! iui - \\ 1

i' ■nue |i u Louii \\ I II i ieul de prison

njers pendant l'espace qui a séparé ces règnes. La confiscation, tombée en désuétude sons le gouvernement indulgent de nos derniers rois , formellement abolie par la charte, est la première loi établie par Bonaparte en 18 1 5. Enfin un parti qui n'a pu soutenir sa domination pendant vingt ans que par 1 introduction violente de cinq systèmes dislincts'de gouvernement, appuyés chacun de listes Je proscriptions , de jugements par commission (1), et souvent de massacres populaires; ce parti ne cesse d'attribuer le projet de coups cCtlal au gouvernement royal, que pendant seize ans les plus odieuses provocations et quelquefois les difficultés les plus réelles n'ont pu décider a sortir dans une seule occasion des limites de la plus stricte légalité, lors même qu'elles n'étaient gardées que par sa loyauté, aussi bien qu'elles n'avaient été posées que par sa prudente modération.

(1) Le jugement des anciens mini.slrcs a fourni 1.11 liOuyel exemple de ce genre d'arbitraire et d'illégal lié.

Il faudrait d'ailleurs pour imputer raisonnable* meut aux ministres du roi le projet de renverser nos institutions qu'Us eussent quelque espoir d'y réussir. Or, personne ne sait mieui que Les chefs de l'administration quelles profondes racines ces institutions "ut jetées *l .i 1 1 - le cœur des Français, amis de ['ordre et de la paii publique. Cette immense ma joritc de l.i nation les regarde non pas connue un pacte humiliant fait entre la couronne et la ré\<>lution, mais coiinm- lVxprrsMon d'un besoin, srnti , d'une part par le -omerain , de l'autre par

ses peupli >•

Les Français onl besoin d'activité, et un- l * » i — leur offrent une carrière dans laquelle cette activi té peut l'exercer sans danger et môme avec profit pour la i hose publique. Les Français éprouvent d'an « ùh- un rif attachemonl pour l'égalité devant la l"i . de 1 antre une soif véritable de distim tion. Nos institutions concilient <1 une manière très habile • < « ' . » 1 1 i » 1 « »eu liment . et lui donne une salisfai Lion complète I ' mues les plus influents par leur

rang ou par leur fortune , attachent un juste prix a la participation que leur qualité de pairs ou de députés leur donne à l'autorité législative ; les propriétaires d'un ordre inférieur trouvent dans l'exercice des moindres prérogatives un contentement d'autant plus vif, qu'il ne leur est point interdit d'aspirer h une plus haute position. La sécurité garantie aux intérêts privés , la protection offerte à toutes les industries remplissent les vœux du peuple. En un mot , ce n'est que dans nos institutions actuelles qu'on trouve le Lien , ce n'est que d'elles qu'on attend le mieux. Aucun pouvoir n'arracherait ce système du cœur des Français. Il y est déjà si puissant et si solidement établi que si, par le concours de circonstances encore imprévues et d'événements auxquels la prudence humaine ne saurait parer, une déviation quelconque de nos institutions devenait nécessaire; cette déviation, fût-elle légère, et ne pouvant être que momentanée , ne serait favorablement accueillie qu'autant qu'il deviendrait évident pour la conscience publique qu'elle assurerai! , d'une manière immuable pour l'avenir . [es

— Mi — poses iw lesquelles repose le système actuel de notre gouvernement, On ne se soumettrai! à leur suspension passagère que dam l'espoird en assurer la jouissance è la postérité la pins reculée.

Le ministère s*esl convaincu île celte vérité . et tousses actes portent l<- caractère delà conviction -on- tonnelle il agit. Comment serait-on fondé h lui attribuer des idées totalement différentes?

I.cs Inquiétudes que l'on témoigne seraient-elles motivées par la situation actuelle du crédit puLUc? A aucune époque il n'a été aussi florissant qu'aujourd liui. [jes h. liions étrangères ont rarenreot . plus rarement dépassé le degré de prospé i in- que nous avons atteint , e| qui se maintient an milieu des oscillations politiques <|u<- nous venons d\ prouver. Les fonds onl beaiu nup dépassé Le pair «le Lin . apital li' iii. I h nouvel emprunt était "«• il s'est opéré avi c la plus grande ï.niliu-. • i i des conditions tellement avantageuses . qn il aurait semblé) il v a quolquos semaines, chimé*

rique d'en espérer de semblables. La bourse de Paris n'est plus le spectacle de ces spéculations scandaleuses qui se fondaient sur la facilité d'alarmer les créanciers de l'état et d'exploiter leur méfiance envers l'administration. Le gouvernement du roi a recueilli le fruit de saAersévérante fidélité à remplir ses engagements, sa parole prévaut aujourd'hui sur toutes les assertions, toutes les insinuations contraires. Plus de ces baisses énormes et subites qui ruinaient tant de capitalistes imprudents. La comiction , généralement établie, que le gouvernement sortira vainqueur des difficultés qu'il rencontre, rend de pareilles secousses presque impossibles. Si de nouveaux besoins rendaient de nouveaux emprunts indispensables, l'état n'aurait probablement qu'à se défendre de la tentation d'user sans mesure de la facilité avec laquelle il trouverait de nouveaux capitaux , prêts h passer dans ses caisses au premier usage qu'il ferait de son crédit.

Si l'état de la Francd est envîsnffé sous le rai>-

port de r agriculture , du commerce et del'indut-

trie . "ii n'y humera j».i> davantage de motifs d'inquiétude ou d'agitation.

Pnriout s'élèvent des constructions nouvelles,

partout on rntrc d.iqs la carrière des améliorations, qui prouvent à la lois nn turpluâ de revenus! et

une disposition à la sécurité, dàfil let esprits.

Nous tenons de voir, à la suite d'une mauvaise récolte, et lorsque les céréales étaient moins akon* dantes encore dans quelques étati voisins qu'en

France, un hiver e\lranidin;iireinenl rigOUrettl

Be passer lans de grandes souffrances et sans le moindre désordre. Nous voyons, à la simple ap parence <l une meilleure année . renaître déjà tous les symptômes d une abondance g< nérale.

Dei spéculations imprudemment exagérées, ou mal dirigées, onl pu, sur quelques points , amener une gPnc momentanée dans quelques établisse menti industriels. Majs notre commerce ol nos fa

briques n'en jouissent pas moins d'une prospérité générale et croissante. La consommation intérieure, véritable tarif de l'aisance publique, les importalions des matières premières , aliment de notre industrie , et les exportations de nos produits manufacturiers , augmentent au lieu de décroître.

Craindrait-on quelque chose des dispositions de nos armées de terre et de mer? Tous les corps rivalisent de zèle, de discipline, de dévouement. Les souvenirs d'un autre ordre de choses, long-temps vivant dans l'armée, ont totalement disparu ou perdu leur caractère fâcheux. Dans les deux expéditions dirigées par la royauté, nos soldats ont fait preuve d'une ardeur qui n'a point à redouter la comparaison des plus beaux jours de notre gloire militaire, et en même temps d'une régularité dans l'obéissance , qui leur a valu les bénédictions des pays où ils ont combattu.

Maintenant , à l'approche dune guerre qui promet autant do fatigues et de privations crue de.

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